Le chef d’entreprise Rafik Smati et le Général (2S) Bertrand Soubelet animent le jeune parti Objectif France. Ils proposent des mesures concrètes pour restaurer deux  socles de la République :  l’ordre et l’audace. Les deux hommes partagent une même conviction.  Si les Français sont pleins de ressources, la politique doit pour sa part adopter une gouvernance claire, ferme et se fonder sur le pragmatisme.

Tribune.

"L'illusion du consensus" de Chantal Mouffe (Albin-Michel 2016) confirme l'analyse que l'on peut faire de la conception dénaturée voire de notre manque de compréhension de la théorie politique. Elle nous a conduit au fil du temps à des pratiques démocratiques qui ne répondent plus aux besoins des sociétés modernes.

Ces pratiques doivent impérativement évoluer pour permettre à notre pays de retrouver une vie publique dans laquelle la majorité des citoyens doit pouvoir se reconnaitre et faire des choix politiques utiles lors des scrutins. L'indigence de l'offre politique des partis traditionnels se traduit par des solutions éculées et des programmes qui ne pourront pas être mis en œuvre en raison de leur irréalisme ou de leur populisme.

La prochaine bataille pour les élections présidentielles s'annonce dans cette même veine, et le rejet des Français de cette vision étriquée de la politique va immanquablement se confirmer. Or, la grande majorité du peuple français aspire à une vie publique davantage marquée par la transparence, le pragmatisme et le sens de l'intérêt général.

Est-ce possible dans notre pays ?

Une conviction profonde nous incite à le croire, et nos expériences croisées de chef d'entreprise et de général de gendarmerie vont dans le même sens. À condition d'être animés par deux principes essentiels : l'ordre et l'audace, qui sont de puissants moteurs.

Restaurer l’ordre

L'ordre tout d'abord, car il est le socle à partir duquel une société peut se projeter dans l'avenir. La stabilité du contrat social repose avant tout sur l'ordre, c'est-à -dire la capacité de l’État à faire respecter les règles en toutes circonstances.

Mais il n'y a pas d'ordre sans autorité. Hélas ce mot semble encore avoir, dans notre pays, une résonance négative et une connotation péjorative. Or, les contraintes font partie de la vie et elles ne s'exercent que pour permettre au plus grand nombre de vivre en harmonie. L'autorité est au service du bien commun et elle repose sur deux fondements : le sens de la mesure et la fermeté, en restant aux antipodes de l'arbitraire et de la brutalité.

C'est cette conception-là de l'ordre et de l'autorité qui doit prévaloir au-delà de tous les clichés entretenus depuis 40 ans par des responsables politiques et associatifs qui, consciemment ou pas, ont privilégié la faiblesse et le consensus.

La recherche du consensus n’est pas une mauvaise fin en soi, comme le montrent certaines démocraties parlementaires. Mais dans la vie politique française actuelle, celle-ci repose sur le plus petit dénominateur commun, et exclut le meilleur des possibles. Dans le cas des politiques régaliennes, elle est un obstacle aux décisions fortes qu’attendent les Français.

Nous avons donc besoin de ce retour à l'ordre, cet ordre bienveillant qui permet à chacun d'exercer son libre-arbitre dans les limites du contrat social. Et cette saine conception de l'ordre et de l'autorité commence par l'éducation des plus jeunes, en famille et à l'école.

Concrètement, il est urgent de mettre en œuvre d'une part un grand plan pour l'excellence de l'école de la République, qui permettra aux enseignants et aux élèves d'évoluer dans les établissements scolaires en toute sérénité, et d'autre part de prendre des mesures fortes destinées à restaurer l'autorité de l'État dont la mission est de protéger les Français, pas de les harceler.

Pour cela, la puissance publique doit concentrer ses moyens et son énergie sur ses responsabilités régaliennes qui sont le coeur de sa raison d'être : faire en sorte que chaque Français se sente partout en sécurité grâce à une Justice et des forces de l'ordre en mesure de remplir leurs missions, au premier rang desquelles la lutte contre l'islamisme et la maîtrise de notre territoire.

C'est à la fois simple, ambitieux et encore à notre portée.

Ce socle restauré permettra à notre pays de ne plus se trouver englué dans des querelles byzantines, des conflits sans intérêt et des affrontements stériles qui nous paralysent pendant que le monde continue d'avancer à grande vitesse.

Renouer avec l’audace

C'est précisément la vitesse de transformation du monde qui nous impose d'envisager l'avenir avec audace.

L'audace impose de ne pas avoir peur de l'avenir et de s’y projeter. Avec l'audace se déclinent l'esprit d'entreprise, l'innovation, la puissance créatrice.

Renouer avec l’audace, c’est d’abord faire confiance aux entrepreneurs en réduisant leur fardeau fiscal et administratif, notamment dans le secteur industriel. C’est, parallèlement, oser réformer en profondeur la sphère publique, pour financer le renforcement des services publics prioritaires et les baisses d’impôts. Renouer avec l’audace, c’est faire confiance aux jeunes générations, et redresser notre système éducatif dont le décrochage est une catastrophe sociale.

C’est aussi préparer l'avenir en dopant la recherche et l’innovation, avec comme objectif de faire de la France le leader mondial de la transition écologique, notamment via la relance du nucléaire.

Renouer avec l’audace, c’est affirmer la puissance de la France en valorisant ses atouts majeurs comme la Francophonie et notre potentiel maritime.

Il est temps que le visage de la politique évolue car le tissu social se dégrade, l'autorité de l'État est de plus en plus contestée, et il n'y a plus de projet de société lisible.

Or, la seule solution durable pour réparer notre pays et lui redonner foi en l’avenir est de renouer avec un tel projet, un projet fédérateur capable de dépasser les divisions partisanes et de s’inscrire dans le temps long.

Nos deux expériences personnelles en tant qu’entrepreneur du numérique et qu'ancien responsable de la sécurité de notre pays nous conduisent à la même conviction : il reste encore des marges de manœuvre car le peuple français est plein de ressources, mais la politique doit changer de dimension à travers une gouvernance claire, ferme, empreinte de pragmatisme et fondée sur l'ordre et l'audace.

C'est autour de cette troisième voie que les Français reprendront confiance et que notre pays retrouvera sa grandeur. A cet égard, les deux rendez-vous électoraux de 2022 seront décisifs.

05/10/2021 - Toute reproduction interdite



Emmanuel Razavi /Sara Saidi / Niccolo Bruna / Fild
De Fild Fildmedia