Non seulement, l'Europe ne nous sortira pas de la crise du Covid mais il n'est pas sûr qu'elle lui survive. C'est ce qu'assure le politologue Guillaume Bigot, qui en connait les arcanes et les décrypte.

 

Avant la pandémie, l'Europe a joué un rôle majeur dans notre désindustrialisation et donc dans notre dépendance sanitaire. Nous ne produisons presque plus de masques, de pipettes, d'aiguilles ou de médicaments. On dira que c'est à cause de la mondialisation. Soit, sauf que l'UE n'a fait qu'accélérer la mondialisation et ses délocalisations.

Bruxelles nous a contraint à réduire nos dépenses budgétaires, notamment de santé, en fermant 100 000 lits d'hôpitaux depuis 1993. Nous avons économisé des bouts de chandelle, y compris en déstockant des masques.

Cette idéologie ultra libérale a incité l'UE à faire baisser le prix des vaccins.

En négociant, l'UE nous a fait perdre 3 mois sur les commandes.

Ensuite, il suffit de comparer ce que nous avons gagné au coût d'une semaine de confinement pour comprendre qu'il s'agissait d'un très mauvais calcul.

Les laboratoires ont servi en priorité les meilleurs payeurs, comme Israël ainsi que les États auxquels ils sont liés : Pfizer pour les EU, Astrazeneca pour la GB.

En théorie, 450 millions de consommateurs européens devraient être en mesure d'obliger les labos à honorer leurs promesses. En pratique, l'UE est un paillasson vaccinal. Qui a peur de Bruxelles ? Pas les Big pharmas dont les lobbyistes occupent les couloirs du PE et de la Commission.

Les traités ne permettent pas à l'UE de soumettre le pouvoir économique à l'intérêt général. L'intérêt général de qui d'ailleurs ?

Constatant des retards de livraison, l'Allemagne s'est mise à commander ses propres vaccins.

Au moins, grâce à l'UE, répètent les européistes, la France a pu disposer de 40 milliards d'euros pour relancer son économie.

Argument parfaitement fallacieux. D'abord, il s'agit d'un emprunt et non d'une dépense.

Et puis, comme dans la fable de la Fontaine, il y a, en Europe, des cigales - ce sont les pays du Sud, avec leurs dettes et leurs chômeurs - et des fourmis, les pays du Nord avec leurs excédents budgétaires.

Grosso modo, l'euro avantage les fourmis et plombe les cigales.

Comme dans la fable, il fut un temps où la bise fut venue. La Covid est venu.

Les cigales du Sud se sont tournées vers les fourmis du Nord pour leur demander de l'aide. On a vu ce que cela a donné en mars 2020 lorsque le Premier Ministre des Pays-Bas a déclaré : « L'Espagne doit régler seule les coûts d'une pandémie qu'elle a mal gérée. »

Il n'y a donc pas eu de transferts des plus riches vers les plus pauvres. Les plus riches se sont uniquement portés garants d'un emprunt commun. Les États-membres ont cautionné la dette européenne dans une proportion correspondant à leur contribution au budget de l'UE.

La France, par exemple, va recevoir 40 milliards et cautionner 80 milliards d'emprunt.

En réalité, les taux étaient très bas, nous n'avions pas besoin de l'Europe pour emprunter. Ce coup de communication pour faire croire à une solidarité européenne qui n'existe pas ne va rien nous apporter. En revanche, si les autres pays ne remboursent pas, cela va nous coûter très cher.

Depuis le début de la crise, Bruxelles a demandé aux États-membres de garantir la libre circulation des personnes dans l'Union européenne. Ignorant cette consigne pour se protéger du virus, cela fait des mois que Berlin, Madrid ou Rome ont rétabli leurs frontières. Paris vient juste de le faire.

La France est la dernière à croire encore à cette idéologie européiste.

Notre président est d'ailleurs le seul à prôner la souveraineté européenne.

La construction européenne est une machine à affaiblir les défenses immunitaires des peuples. Il est donc grand temps de se déconfiner de cet EHPAD de l'histoire qu'est l'UE.

07/02/2020 - Toute reproduction interdite.


Les drapeaux de l'Union européenne flottent devant le siège de la Commission européenne à Bruxelles, en Belgique 21 août 2020
Yves Herman/Reuters
De Guillaume Bigot