En 2016, Simon Ledun apprend que son père David souffre de la maladie de Charcot.  Sa famille se mobilise alors pour l’accompagner au quotidien. Après l’association Espoir SLA, la marque de vêtements Shop Espoir voit le jour. Simon nous décrit son engagement à travers l’histoire d’un combat de chaque instant.

                                                               Entretien conduit par Marie Corcelle.

Fild: Avant de lancer la société et de vous occuper de votre père, quelle était votre vie ?
Simon Ledun :
Ma vie a pris un sens depuis que mon père est tombé malade. Je n’étais pas du tout dans le monde de la mode ni dans le commerce. J’étais un sportif de haut niveau, je jouais au football à l’étranger. Lorsque nous avons appris que notre père avait cette maladie orpheline, j’ai décidé de rentrer d’Australie et de communiquer sur cette maladie.

Fild : Comment avez-vous créé votre société Shop Espoir ?
Simon Ledun
: Dans un premier temps, nous avons créé une association qui s’appelle Espoir. Avec Intersport, nous travaillions ensemble, en produisant des t-shirts. Au début un, puis deux, puis cent t-shirts ont été fabriqués. Par la suite, j’ai pensé que nous pourrions créer une vraie ligne de de vêtements, avec pour chaque article vendu, un euro de reversé à la fondation Thierry Latran, qui lutte contre cette maladie. Je dessine tout, les couleurs et les visuels que je souhaite. Derrière moi, j’ai des fournisseurs un peu partout en Europe, et je choisis le vêtement qui correspond le plus à mon dessin.
Nos produits sont des sportswear très simples : des t-shirts, sweat avec et sans capuches… Le vêtement arrive vierge, et nous le marquons avec le design choisi. Nous faisons tout à Montpellier dans notre entrepôt depuis les sérigraphies jusqu’aux broderies.

Fild : Sur tous vos vêtements, il y a le mot espoir marqué quelque part. Pourquoi ce terme ?
Simon Ledun : Notre logo initial est un poing fermé, symbolisant le combat contre la maladie. En dessous se trouvent trois étoiles, car ce combat c’est celui de trois enfants, mes frères et moi. La couronne de laurier qui l’entoure représente la paix. Initialement, je n’avais pas retenu le mot « espoir » et l’un de mes amis m’a dit un jour « Gardez espoir ». Ça a été l’élément déclencheur, et je l’ai rajouté. Tout a un sens.

Fild: Qu’est-ce que La maladie de Charcot ?
Simon Ledun
: La maladie de Charcot, ou SLA, c’est la Sclérose latérale amyotrophique. C’est une maladie neurodégénérative qui paralyse les muscles un par un. La seule partie du corps humain qui n’est pas pénalisée ce sont les yeux. En théorie, cela vous laisse entre deux et cinq ans à vivre. Mais l’accompagnement joue énormément, et celui d’une famille donne beaucoup de force. Mon père nous dit que tout ce que nous faisons pour lui est indispensable. Et grâce à cela, nous avons doublé son espérance de vie.

Fild: Parvenez-vous à mobiliser les gens autour de cette cause ?
Simon Ledun : Avant la maladie de mon père, je pensais que les gens étaient très individualistes, égoïstes, centrés sur eux-mêmes. Je me suis rendu compte qu’il y avait encore de la solidarité en France à travers des histoires comme la nôtre.
Les gens aiment voir des jeunes se mobiliser, comme mes deux frères et moi. Ils peuvent s’identifier à mon père, qui a contracté la maladie lorsqu’il était âgé de 45 ans. Nous organisons beaucoup d’évènements pour sensibiliser les autres. Je créé des défilés de mode engagés. Tous les mannequins sont atteintes d’une maladie ou ont une histoire particulière. Le but est de mettre en lumière le temps d’une soirée des gens qui ont un combat à mener. Au début, on commençait avec des défilés à 200 personnes, et pour le dernier, nous avons un rempli un Palais des Sports de 2200 personnes. Bientôt, nous allons monter un club de football pour attirer l’attention des plus jeunes sur la maladie. Ce sera le premier club de foot engagé en France, avec sur chaque licence, une partie reversée à la recherche. Chaque année, il y aura un vote pour savoir pour quelle cause seront reversés les fonds. C’est un vrai message d’espoir que je porte, et pas seulement sur la maladie de Charcot. Nous avons tous un combat à mener au quotidien.

17/11/2020 - Toute reproduction interdite


Simon Ledun portant l'un des modèles de sa marque Shop Espoir
Photo : Aurélie Demarez
De Fild Fildmedia