À l’heure où de nombreux médias indépendants tentent de se faire une place sur le web, Putsch entend bien relever le défi. Ouvert à tous les sujets, le site d’information partisan du libre arbitre s’est forgé une belle réputation en employant un ton direct, loin du politiquement correct. Nicolas Vidal, son fondateur, nous en dit plus.

Entretien conduit par Marie Corcelle.

 

 

Fild : Comment est né Putsch ?

Nicolas Vidal :
J’ai créé le média Putsch début 2018, car j’ai constaté qu’il y avait de moins en moins de débats pluralistes et équilibrés. C’était une réponse à cette anémie dans une France qui va de plus en plus mal, et à une bien-pensance qui au fil du temps est devenue une police de la pensée extrêmement inquiétante. Il y a aussi certaines voix complètement excommuniées du champ public. J’ai trouvé intéressant de donner la parole à ces personnes, quelles que soient leurs sensibilités, et de les laisser s’exprimer et débattre. Putsch se veut être le média qui laisse parler de nombreuses personnalités, avec bien sûr un tamis éditorial : nous n’invitons pas n’importe qui.

Fild : Vous parlez d’un appauvrissement du débat, quelles en sont les raisons selon vous ?

Nicolas Vidal : Je pense que cela remonte aux années 90 et 2000, notamment avec le Traité de Maastricht et l’Union Européenne, cette espèce de rouleau compresseur néo-libéral tourné vers la mondialisation. On s’est rendu compte que le débat avait été volé à plusieurs égards aux Français : les grands médias ont fait le jeu de cette mondialisation et de l’Europe depuis 30 ans. Toutes les voix qui allaient à l’encontre de cela et qui exprimaient des points de vue très divergents ont été sorties du débat public, et elles étaient discréditées culturellement et intellectuellement. Ça a été la même chose avec les Gilets Jaunes : ils ont été traités de tous les noms, ont été rabroués et insultés, violentés verbalement. Et cela s’est poursuivi pendant la réforme des retraites. On voit bien qu’il y a une inclinaison néo-libérale et progressiste en France, et que toutes les personnes qui sortent de ces sentiers battus – ce que j’appelle « la carte routière de la pensée unique » - sont exclues. Le débat a été tué, liquidé, pour éviter ces voix discordantes : il y a eu tour à tour les populistes, les complotistes, les conspirationnistes… Vous avez tout un champ sémantique qui permet de discréditer les adversaires.

Fild : Est-ce que vous pensez qu’il y a encore une place pour les médias indépendants, notamment sur internet ?

Nicolas Vidal : Il faut mettre dans la balance la responsabilité des citoyens. Ils doivent prendre conscience de cette rupture démocratique actuelle, et soutenir les médias indépendants qui n’ont aucun investisseur. C’est à eux d’être un véritable appui pour que nous continuions d’exister, d’exprimer nos voix discordantes et ainsi alimenter le débat. Nous soutenir, c’est réaliser un acte extrêmement démocratique. En ce qui concerne Putsch, nous n’avons pas d’investisseurs. Et il n’y en aura pas pour un média comme le nôtre, c’est-à-dire très critique. Non seulement dans son parti éditorial, mais aussi à travers les voix invitées, qui le sont aussi bien envers le gouvernement qu’envers le progressisme ambiant, cet empire du bien - pour citer Philippe Muray -.

Fild : Dans quel courant de pensée vous inscrivez-vous ? Quelles sont vos références ?

Nicolas Vidal : Ma seule boussole est pointée vers le libre-arbitre, constitutif de la curiosité et la compréhension des choses. Je n’ai pas d’école de pensée à proprement parler, sinon celle d’essayer d’y voir plus clair dans un monde de plus en plus complexe et violent. Si l’on évoque mes références littéraires elles sont nombreuses, denses, et souvent opposées car je me plais à lire une grande variété de points de vue. Pour ne citer que quelques noms, Jérémy Goldsmith et Maurice Agulhon, en passant par Jean-Marie Mayeur et Colette Beaune. Mais je pourrai ajouter à cette liste plusieurs centaines d’auteurs ! Beaucoup d’essais politiques donc, de thèses économiques et de livres d’histoire. Si on ne comprend pas notre histoire, on ne peut comprendre le présent et construire notre avenir.
Je suis proche des idées souverainistes, et c’est de notoriété publique. Je suis convaincu que la nation en tant que projet collectif et patrimonial, civilisationnel et historique est le salut de notre continuité démocratique et historique. Ce pays doit de nouveau « faire nation » et se désincarcérer de cette société liquide qu’on nous impose depuis trente ans à coup d’hédonisme, de progressisme et de consumérisme. Cela nous amène petit à petit - et de force - à nous déraciner et, à faire des citoyens français de vulgaires consommateurs. C’était d’ailleurs tout le combat des Gilets jaunes historiques. Aujourd’hui, la France est à un véritable carrefour de son histoire et son peuple doit choisir la voie qu’il aura décidé pour lui-même et par lui-même. Et cela promet d’être sismique.

05/07/2021 - Toute reproduction interdite



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