Société | 1 avril 2021

Pourquoi la gauche communautariste et racialiste risque de faire imploser la France

De Roland Lombardi
4 min

Après les scandales de l’Unef puis de la Mairie de Strasbourg, c’est au tour d’Audrey Pulvar, adjointe d’Anne Hidalgo à la mairie de Paris, de lancer sa pierre sur notre communauté nationale. Au-delà de son déphasage avec le réel, cette nouvelle sortie démontre une fois encore les dérives d’une certaine gauche antirépublicaine et racialiste.

La chronique politique de Roland Lombardi.

En début d’année, Lilian Thuram osait affirmer sur TF1 que le « racisme était culturel » et qu’il fallait prendre conscience qu’il y avait du « racisme dans la culture italienne, française, européenne et plus généralement dans la culture blanche ».

Puis ce fut sur Europe 1, le 17 mars dernier, la présidente de l’Unef, vieux syndicat étudiant de gauche, qui nous expliquait sans complexe organiser des réunions « interdites aux Blancs » !

Dernièrement, ce fut la découverte d’une subvention de 2,5 millions d’euros accordée par la mairie EELV de la ville de Strasbourg pour la construction de la mosquée Eyyub Sultan, liée au Millî Görüş, une association turque proche d’Erdogan, qui fit scandale.

Ce week-end enfin, au micro de BFM, Audrey Pulvar, ancienne journaliste, élue de gauche à la mairie de Paris et candidate du Part Socialiste aux élections régionales en Île-de-France, revenait sur le scandale de l’Unef en se complaisant dans une nouvelle sortie ahurissante pour déclarer préférer « les réunions "réservées à“ [aux noirs] que les réunions “interdites à“ [aux blancs] ». Avant d’ajouter que si une femme ou un homme blanc (sic) venait à y participer, on pourrait lui « demander de se taire, d’être spectateur ou spectatrice silencieux » !

On le voit, il ne se passe plus une semaine sans assister au naufrage et à la dérive d’une certaine gauche que j’évoquais déjà il y a quelques temps dans nos colonnes[1].

Fort heureusement, ces propos s’inspirant de l’idéologie victimaire, communautariste et racialiste de la gauche américaine, ont provoqué un tollé et de nombreuses réactions à droite comme chez les derniers vrais héritiers de Jean Jaurès, père fondateur de la gauche française, encore farouchement attachés à l’universalisme, à la laïcité et à la République.

Une gauche minoritaire en perdition, mais dangereuse

Toutes les études le démontrent - comme la dernière enquête Ifop-Fiducial pour le JDD et Sud Radio -, 60 % voire 70 % des Français, soit près des 2/3 des électeurs (abstentionnistes compris) seraient préoccupés par le déclin de leur pays, le laxisme judiciaire, l’explosion de l’insécurité, la déferlante migratoire et la perte de la souveraineté et des valeurs françaises.

Se sentant abandonnés et trahis, l’électorat populaire des ouvriers, des pauvres et des chômeurs s’est, depuis le milieu des années 1980, détourné de la gauche, se réfugiant dans l’abstention ou le vote RN.

Après le mandat catastrophique de François Hollande et sa déconfiture électorale de 2017, la gauche essaie donc de se refaire une santé politique en misant sur le communautarisme et en érigeant le « damné de la terre racisé » en nouvel électeur potentiel.

Or même la majorité des descendants d’immigrés - hormis des jeunes en perte de repères - se fichent comme d’une guigne de ce genre d’élucubrations idéologiques.

Toutefois, si cette gauche en totale perdition est encore minoritaire, il faut rester méfiant. Car ce sont les minorités qui font souvent l’histoire. N’oublions pas qu’Hitler s’était appuyé sur un petit parti ouvrier de gauche pour diffuser ses idées racistes et racialistes et ainsi accéder au pouvoir…

Une classe politique lâche, otage du politiquement correct

Dans « l’affaire Pulvar », le silence de la direction du PS est consternant. Surtout celui de la maire de Paris qui a fait de la candidature de son adjointe l’une des bases de sa stratégie présidentielle pour 2022. De fait, elle demeure l’otage de sa frange la plus idéologique et radicale.

Bien évidemment, les Verts et la LFI de Jean-Luc Mélenchon, le nouveau champion de l’islamo-gauchisme, ont rapidement volé au secours de l’ancienne compagne d’Arnaud Montebourg.

Quant au gouvernement et à ses disciples de LaRem, ils sont gênés aux entournures. Certes, quelques-uns se sont timidement associés aux condamnations de la droite. D’autres, comme l’ineffable Christophe Castaner, l’ancien ministre de l’Intérieur et actuel chef de la majorité à l’Assemblée nationale, ont en revanche soutenu, toute honte bue, Audrey Pulvar.

Sans convictions, discrédité par une incompétence abyssale à gérer la crise sanitaire depuis un an, embourbé dans le mantra du « en même temps » et de bas calculs électoraux, le progressisme au pouvoir tergiverse encore et se refuse ainsi à trancher.

On l’a encore vu avec l’Unef, subventionnée par l’État, qui en toute logique aurait dû être sanctionnée. Comble de l’ignominie, bien que Marlène Schiappa et Jean-Michel Blanquer « s’interrogent » sur les pratiques de ce syndicat et qu’une note ministérielle confidentielle incrimine cette officine, le Président Macron, sur rapport du Premier ministre, vient de nommer par décret, en date du 24 mars 2021, un représentant de l’Unef au Conseil Économique Social et Environnemental… et qui sera rémunéré avec nos impôts !

Les ennemis de l’intérieur sont souvent les plus dangereux… Et il faut bien l’admettre : cette gauche clientéliste, qui affiche ainsi sans complexe sa haine anti-blanc, prône le communautarisme et exècre l’amour de la France, de notre histoire, de nos traditions, de notre mode de vie et de notre culture. Elle sème la division et la haine. En ces temps de crises multiples, les idéologies mortifères qu’elle véhicule sont un danger pour notre nation.

Alors qu’elles devraient être légitimement combattues et poursuivies sans relâche par l’État, premier garant de notre cohésion nationale et de notre pacte républicain, celui-ci fait malheureusement - une nouvelle fois - la preuve de toute son inconséquence et de sa lâcheté.

Roland Lombardi est historien, consultant en géopolitique et spécialiste du Moyen-Orient. Il est analyste et éditorialiste pour Fild. Il est l'auteur de plusieurs articles spécialisés. Ses derniers ouvrages sont Les trente honteuses, ou la fin de l'influence française dans le monde arabe et musulman (VA Editions, 2019) et Poutine d'Arabie, comment la Russie est devenue incontournable en Méditerranée et au Moyen-Orient (VA Editions, 2020).

@rlombardi2014

https://www.facebook.com/Roland-Lombardi-148723348523778

[1] https://fildmedia.com/article/une-gauche-francaise-a-la-derive


Anne Hidalgo, assiste à un débat à Paris, le 10 mars 2020.
© Christophe Archambault/Pool via Reuters
De Roland Lombardi

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