Lors de son allocution télévisée lundi soir, Emmanuel Macron a imposé aux Français - sans le dire - l’obligation de se faire vacciner. Les citoyens non vaccinés se verront ainsi limiter l’accès à certains lieux alors même que les Big Pharma n’ont pas à répondre des éventuels effets collatéraux dus aux vaccins. De même, il semble devenu impossible de débattre des décisions prises par le gouvernement sur le sujet sans être immédiatement accusé d’être irresponsable. Une situation paradoxale qui interpelle notre journaliste (vacciné), Matteo Ghisalberti.

Le message lancé par le président de la République, Emmanuel Macron, lors de son allocution du 12 juillet, peut être résumée ainsi : « Chers Français, si vous ne vous faites pas vacciner, vous porterez le poids des sacrifices faits pour sortir de la crise du Covid ».

Quelques heures après le discours présidentiel, les ministres du gouvernement de Jean Castex ont investi l’espace médiatique en utilisant des éléments de langage pour le moins offensifs. Invité sur BFM TV, le ministre de la santé Olivier Véran a rappelé que dès la mi-septembre, “des contrôles pourront être faits” sur les personnels de santé. “Si la personne n’est pas en conformité, elle pourra être mise en équivalent de congés sans solde” a précisé le ministre, avant de conclure qu’« un mois et demi après, si elle n’a toujours pas fait la démarche, un licenciement pourra être enclenché ».

Pour éviter tout parti pris, disons tout de suite que l’auteur de cet article a reçu ses deux doses de vaccin anti-Covid. Il n’a donc pas d’à priori contre la vaccination qui, il faut le rappeler, a sauvé au fil des décennies, des millions de vies. Pour autant, faut-il clouer au pilori ceux qui pensent différemment ?

La “condamnation” sans appel est tombée sur tous ceux qui ont exprimé des réserves contre les vaccins, l’intervention télévisée d’Emmanuel Macron ayant pu provoquer par ailleurs une certaine fracture intellectuelle entre les Français vaccinés et les "égoïstes".
La situation invite pourtant à se poser quelques questions. D’abord, sommes-nous encore libres de douter de la parole d’un président ou d’un ministre ? On dirait que non.

Ensuite, on nous répète depuis quelques jours que le vaccin est « la seule voie » praticable pour sortir de la crise du Covid. Mais comment croire les yeux fermés à ces injonctions alors qu’elles émanent de ceux-là mêmes qui soutenaient que les masques ne servaient à rien ?

De plus, personne (ou presque) ne rappelle que les vaccins sont encore au « stade trois », et donc que leur expérimentation n’est pas terminée.

D’ailleurs, des études ont déjà démontré des liens entre l'apparition de certaines maladies et la vaccination contre le Covid. Par exemple, le 12 juillet 2021, l’Agence du médicament des États-Unis a lancé une alerte pour un « risque accru » de développement du syndrome de Guillain-Barré, issu du vaccin de Johnson & Johnson. Ce syndrome est une maladie rare qui peut provoquer une paralysie importante.

Certes, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a précisé qu’il ne s'agit pas d'une « obligation vaccinale » mais d’une « incitation maximale ». D’autres membres du gouvernement, comme par exemple la ministre du travail Élisabeth Borne, répètent en boucle qu’en France l’obligation vaccinale existe déjà. Elle concerne notamment les enfants scolarisés. Mais à la différence du vaccin contre le Covid, ceux imposés à nos têtes blondes (rubéole, tétanos, etc.), sont utilisés depuis des décennies.

N’oublions pas non plus que les personnes vaccinées contre la Covid restent des porteurs potentiels du virus. Donc les deux doses (et probablement la troisième dont on commence à parler) n’arrêtent pas la circulation de la maladie. C’est un constat qu’on peut faire facilement si on considère qu’en France, à la date du 12 juillet 2021, il y avait presque 28 millions (*) de personnes ayant reçu les deux doses de vaccin.

Que diront enfin le président et les ministres, en octobre ou novembre, si la circulation du virus chinois repart à la hausse, notamment à cause de la météo automnale qui nous obligera à nous rassembler davantage dans des espaces clos ?

Pour l’instant, les doutes qui persistent n’ont pas empêché le président de la République et les membres du gouvernement de stigmatiser ceux qui rechignent à se faire vacciner, alors même qu’au plus haut sommet de l’État, on affiche une détermination sans faille à lutter contre toute forme de discrimination.

On pourrait presque penser que le président a fait un choix de confort, peut-être parce qu’il est plus simple de limiter une liberté fondamentale des citoyens que d’engager la responsabilité des producteurs des vaccins en cas d’effets collatéraux importants.

À bien y regarder, on pourrait dire que le même choix a été fait avec l’extension du pass sanitaire à de nombreux lieux publics, alors qu’il reste relativement simple de franchir les frontières nationales sans être contrôlé.

Pour le président et le gouvernement, il semble ainsi tout à fait « normal » d’imposer aux restaurateurs, aux cafetiers et aux gérants de cinémas, de se transformer en gendarmes et de gérer d'éventuelles altercations.

Mais est-ce bien là leur rôle ?

Tant de questions que l’on devrait avoir le droit de poser et dont on devrait pouvoir débattre en toute sérénité dans un pays comme la France, sans être les otages d’une sémantique qui tient parfois davantage de la punch line que d’une véritable stratégie politique.

(*) Source : Ministère de la Santé


13/07/2021 - Toute reproduction interdite


Le président Emmanuel Macron et le ministre de la Santé Olivier Veran visitent un centre de vaccination COVID-19 de grande capacité à Paris, le 6 mai 2021.
© Christophe Archambault/Pool via Reuters
De Matteo Ghisalberti