Nouveau venu parmi les candidats à la prochaine élection présidentielle, Rafik Smati s'engage pour porter des idées qu'il ne retrouve pas chez ses concurrents, et qui peuvent toucher des Français de toutes sensibilités. Son programme « réaliste », élaboré pendant quatre ans au sein de son parti Objectif France, affirme sans complexe des valeurs fondamentales. Avec l'appui de son directeur de campagne, le général (2S) Bertrand Soubelet, le nouveau prétendant propose ainsi un plan choc d'intervention pour rétablir l'ordre dans tous les territoires perdus ou oubliés de la République. En patron de PME conscient des réalités de l'entreprise, Rafik Smati défend aussi une économie à taille humaine, qui se donne en même temps les moyens de recherche et d'innovation pour affronter les grands défis écologiques et technologiques. Pour une France souveraine et ambitieuse. Mais dans l'immédiat, le candidat doit réunir les 500 signatures de parrainages d'élus. La course a commencé.

Entretien conduit par Francis Mateo

 

Fild : Qu'est-ce qui a motivé votre candidature à l'élection présidentielle ?

Rafik Smati : Nous n'avons jamais été obsédés par une candidature à l'élection présidentielle au sein de notre parti, Objectif France, mais avons toujours été dans l'obsession de faire passer un certain nombre d'idées fondamentales auxquelles nous travaillons depuis quatre ans, et qui ne sont incarnées par aucun des candidats en lice. J'ai donc décidé de me présenter pour porter ce programme disponible en ligne, que chacun peut juger sur pièces, et qui est le plus construit de tout le paysage politique français. Ce n'est d'ailleurs pas seulement un programme de conquête du pouvoir, comme il y en a malheureusement tant, mais un programme qui s'inscrit dans l'exercice du pouvoir et dans le temps, pour les prochaines décennies : nous savons ce que nous allons faire et surtout savons comment nous allons le faire.

Fild : Quelles sont les trois thématiques prioritaires de votre programme et vos principales mesures ?

Rafik Smati : Il y a d'abord un prérequis à la base de tout contrat social : c'est le retour à l'ordre. Le général Bertrand Soubelet, qui est mon directeur de campagne et vice-président d'Objectif France, a théorisé et travaillé sur la reconquête des zones de non-droit de notre pays. C'est un plan de bataille de retour à l'ordre mené par un général de gendarmerie qui a l'expérience du terrain et l'expérience opérationnelle dans cette thématique prioritaire. Parce que s'il n'y a pas de sécurité, il n'y a pas de liberté. Le deuxième grand volet de notre programme concerne le réarmement de notre économie, avec une remise à plat totale de notre politique publique qui nous permettra de faire 100 milliards d'économies, soit à peu près 10 % de la dépense publique, mais sans toucher aux services rendus au public, c'est à dire en ayant plus de policiers, de gendarmes et d'infirmières, notamment, et en investissant dans la recherche. Ce sont des mesures très concrètes et réalisables, et tous les détails sont disponibles sur notre site.

Et lorsque nous aurons rétabli l'ordre sur notre territoire et dans nos comptes, nous serons armés pour affronter les grands défis de demain, ce qui constitue le troisième grand axe de notre programme. Et il y a beaucoup de domaines où la France a un grand rôle à jouer : le quantique, l'énergie, la mer, puisque nous disposons de la deuxième surface maritime du monde... Nous avons aussi en France les meilleurs mathématiciens et les meilleurs ingénieurs, et nous prévoyons davantage de moyens pour la recherche afin d'embrasser pleinement la révolution technologique qui est en train de façonner aujourd'hui un monde nouveau.

Fild : Pour revenir sur la sécurité, que faites-vous concrètement pour récupérer les territoires perdus de la République ?

Rafik Smati : Nous mettons en place un régime juridique nouveau : « L'état de contrôle renforcé » ; c'est un régime intermédiaire entre l'état d'urgence et l'état de siège. Avec une task force d'environ 1.000 hommes mobilisés 24 heures sur 24 dans un quartier donné : policiers, gendarmes, magistrats, éducateurs, psychologues et juges. Cette task force investit une zone de non-droit et s'installe sous le commandement d'un général de gendarmerie pendant trois semaines ou un mois, organise des comparutions immédiates, même la nuit si nécessaire, jusqu'à faire revenir l'ordre. Et nous le faisons quartier par quartier, en concertation avec les élus locaux, car il ne s'agit pas évidemment d'une opération de cow-boy. Je veux aussi rappeler que dans ces territoires perdus ou abandonnés de la république, 99 % des gens qui y vivent sont les victimes des mafias qui ont gangrené le quartier.

