Moins de deux semaines après l'attentat macabre de Conflans-Sainte-Honorine du 16 octobre dernier, hier, la France a encore été frappée par une nouvelle vague d'attaques terroristes. A Nice, Lyon, au Consulat de France à Djeddah en Arabie saoudite... Devant l'impuissance et la paralysie d'un exécutif dépassé et loin d'être à la hauteur, le pire est malheureusement à venir...

                                                                                                      Par Roland Lombardi

Des attentats commis par Mohammed Merah en 2012 jusqu'au meurtre atroce de Samuel Paty, ce professeur d'histoire décapité pour avoir parlé de liberté d'expression et montré des caricatures de Mahomet à ses élèves, l'islamisme a fait près de 270 victimes en France.

Ce 29 octobre, soit 13 jours après le drame de Conflans, un jeune Tunisien, arrivé en septembre dernier via Lampedusa, tuait 3 personnes dans la basilique Notre Dame de l'Assomption à Nice, décapitant une dame de 70 ans, égorgeant une autre jeune femme, et poignardant à mort le sacristain. Plus tard dans la matinée, à Lyon, un Afghan armé d'un couteau de 30 cm a été arrêté dans la même rue qui a vu une bombe artisanale exploser en 2019.

Dans le même temps, un Saoudien a attaqué le consulat français à Djeddah, blessant un garde...

Et n'oublions pas qu'avant-hier, des milices turques défilaient dans les rues de Vienne (38), en plein couvre-feu, pour faire la chasse aux Arméniens !

De toute évidence, même si elles n'ont fait qu'accentuer des menaces déjà bien antérieures, les « fatwas » lancées ces derniers jours par Erdogan et le Qatar ont été entendues !

« Nous sommes en guerre », paraît-il. Le problème c'est que jusqu'ici les autorités françaises successives n'ont pris que des mesures d'urgence sans profondeur, faisant peser la totalité du poids de cette menace existentielle sur nos services de sécurité. Sans réponse politique courageuse et globale, ces derniers, qui font partie des meilleurs au monde, ne peuvent pas tout et ne font qu'appliquer des cataplasmes sur une jambe de bois.

Après le drame de Conflans et encore jeudi matin à Nice, les déclarations martiales présidentielles et les promesses d'actions de l'Intérieur ont envahi les réseaux sociaux et les écrans TV.

Comme toujours ce sont de belles paroles. Mais qu'en est-il des actes ? Depuis deux semaines, une centaine de « visites domiciliaires » ont été réalisées, une trentaine d'interpellations ont été effectuées suite à des signalements sur la plateforme Pharos, la mosquée de Pantin a été fermée et le collectif islamiste Cheikh Yassine dissout ainsi que l'association BarakaCity. C'est bien, mais ce n'est toujours pas assez ! Qu'en est-il, à ce jour, des 231 étrangers radicalisés promis à l'expulsion par Darmanin dès le lendemain de l'attentat des Yvelines ? Il reste encore 170 mosquées des Musulmans de France - Ex-UOIF - , 147 mosquées Tabligh, 152 salafistes et 71 mosquées du Mili Gorus turc, toujours ouvertes ! Il n'y a eu, depuis 3 ans, que 15 fermetures seulement. De l'aveu même du ministre de l'Intérieur, il y aurait encore près de 20 000 fichés S - dont 4 000 étrangers - en liberté !

Nous sommes donc très loin d'empêcher les islamistes de dormir tranquilles comme l'avait pourtant promis notre président.

Le risque zéro n'existera jamais en matière de terrorisme jihadiste mais dans ce domaine, il faut frapper vite et fort. Or, sans mesures d'exception et une législation de guerre (prévues par notre Constitution et qui auraient dû être prises dès les attentats du Bataclan en novembre 2015), la lutte contre l'islamisme ne restera qu'un slogan !

