Economie | 14 juillet 2019

Recréer l’industrie « Made in France » grâce aux Forces Françaises de l’Industrie !

De GlobalGeoNews GGN
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Les Forces Françaises de l’Industrie (FFI) est un groupe créé par Emmanuel Deleau, Gilles Attaf et Laurent Moisson pour stimuler l’Industrie française et rassembler les entrepreneurs du « Made in France ». Propos recueillis par Marine François

 

D’où vient l’idée de créer ce club ?

Gilles Attaf : Je travaille sur l’écosystème du made in France, notamment en étant administrateur pour le label Pro France Garantie, ou encore avec les assises du « Produire en France ». PDG de Smuggler - marque de costumes sur mesure fait en France -, je connais bien l’environnement de l’industrie française. Et je me suis aperçu qu’il ressortait régulièrement des manifestations « Made in France » que chacun pouvait apporter sa pierre à l’édifice, mais que nous manquions d’outils pour nous rassembler et être à même d’aider la cause. J’en ai parlé à Emmanuel Deleau, connu pour sa capacité à gérer des clubs et nous avons décidé de nous engager pour soutenir le savoir-faire français.

Emmanuel Deleau : D’une certaine manière, nous avons été poussés par de nombreux intervenants qui travaillent autour de cet écosystème. Beaucoup considèrent qu’il manque un véritable système pour s’entraider. Un système qui offrirait la possibilité de faire des projets communs, et qui mettrait en place une forme de tutorat. Un groupe pragmatique, tourné vers l’action. C’est exactement ce que nous cherchons à mettre en place. Car les groupes que l’on peut trouver aujourd’hui sont des groupes très institutionnels, dans lesquels on discute beaucoup mais qui sont très peu suivis d’actions concrètes.

 

Quel est le modèle de ce club ? Qui peut y rentrer ?

ED : Concernant notre forme juridique, nous ne sommes ni une association, ni une fondation. Nous sommes un club privé. De cette manière, nous ne dépendons pas du politique. En effet, lorsque vous créez une association ou une fondation, vous pouvez être obligés d’accepter certains membres. Or, nos conditions d’adhésions sont drastiques. Si nous avons un doute sur quelqu’un, si nous supposons par exemple que cette personne veut rentrer uniquement pour « faire son propre marché », nous ne l’accepterons pas aux FFI. Tous les membres ont un petit test de passage et un entretien. Ce que l’on ne peut faire qu’en étant une structure privée. Ce club est ouvert exclusivement aux entrepreneurs, investisseurs et activistes du « Made in France ». Par entrepreneurs, nous entendons des chefs d’entreprises qui fabriquent en France, qu’ils soient anciens ou nouveaux dans le milieu. Nous souhaitons en effet que le club ait aussi un rôle de « mentoring », pour leur donner accès aux clés de réussite.

 

Pourquoi avoir l’acronyme des Forces Françaises Intérieures ?

GA : Je suis passionné par la Seconde guerre mondiale, et les FFI représentent un rassemblement de toutes les forces qui veulent libérer le pays, résister contre l’occupant. Il y a à la fois un coté très militant, et un coté rassembleur. Un rassemblement d’énergies positives.

ED: D’autre part, nous savions que cela interpellerait, et que ce coté un peu guerrier et d’union parlerait à tout le monde. On voulait quelqu’un chose d’assez militant, pour assumer une vraie identité.

 

Quel est l’état actuel de l’industrie française ?

GA: L’industrie est en plein renouveau. Nous avons aujourd’hui la capacité de monter de nouveaux projets grâce à l’innovation, et tout particulièrement à l’intelligence artificielle. Nous sommes à ce titre en contact avec Microsoft. L’industrie se régénère et nous souhaitons en être un accélérateur. Il faut garder nos savoir-faire et les adosser à l’innovation.

 

Quels sont vos objectifs de court et long terme ?

Laurent Moisson : Notre objectif principal, c’est de préserver et de recréer une certaine industrie en France. Nous partons en effet du principe qu’un pays qui perd son industrie est un pays mort. Hors de question aujourd’hui qu’une industrie ferme car elle ne possède pas les soutiens nécessaires, hors de question qu’elle ferme sans que nous ayons au moins essayé de l’aider. Nous voulons donc dans un premier temps rassembler un maximum de personnes autour de notre désir de stimuler cette industrie française, et sensibiliser des entrepreneurs qui recherchent une façon la plus optimale possible de produire en France. Car il y a de nombreux entrepreneurs qui souhaitent faire du « made in France » mais qui produisent une partie de leur production à l’étranger, car ils n’ont pas trouvé le bon relai en France. Prenons l’exemple d’une marque de chaussures françaises qui produit ses semelles au Portugal, faute d’avoir trouvé un producteur français. Il existe pourtant des producteurs de semelles en France … mais il lui aurait fallu 3 ans de recherche pour le trouver, au fin fond de l’Ardèche. Par la force du réseau, les deux entreront en lien et y gagneront : la marque pourra communiquer sur le fait que son produit est 100% français, et l’industrie du fabricant français de semelles se relèvera. On cherche donc à créer un réseau basé sur l’intérêt de coopter, de s’aider. Un networking pragmatique, et qui crée du lien entre investisseurs et entrepreneurs. Nous souhaitons avoir des relais, des ambassadeurs en régions. Avec les informations qui nous remonterons au fur et à mesure sur les industries, les opportunités, les réseaux, nous pourrons dans un second temps faire des visites d’usines, sensibiliser sur des industries à reprendre, à valoriser. C’est les opportunités qui feront que nous mobiliserons nos réseaux pour se rendre sur les sites. Nous envisageons même des soirées sur les sites industriels, et peut être un annuaire du « made in France ». Nous mettrons aussi en place une partie digitale pour permettre aux membres d’être en permanence en lien, au moins virtuellement.

 

Quels sont vos événements et réunions à venir ?

ED : Nous allons être présents au salon du Made in France au moins de Novembre, porte de Versailles. Il y aura une soirée spéciale FFI lors du salon. Concernant les réunions, nous avons déjà fait une première qui a réunit 80 personnes le 22 mai, puis une seconde soirée le 2 juillet. Notre rythme de réunion est actuellement bimestriel et sera bientôt bimensuel. Notre point de chute est au 6 rue Muller à Paris, et c’est là pour le moment que nos soirées ont lieu. Mais si aujourd’hui le point de ralliement des FFI est à Paris, il évoluera en fonction des relais que nous aurons ailleurs. Vous pouvez retrouver notre page Facebook « Forces Françaises de l'Industrie » si vous souhaitez nous rejoindre.

 

13/07/2019 - Toute reproduction interdite


Soirée des Forces Françaises de L'Industrie
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