Economie | 18 juin 2018

Quel avenir économique pour la Grèce ?

De Elisa Rullaud
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La Grèce s'apprête à sortir du troisième plan d'aide internationale signé en 2015. La sortie est prévue pour le 20 août prochain, au terme de huit années d'assistance financière. Une étape clé pour le pays, qui sort petit à petit d'une crise majeure. Par Elisa Rullaud

Selon l'Agence nationale grecque de statistiques (ELSTAT), la Grèce a connu une accélération de sa croissance au premier trimestre de 2018, ainsi qu'une augmentation des exportations de biens et de services de 1.4% par rapport à l'année 2017. Son PIB a augmenté de 0.8% et le taux de croissance annuelle a été amené à 2,3% sur la période janvier-mars 2018. Des chiffres qui font envisager une reprise progressive après une longue période de récession.

Pourtant, selon Panayiotis Petrakis, professeur d'économie à l'Université d'Athènes, bien que la Grèce soit définitivement sortie de sa période de récession, il faut tout de même rester prudent : « Malheureusement, ce type de croissance n'a pas les caractéristiques d'une bonne croissance qui promettrait une prospérité future sur le moyen ou long terme, car les dotations de l'économie grecque sont encore assez faibles et que celle-ci a été entièrement refondée », met-il en garde.

Les axes principaux des prochaines réformes

Le 21 mai, le Premier Ministre Alexis Tsipras a présenté le projet de croissance de la Grèce en vue d'un retour progressif sur les marchés et d'une normalisation de l'économie grecque après la sortie du troisième Mémorandum, en août dernier.

Il a notamment mis en avant les secteurs clés, susceptibles de soutenir le développement de l'économie grecque. Le tourisme et l'industrie en sont les principaux, auxquels s'ajoutent les secteurs de la logistique, de l'innovation, du transport maritime et de l'énergie. La priorité sera donnée à la stimulation des investissements, de la recherche-développement et de la productivité pour soutenir la croissance tout en poursuivant les réformes engagées auparavant. La consommation et la part des investissements étrangers restent toujours insuffisants pour entretenir durablement la croissance, selon l'économiste P. Petrakis. L'Etat grec compte tout de même essayer d'attirer davantage les investisseurs étrangers, dont la frilosité handicape encore le pays. Des dispositifs de lutte contre l'évasion et la fraude fiscale et le travail non déclaré sont aussi compris dans cette stratégie de croissance, bien que P. Petrakis déplore l'absence d'anticipations chiffrées.

Un possible allégement de la dette ?

Le 5 décembre 2016, l'Eurogroupe a approuvé l'ensemble des mesures d'allègement de la dette à court terme pour la Grèce. Désormais, des négociations sont en cours entre la zone euro et le FMI pour obtenir le soutien de ce dernier. Cet allègement de la dette grecque de la part des prêteurs de la zone euro impliquera un rééchelonnement des prêts du deuxième plan de sauvetage grec, a déclaré Mario Centeno, président du groupe des ministres des finances de la zone euro. Un accord permettrait de restaurer la confiance des investisseurs en assurant la soutenabilité de la dette.

19/06/2018 - Toute reproduction interdite.


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De Elisa Rullaud

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