Fermeture totale des frontières, moratoire sur le droit d'asile, l'attribution des visas et sur notre présence au sein du CEDH, arrestations préventives, tribunaux d'exception, déchéance de la nationalité et expulsion effective et immédiate de tous ceux qui menacent notre pays, interdiction des Frères musulmans et de leurs associations : voilà des réponses rapides et fortes que demandent d'ailleurs la majorité de nos compatriotes musulmans. Or, elles ne seront pas actées par nos bureaucrates « progressistes », toujours plus enclins à être forts avec les faibles et faibles avec les forts. Ils sont de la catégorie de ceux qui, par peur et par idéologie, préfèreront toujours le déshonneur à la guerre. Oubliant qu'ils finiront fatalement par avoir les deux !

Nos services de sécurité sont formels : tous les voyants sont au rouge. La colère est à son comble. Elle se déverse pour l'instant sur les réseaux sociaux mais pour combien de temps ? Nous sommes sur la dernière marche avant la chute fatale. En cette période de crise sanitaire, économique, sociale et morale, si l'État ne fait rien, certains décideront inévitablement de se faire justice eux-mêmes et notre pays basculera alors dans la spirale tragique de la guerre civile.

Un reset de notre politique en Méditerranée et au Moyen-Orient qui ne viendra jamais...

Comme dans le domaine de la lutte contre l'islamisme, Macron n'aura jamais les épaules pour renverser la table et riposter aux insultes, à l'arrogance et aux menaces d'Erdogan et du Qatar. Jamais il ne profitera de cette véritable déclaration de guerre pour lancer en Méditerranée et au Moyen-Orient une nouvelle politique, basée non plus sur les leçons de morale, le profit et les contrats commerciaux, mais plutôt sur le réalisme et sur nos seuls intérêts sécuritaires et stratégiques. Il n'aura jamais l'envergure pour s'émanciper du carcan de l' « État profond » (de sa propre expression). À savoir le Quai d'Orsay, la Finance et les Intelligentsias parisiennes. Car malheureusement, certains diplomates, réduits depuis des décennies au rôle de simples VRP des grandes entreprises françaises, commencent déjà à trembler à l'idée de voir s'envoler les juteux contrats et investissements qataris ou koweitiens ! On entend déjà également, ici ou là, certains responsables politiques (comme Hollande ou Juppé), trop habitués à la politique de la serpillière et au rétropédalage, appeler à « calmer le jeu » et même à revenir sur la loi sur le séparatisme, pourtant déjà bien édulcorée...

Pourtant nous sommes la France ! Certes un pays exsangue économiquement mais toujours une puissance nucléaire. Membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, doté de l'une des meilleures armées du monde, pilier de l'OTAN et de l'Union européenne, la France pourrait faire voter, dans toutes les instances internationales, des sanctions économiques et politiques dévastatrices contre Ankara et Doha, tous deux très isolées diplomatiquement et surtout au bord de la banqueroute financière. Or, pour cela, il ne manque que le courage et la volonté politique. Ces deux qualités qui manquent cruellement à nos dirigeants et pourtant si nécessaires pour redevenir une nation souveraine, crainte et respectée.

Bref, l'islamisme nous attaque car nos chefs sont des faibles. Malheureusement, on ne fera jamais d'un paon un coq de combat, et encore moins un aigle !

Lorsque l'on voit la gestion abracadabrantesque de la crise sanitaire de la Covid depuis mars dernier jusqu'au reconfinement de ces derniers jours, l'incompétence notoire et la lâcheté de nos technocrates hors-sol, tous soumis d'une manière ou d'une autre, aux lobbies financiers et à la bien-pensance, on ne peut qu'être pessimiste.

Et attendre le prochain carnage !

Roland Lombardi est historien, consultant en géopolitique et spécialiste du Moyen-Orient. Il est analyste et éditorialiste pour GlobalGeoNews. Il est l'auteur de plusieurs articles spécialisés. Ses derniers ouvrages sont Les trente honteuses, ou la fin de l'influence française dans le monde arabe et musulman (VA Editions, 2019) et Poutine d'Arabie, comment la Russie est devenue incontournable en Méditerranée et au Moyen-Orient (VA Editions, 2020).

@rlombardi2014

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29/10/2020 - Toute reproduction interdite


Des officiers de police scientifique inspectent le site d'un attentat à la bombe présumé dans le centre de Lyon, en France, le 24 mai 2019.
Emmanuel Foudrot/Reuters
De Roland Lombardi