Analyses | 2 septembre 2019

Qwant : l’alternative européenne à Google

De Emmanuel Razavi
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Depuis plusieurs mois, Emmanuel Razavi, grand reporter et directeur de la rédaction de GlobalGeoNews, s’intéresse à l’univers de Qwant, le moteur de recherche français. Il nous explique pourquoi celui-ci incarne une alternative à Google, ainsi que la promesse - à l’instar d’autres start-ups hexagonales - d’une souveraineté numérique européenne.

 

Internet a révolutionné notre perception de la démocratie, des relations internationales et … de la consommation ! En moins de 20 ans, la toile a également transformé notre conception des libertés individuelles, puisque nous acceptons d’y voir disséquer nos habitudes et nos vies privées, que nous sommes des millions à exhiber sur les réseaux sociaux. Une aubaine pour la plupart des moteurs de recherche qui se nourrissent de nos ‘’profils’’ pour engranger du chiffre d’affaires en commercialisant nos données.

Ainsi, depuis plusieurs mois, notre rédaction, comme d’autres, s’intéresse à Qwant, le moteur de recherche Français et Européen qui assure ne pas tracer ses utilisateurs, ne pas revendre leurs données personnelles, et veut se positionner comme un garant de la protection de nos vies privées face aux GAFAM américains (Google, Apple, Amazon, Facebook et Microsoft), et aux BATX chinois (Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi).

Autant le dire tout de suite : n’étant pas fans des géants du net en général, nous avons décortiqué son fonctionnement et son environnement. Nous avons notamment rencontré et interviewé son PDG Eric Léandri, ne lui épargnant pas les questions qui fâchent.Force est de constater que sur la forme comme sur le fond, son projet est convaincant.

Pourquoi ?

D’abord parce que Qwant fonctionne - même s’il doit encore évoluer - et qu’il est, dans l’ensemble, tout aussi satisfaisant pour le ‘’vulgum pecus’’ que Google (Il n’y a d’ailleurs qu’à l’utiliser pour s’en rendre compte). Ensuite parce que Leandri a fait de la protection des libertés individuelles un combat et qu’il entend que celui-ci soit porté par la France et l’Europe.Soyons réalistes. Nous sommes tous exploités par les GAFAM qui ne voient en nous que des « datas » qui leur permettent de se faire de l’argent sur notre dos, ‘’refourguant’’ parfois celles-ci à des officines, comme on a pu le voir lors des dernières élections américaines. Face à cette ‘’Big Brotherisation’’, Qwant - comme d’autres projets qui émergent en Europe - permet de mettre un frein à leurs dérives.

Qwant fait de l’ombre à Google

Européen et défenseur des libertés individuelles, Léandri agace les géants de l’Internet Américain, à commencer par Google. D’abord parce qu’il leur prend peu à peu des parts de marché. Ensuite - et surtout - parce qu’il restreint inévitablement leur accès à nos données, ce qui constitue un pêché capital à leurs yeux. Depuis plusieurs mois, son moteur de recherche est ainsi critiqué, Léandri faisant parfois l’objet de mises en cause infondées.

C’en est à tel point que l’on peut se demander s’il n’est pas victime d’une tentative de déstabilisation. Orchestrée par qui ?  Là est toute la question, et les journalistes doivent impérativement se la poser. Car leur combat, qui est le même que celui de Qwant, a un nom : La défense des libertés individuelles - qui passe nécessairement par la protection des données - indissociable de la liberté d’expression.

Bien sûr que Léandri agace ses concurrents - y compris français -. Car cet idéaliste à la parole libre et au ton direct, réussit presque tout ce qu’il fait. Mais il faut être lucide ! Qwant est européen, il fonctionne - de nombreux béta-testeurs l’ont confirmé -, et il est utilisé avec succès par des millions d’internautes !

L’on doit donc s’enorgueillir qu’il lève des capitaux pour continuer à se développer, car face à Google et aux GAFAM, il positionne l’Internet Français et Européen  à un niveau jamais atteint dans ce domaine.

Qwant incarne en fait - à l’instar d’autres projets portés par des start-ups hexagonales, sur lesquels nous reviendrons prochainement - l’espoir d’une souveraineté numérique Européenne. Quoiqu’on en pense, à l’heure où l’Internet est devenu un espace de stratégie d’influence, l’utiliser, c’est contenir l’hégémonie américaine - et peu à peu chinoise - sur le web, et assurer la préservation de nos intérêts économiques et politiques.

 

03/09/2019 - Toute reproduction interdite


Le logo de la société numérique française Qwant est visible à leur nouveau siège social à Paris, France, le 14 juin 2018.
Benoit Tessier / Reuters
De Emmanuel Razavi

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