Analyses | 11 juin 2019

Quand le football français s'intéresse au marché chinois

De Antoine Grynbaum
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Le point de vue d'Antoine Grynbaum

Droits TV de la Ligue 1, ventes de maillots (Neymar, Mbappé...), merchandising, le foot français lorgne désormais sur le plus grand pays du monde et ses fans du ballon rond... Mais doit aussi affronter la concurrence des autres grands championnats européens, séduits par le plus important marché mondial. 

 

La bascule s'est faite fin 2016. Dans le cadre des relations entre la Chine et le football français, la Fédération et la Ligue ont officialisé l'ouverture à Pékin d'un bureau de développement et de coopération. Basé dans la capitale chinoise, il a été mis en place avec des missions bien précises :

• L'exportation de la formation française.

• Le développement de l'image des compétitions nationales auprès du public chinois.

• Le renforcement des liens stratégiques avec les acteurs chinois.

• L'accompagnement des clubs français dans leur stratégie de déploiement économique.

Bref, du donnant - donnant à l'heure où la France cherche à vendre plus cher ses droits TV à l'étranger, et un bureau qui doit permettre à la France de rattraper son retard sur les grands championnats et la Liga notamment... Les Espagnols ont été les premiers à anticiper le mouvement. Ils ont séduit les Chinois, avec leurs armes principales, le Real Madrid et le FC Barcelone mis en avant. Ils ont aussi misé sur la programmation, avec la diffusion de matchs de Liga le dimanche 13H en Espagne, soit en prime-time dans l'Empire du milieu.

Espagnols et Anglais sont historiquement populaires en Chine, Manchester United ayant fait à l'époque de David Beckham, son ancien joueur, une vedette adulée entre Pékin et Shanghai. Ils ont aussi su jouer la renommée du couple Beckham, son aura, et la capacité du milieu de terrain à vendre des milliers de maillots.

La France cherche donc à rattraper son retard, et elle peut remercier le Qatar et son PSG, ses stars parlant au monde entier. La Ligue 1 a donc diffusé en mars 2018 son premier match un dimanche à 13H, un certain Nice / Paris Saint-Germain, le club azuréen appartenant en partie à des... Chinois !

En juin 2016, Chien Lee et Alex Zheng, deux hommes d'affaires associés dans l'hôtellerie et le tourisme ont acquis 80% des parts de l'OGC Nice. A la mi-août 2016, Jean-Michel Aulas, Président de l'OL, annonçait, lui, l'arrivée d'un investisseur chinois, IDG Capital Partners, dans le capital lyonnais, à hauteur de 20%, soit 100 millions d'euros d'investissement.

La Chine, l'eldorado du football hexagonal ?

Oui assurément, l'organisation du Trophée des Champions (match opposant le champion de France au vainqueur de la Coupe de France) ayant encore lieu cet été à Shenzhen... Oui, pour preuve les tournées estivales lucratives, les évènements sponsorisés, les noms de joueurs floqués en chinois sur les maillots ... Les grands clubs français tournant même des spots publicitaires avec leurs joueurs stars souhaitant une bonne année en... chinois !

Oui, car le ridicule n'a pas de prix.

 

12/06/2019 - Toute reproduction interdite


Chien Lee, fondateur et PDG de NewCity Capital, l'un des investisseurs qui ont acheté le club de football français OGC Nice, pose à Hong Kong le 22 juin 2016.
Bobby Yip/Reuters
De Antoine Grynbaum

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