Analyses | 13 décembre 2020

Un mercenaire italien au service du Qatar

De Ian Hamel
2 min

Sur le blog de Mediapart, Paolo Fusi s’en prend violemment à ceux qui osent critiquer l’émirat du Qatar et les Frères musulmans. Les titres de ses diatribes : « Boue sur le Qatar », « La haine indomptable du converti ». En 2003, le même Paolo Fusi était impliqué dans la fabrication de faux documents afin de discréditer la France, hostile à la guerre du Golfe.  

             Par Ian Hamel

 

D’origine marocaine, ancien membre de la Confrérie, Mohamed Louizi s’est fait connaître en 2016 en publiant « Pourquoi j’ai quitté les Frères musulmans ». Très récemment, cet ingénieur a accordé un long entretien au magazine Le Point,  appelant à la dissolution des structures liées aux Frères musulmans. Le 1er novembre dernier, Paolo Fusi publie sur le blog de Mediapart un article, en apparence fort documenté (pas moins 154 références) sur Mohamed Louizi, mélangeant insinuations malveillantes et accusations carrément diffamatoires. Il est ainsi présenté comme « l’un des idéologues les mieux payés de la droite politique française », dont la haine pour les Frères musulmans et le Qatar « lui permet de gagner beaucoup d’argent ». Criblé d’erreurs (le texte affirme par exemple que Mohamed Louizi aurait débarqué en France en 2002, alors qu’il est arrivé en 1999), ce pamphlet n’a qu’un seul objectif : tenter de discréditer l’auteur de « Pourquoi j’ai quitté les Frères musulmans ».  

Le 20 juin 2020, le même Paolo Fusi, toujours sur le blog de Mediapart, s’en prenait aux journalistes Christian Chesnot et Georges Malbrunot, auteur de « Qatar papers ». Usant d’attaques toujours en dessous de la ceinture. Paolo Fusi remet ainsi en cause leur captivité en Irak, affirmant qu’ils avaient été libérés « sans une égratignure ». Ils auraient vécu « dans une grande pièce, avec salle de bain et douche », ils auraient bien mangé et « regardé la télévision tous les jours avec les ravisseurs ». En clair, ces deux articles n’apportent absolument aucune information crédible. Ils ne font que dénigrer des enquêteurs qui ont le courage de déplaire à Doha et à la Confrérie.     

Diffusion de faux documents  

En avril 2003, de retour d’Irak, l’auteur de ces lignes avait croisé Paolo Fusi, dans le nord de l’Italie, près de la frontière suisse. Il diffusait alors auprès de la presse des documents qui tentaient de prouver des liens financiers entre Saddam Hussein et les entreprises françaises Dassault et Thomson. Paolo Fusi, alors au service d’une autre officine, tentait de discréditer Paris, hostile à une intervention armée en Irak. Il s’agissait de faux grossiers, déclenchant une plainte de la part du procureur général du canton du Tessin. Le Sunday Times, un temps abusé par Paolo Fusi, avait rapidement démenti et s’était excusé.

Le 18 novembre 2020, le site Intelligence online a qualifié Paolo Fusi de « journaliste-consultant pro-qatari », rappelant que ce mercenaire « a déjà été mis en cause pour ses méthodes et la fiabilité de ses informations lors d’un procès en Suède ». Dans ces conditions, comment expliquer que Mediapart accueille sur son blog, sans aucun contrôle, les écrits de ce personnage sulfureux ? Car le public, bien souvent, ne fait pas la différence entre les articles rédigés par des journalistes, et les accusations malveillantes de certains lobbyistes.    

 

08/12/2020 - Toute reproduction interdite


Les journalistes français et anciens otages en Irak Georges Malbrunot et Christian Chesnot s'entretiennent avec des journalistes quelques instants après leur atterrissage à la base aérienne de Villacoublay, le 22 décembre 2004.
Charles Platiau/Reuters
De Ian Hamel

À découvrir

ABONNEMENT

Offre promotionnelle

À partir de 4€/mois Profitez de l’offre de lancement.

Je m’abonne
Newsletter

Inscrivez-vous à la newsletter fild

Recevez l'essentiel de l'info issue du terrain directement dans votre boîte mail.

Je m'inscris
Faites un don

Soutenez fild, média de terrain, libre et indépendant.

Nos reporters prennent des risques pour vous informer. Pour nous permettre de travailler en toute indépendance,

Faire un don