Analyses | 8 juillet 2020
2020-7-8

Un remaniement pour quoi faire ?

De Louis de Broissia
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En cette période de crise sociale, économique et sanitaire, où la confiance des français est en berne vis-à-vis du pouvoir, Louis de Broissia revient sur les défis et les enjeux auxquels le nouveau gouvernement doit faire face.

                                                                                                       Tribune.

Selon Victor Hugo « vous connaissez comme moi le danger des remaniements. Dans un remaniement pour corriger une faute, l’ouvrier en fait souvent de nouvelles… »

L’ouvrier Macron vient donc, cela devenait urgent, de corriger la faute Christophe Castaner, l’erreur grossière Sibeth N’Diaye, le scandale Nicole Belloubet (une garde des Sceaux violant tous les principes du droit).

Il confie les rênes du nouveau Gouvernement à Jean Castex, élu communal et départemental, très haut fonctionnaire, apprécié de tous. Souhaitons à cette équipe, programmée pour 600 jours, de ne pas céder à l’aveuglement d’un Président de la République, élu de circonstances exceptionnelles et qui affiche déjà l’ambition de rééditer en 2022 le coup de 2017. Alors que son devoir (et sa chance) lui impose de penser non à lui (à sa réélection) mais à la France.

Le Général de Gaulle aimait les aphorismes : le Président est là pour présider, le gouvernement pour gouverner – c’est à dire pour

aller à l’essentiel -, les ministres pour administrer ; restera aux électeurs de soin de voter, plus tard, au temps fixé par nos lois.

Il y a déjà des doutes sur certaines nominations, passons à la pratique actuelle : les médias pourvoiront à faire place nette si nécessaire.

Il n’y a qu’une route à tracer, celle de la relance. A commencer par le redémarrage de l’économie, affectée gravement et durablement par le coronavirus (à l’instar de tous les malades de cette pandémie étrange).

Mais il faut aussi relancer notre démocratie qui s’use bien vite depuis 2017. Elle est atteinte par la distance croissante entre ceux qui exercent le pouvoir et les autres ; et qui a eu comme traductions les gilets jaunes, les anarchistes, les bandes communautarisées de nos banlieues, sans oublier l’abstention massive (2 électeurs sur 3 le 28 juin dernier) .

Alors monsieur le Président, remaniement passé, vient le temps de l’action, non des calculs électoraux. Il en va de la France que nous voulons grande, unie, fraternelle et rayonnante. La tâche qui vous revient est exaltante, elle suffirait à votre destin.

Louis de Broissia est membre honoraire du Parlement et ancien Ambassadeur de France.

09/07/2020 - Toute reproduction interdite.


L'ancien Premier ministre Edouard Philippe applaudit le nouveau Premier ministre Jean Castex dans la cour de l'hôtel Matignon lors de la cérémonie de passation des pouvoirs à Paris, le 3 juillet 2020.
Thomas Samson/Pool via Reuters
De Louis de Broissia