Les risques de conflit armé et d'escalade en Ukraine se doublent d'une menace de crise d'abord énergétique, puis économique. Avec ici aussi un possible « effet domino » qui pourrait rapidement devenir incontrôlable et déstabiliser toute l'Europe, dont la France. La première pièce de ce jeu périlleux est tombée avec le coup d'arrêt donné au gazoduc Nord Stream 2, qui avait vocation de contourner l'Ukraine pour fournir du gaz de façon sûre à l'Allemagne, depuis la Russie. Suivant cette logique, les tensions politiques et militaires croissantes aboutiront à une interdiction du gaz russe en Europe, si une solution n'est pas rapidement trouvée.

Dans cette autre guerre d'ordre énergétique et économique, il y aura également des gagnants et des perdants. Au rang des premiers : les États-Unis, qui trouveront un débouché à leur gaz de schiste, mais aussi le Qatar et l'Azerbaïdjan. Selon le géopolitologue Alexandre Del Valle, les calculs du gouvernement américain de Joe Biden pèsent d'ailleurs beaucoup dans les décisions diplomatiques et politiques qui ont été prises pour pousser à bout Vladimir Poutine, et l'obliger à franchir un « jusqu'au boutisme » qui ne peut être que condamné par les pays de l'OTAN.

Du côté des perdants de cette guerre économico-énergétique : l'Europe, où la hausse des prix de l'énergie pourrait être bien plus forte qu'elle ne l'est actuellement. Avec des effets directs sur l'économie, et des conséquences imprévisibles sur le plan social.

Sans négliger non plus les déséquilibres géostratégiques qui vont rendre l'Europe encore plus dépendante des États-Unis et de pays qui soutiennent l'islam radical, comme le Qatar.

Dans le conflit ukrainien, un danger peut en cacher bien d'autres.

 

Francis Mateo/Alixan Lavorel/Fild
De Alixan Lavorel