La production d’or noir en Algérie a chuté à moins d´un million de barils/jour. Une gestion chaotique et un manque d’investissements dans les infrastructures expliquent cette situation.

Le rapport de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) le confirme: l´Algérie affichait au mois de mars dernier son plus bas niveau de production de pétrole qui passe à moins d´un million de barils/ jour, pour la première fois depuis 30 ans.

En effet, l’Algérie a enregistré une production moyenne de 966.000 barils/jour au mois de mars 2018, soit une baisse de 70.000 barils/jour comparativement au mois de février où elle était de 1.036.000 barils/jour, confirmant la tendance à la baisse entamée au premier trimestre 2017.

Le pays s´était engagé, comme les autres membres de l´Organisation à réduire sa production à 1.080.000 barils/jour, dans le cadre de l´accord touchant les membres OPEP et NON-OPEP pour la réduction de l’offre du pétrole sur le marché. L´Algérie a fait plus qu’il n’en fallait, contribuant fortement au taux de conformité record enregistré par le Comité Technique Conjoint Opep et non Opep au mois de mars 2018, communiqué à l’issue de sa 8e réunion tenue en Arabie Saoudite et qui se situait à un taux de 149%.

L’Algérie n’a pas fait un choix stratégique de réduction de sa production. La baisse est due au mauvais entretien des gisements et au non-respect des programmes de réinjection de gaz qui fluidifie le pétrole et augmente le taux d´extraction. Le gaz non réinjecté est simplement détourné pour faire face aux contrats signés par Sonatrach avec les pays européens. Cette chute de la production, ininterrompue depuis 2017 est préoccupante pour le pays qui traverse une grave crise économique et dont la principale source de devises, à hauteur de 96 %, est justement le pétrole.

Trois facteurs expliquent ce déclin : L’absence d’investissements dans les infrastructures, la lutte des clans au sein même de Sonatrach et de l´État, ainsi que l’incurie des gestionnaires qui tiennent les rênes de la compagnie nationale.

Selon les derniers chiffres, la production de pétrole algérien s’est située à une moyenne de 956.232 barils/jour au cours de la troisième décade (21-31 mars 2018). La part de la compagnie algérienne, en effort propre est de 591.132 barils/ jour, alors que celle des associations avec les compagnies étrangères est évaluée à 365.100 barils/jour.

Le plus inquiétant dans ce constat est la tendance baissière qui s’est installée et risque de devenir irréversible. Car les gisements commencent à s’essouffler en raison du manque de gaz d’injection, anlysent les économistes algériens.

“La démobilisation du personnel de Sonatrach et l’incompétence de son management sont en train de mener la production nationale vers la catastrophe. Des gisements fragiles risquent de céder définitivement” commente un expert en pétrole algérien.

03/05/2018 - Toute reproduction interdite


Un homme passe devant un logo de l'OPEP avant une réunion informelle entre les membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) à Alger, Algérie 28 septembre 2016
De Bouziane Ahmed Khodja