« Revenir aux fondamentaux de l'État de droit »

Fild : Pensez-vous que cette élection a une dimension particulière, voire civilisationnelle ?

Rafik Smati : Il y a plusieurs conceptions de l'histoire : certains considèrent qu'elle est linéaire, et d'autres, comme moi, qu'elle est faite de ponctuations. Et je pense que nous sommes à l'un de ces carrefours : les défis sont immenses et les enjeux sont effectivement civilisationnels. Mais il ne faut pas se tromper d'enjeu ! S'il est question de grand remplacement, il y en a un qui me préoccupe énormément : c'est le grand remplacement technologique. Nous sommes en train de nous faire coloniser par les géants du Web et des multinationales qui ont des forces de frappe identiques à celles des États, qui sont capables de dicter leurs lois aux nations et à ceux qui les gouvernent. C'est un changement de paradigme philosophique et moral vertigineux ! Il en va de même avec les enjeux écologiques. Pour ne prendre qu'un exemple sur ce plan, l'Union Européenne nous oblige à abandonner les moteurs thermiques en 2035 et à sortir du tout pétrole ; ce qui signifie que nous n'avons pas d'autre option que de lancer un programme massif de construction de nouveaux réacteurs nucléaires de troisième génération : il nous faut au minimum 15 réacteurs de type EPR pour répondre aux besoins si nous voulons être autonomes d'ici trente ans. Et ce sont des chantiers qui doivent être lancés dès aujourd'hui.

Fild : Vos origines et votre parcours ont-elles valeur de symbole et peuvent-elles peser dans cette candidature ?

Rafik Smati : Je m'engage dans cette bataille en tant que citoyen français. Je ne fais pas de marketing autour de ma personnalité, de mes origines, de ma naissance ; mais j'ai conscience de la portée symbolique que cela peut avoir. J'ai aussi conscience que beaucoup de jeunes, ayant pour certains une histoire comparable à la mienne, attendent que l'on puisse démontrer qu'on peut être né de l'autre côté de la Méditerranée et aimer profondément la France, vouloir s'engager pour son avenir. Mais ce n'est pas cette dimension symbolique qui importe dans cette campagne, ce sont les convictions d'un citoyen français engagé, un chef d'entreprise, patron de PME, qui va exposer à ses compatriotes la vision qu'il a de notre pays. Parce que je pense qu'il est possible de redonner le sourire à la France, je pense que tout n'est pas perdu et que nous disposons d'atouts gigantesques capables de rassembler et mobiliser tous les Français, par-delà nos croyances religieuses, nos origines, nos conditions sociales. Je m'engage parce que je considère qu'une très grande partie de nos compatriotes ne sont pas représentés dans cette élection, de toutes sensibilités : des Français de gauche, écologistes, de droite. Mon projet a vocation à accueillir tous ceux qui se reconnaîtront en lui par-delà les étiquettes politiques traditionnelles.

Fild : Vous ne redoutez pas d'être ainsi confondu avec le discours du « en même temps » ?

Rafik Smati : La promesse initiale du « en même temps », au-delà des clivages traditionnels, n'était pas dénuée d'intérêt ; sauf que cette promesse a été abîmée et mal mise en œuvre par l'intéressé. Dans son remarquable livre « L'équilibre est un courage », le général Pierre De Villiers utilise une métaphore que je reprends volontiers à mon compte : posez une pièce de cinq centimes sur chaque plateau d'une balance, et elle sera en équilibre, mais un équilibre mou ; déposez une tonne sur chaque plateau, et vous aurez toujours un équilibre, mais solide, puissant ! C'est la nature du projet équilibré que je porte, un projet à la fois d'ordre et d'espoir ; mais pas de « petit » ordre, pas de « petit » espoir : une véritable vision de l'ordre non négociable pour revenir aux fondamentaux de l'État de droit, et un vrai projet d'espoir et de grandeur pour notre pays.

Fild : Comment espérez-vous réunir les 500 signatures d'élus nécessaires à notre candidature ?

Rafik Smati : Ce sera un exercice difficile, mais un certain nombre d'élus me soutenaient déjà avant même que je me déclare, comme le maire de Fessenheim, par exemple. Nous allons nous mobiliser ces prochaines semaines auprès des maires de France pour leur démontrer qu'il y a sans doute une autre voie, portée par une personnalité qui n'est pas du sérail politique traditionnel, ancrée dans une réalité que ces élus connaissent et partagent. Parce qu'il est temps de changer de paradigme dans notre pays, et de passer à autre chose.

21/01/2022 - Toute reproduction interdite



© DR
De Francis Mateo