Analyses | 10 juin 2020

Quand la lâcheté et les compromissions du gouvernement signent la fin de l'État de droit

De Roland Lombardi
min

Entre un ministre de l'Intérieur qui affirme que l'émotion mondiale dépasse les règles juridiques tout en désavouant sa police, et un gouvernement qui se couche devant des organisations communautaristes et d'extrême gauche, on se demande bien qui est encore garant de l'État de droit dans notre pays.

                                                                                                      Par Roland Lombardi

 

Dès le lendemain du décès de Georges Floyd, un afro-américain tué par un policier blanc aux États-Unis, des émeutes et des manifestations ont embrasé le pays. Elles étaient de deux types.

Les premières ont été encadrées par des groupes violents altermondialistes et de l'ultra-gauche, les fameux antifas. En ce qui concerne les secondes, les rassemblements « pacifiques », la plupart des grands médias étasuniens et la gauche américaine ont profité de cette tragédie pour lancer un mouvement global dépassant le cadre des Etats-Unis afin qu''il s'étende à tout l'Occident.

Son principal leitmotiv est que l'homme blanc « privilégié » doit demander pardon de ses crimes.

Ainsi, de Washington à Sidney, en passant par Ottawa, Londres, Paris et Rome, les références à l'esclavage, à la ségrégation et à la colonisation sont à l'ordre du jour.

Dans ces manifestations qui traversent les capitales occidentales, on a vu des statues de grands hommes (Churchill, Colomb... et même Lincoln et Schœlcher) saccagées, voire déboulonnées. Pire, on a vu des activistes blancs se mettre ridiculement en scène en se prosternant ou encore en lavant les pieds de leurs camarades noirs, quand ils n'étaient pas tenus en chaînes par ces derniers !

De nombreux hommes politiques de premier plan se sont également agenouillés physiquement ou dans leurs déclarations publiques, comme le Premier ministre canadien Justin Trudeau, véritable prince et symbole du progressisme et du « vivre ensemble » dans le monde libre !

La France n'a pas été épargnée. Certains ont vite fait d'emboîter le pas de cet « engouement » quasi hystérique. Au mépris des dernières règles sanitaires encore en vigueur et des interdictions préfectorales (tout regroupement de 10 personnes est proscrit), plusieurs manifestations ont vu le jour, encadrées par des élus de gauche et des associations antiracistes, communautaristes, indigénistes et racialistes. Transposant grossièrement l'affaire Floyd au contexte local, ces dernières appellent depuis à la mobilisation pour la mémoire d'Adama Traoré, du nom du délinquant multirécidiviste mort lors de son interpellation en 2016.

Devant ces rassemblements, encore interdits officiellement rappelons-le, et les débordements violents qui les ponctuent à chaque fois, le gouvernement, toujours aussi forts avec les faibles et faible avec les forts, fait une nouvelle fois preuve d'une couardise et d'un laxisme déconcertants. En effet, les forces de sécurité ont reçu l'ordre de rester en retrait, comme lors des troubles qui ont touché certains quartiers pendant le confinement.

Est-ce la peur d'un embrasement des cités qui paralyse un pouvoir qui se sait incapable de donner l'ordre à la police d'agir avec la même ardeur qu'elle l'a fait avec les Gilets Jaunes, ou nos pompiers ? Sûrement.

Alors que la crise sanitaire de ces derniers mois a été gérée de manière scandaleuse et calamiteuse par nos responsables, ceux-ci sont en train de passer un nouveau cap. Vous avez aimé la politique de gribouille durant le Covid, vous allez adorer celle de la serpillière pendant l'affaire Traoré !

François Hollande, avec les affaires Leonarda et Théo, nous avait déjà habitué aux attitudes indignes d'un chef d'Etat.

La garde des Sceaux, Nicole Belloubet, et le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, sont ses dignes successeurs.

La première a ainsi invité les représentants du collectif Adama Traoré dans son ministère pour discuter. Ces derniers ont bien sûr décliné l'invitation et infligé par la même occasion une cuisante humiliation à la ministre.

Quant à Christophe Castaner, il n'a rien trouvé de mieux que de semoncer vertement ses troupes sur le racisme. Ainsi, « la suspension sera systématiquement envisagée pour chaque soupçon avéré d'actes ou de propos racistes » ! Ensuite, contrairement à toutes les autres, le ministre de l'Intérieur a déclaré qu'il n'y aurait pas de poursuite ni de PV pour les personnes ayant participé aux manifestations antiracistes non autorisées. Mieux, les policiers encadreront bientôt ces rassemblements toujours interdits, anti-France et... anti-police ! On marche littéralement sur la tête.

A croire que face aux crises, notre exécutif n'a pas plus de stratégie que celle des chiens courant et aboyant après une voiture et ne sachant que faire s'ils parvenaient à la rattraper.

Devant ces démonstrations de force - car c'est bien de cela qu'il s'agit - le seul message que le président de la République et ses ministres ont réussi à faire passer, c'est que l'Etat s'est applati..Une fois de plus !

Or, c'est bien connu, en projetant une image de faiblesse, on récolte toujours de la violence. Rappelons-nous la fameuse phrase de Churchill : « Vous avez voulu éviter la guerre au prix du déshonneur. Vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre ».

Finalement, les responsables français d'aujourd'hui sont à l'image de ces élites et intelligentsias progressistes que l'on retrouve partout dans les métropoles occidentales. Avec leurs discours mièvres et culpabilisants de repentance, de compromission, de reniement et d'auto-flagellation permanente, on est en droit de se demander si les dirigeants occidentaux actuels,  sans colonne vertébrale, déconnectés de leurs peuples et qui n'incarnent plus aucune autorité morale et politique, ne sont finalement pas plus dangereux que ces activistes indigénistes qui mettent la question de la race et d'un affrontement entre non-blancs et blancs au cœur de nos sociétés.

Comme disait Mao : « le poisson pourrit toujours par la tête ». Il en va de même pour les civilisations telle la civilisation romaine en son temps. Car elles sont en fait comme les hommes. Elles naissent, croissent et dépérissent. Et lorsqu'elles ne s'estiment plus, la fin n'est pas loin. 

 

Roland Lombardi est historien, consultant en géopolitique et spécialiste du Moyen-Orient. Il est analyste et éditorialiste pour GlobalGeoNews. Il est l'auteur de plusieurs articles spécialisés. Ses derniers ouvrages sont Les trente honteuses, ou la fin de l'influence française dans le monde arabe et musulman (VA Editions, 2019) et Poutine d'Arabie, comment la Russie est devenue incontournable en Méditerranée et au Moyen-Orient (VA Editions, 2020).

@rlombardi2014

https://www.facebook.com/Roland-Lombardi-148723348523778/

 

11/06/2020  - Toute reproduction interdite

 

 


Manifestation interdite à la mémoire d'Adama Traore, un Français noir de 24 ans mort en 2016 que certains ont assimilée à celle de George Floyd aux USA, à Paris, le 2 juin 2020.
Gonzalo Fuentes/Reuters
De Roland Lombardi

À découvrir

ABONNEMENT

Offre promotionnelle

À partir de 4€/mois Profitez de l’offre de lancement.

Je m’abonne
Newsletter

Inscrivez-vous à la newsletter fild

Recevez l'essentiel de l'info issue du terrain directement dans votre boîte mail.

Je m'inscris
Faites un don

Soutenez fild, média de terrain, libre et indépendant.

Nos reporters prennent des risques pour vous informer. Pour nous permettre de travailler en toute indépendance,

Faire un don