Plus de 8 millions de Français souffrent d'obésité, et plus de 50% sont en surpoids. Aux États-Unis, cette proportion dépasse 70% de la population. Dans tous les cas, le surpoids est facteur de comorbidité et d’une vingtaine de pathologies, dont le cancer, le diabète et les infections respiratoires virales. Au-delà des considérations esthétiques, le problème est devenu une véritable question de santé publique. Et la cryothérapie est désormais l'une des solutions les plus efficaces pour y faire face, comme l’explique le Docteur Suva Loap, spécialiste de l'anti-vieillissement.

Par Francis Matéo


La proximité de l'été stimule l'augmentation de certaines courbes, comme les inscriptions dans les gymnases ou le nombre de coureurs effrénés le long des quais parisiens à l'heure du déjeuner. C'est en quelque sorte la dernière ligne droite dans cette tentative désespérée d'atténuer d'autres courbes : celles des rondeurs de nos corps. Il faut bien le reconnaître, c'est d'abord le souci esthétique qui motive ces efforts à l'orée de la saison où les corps se dévoilent. Dans la presse, on appelle ça un « marronnier », un sujet récurrent plutôt associé à la rubrique mode (« comment accommoder nos corps avec la nouvelle collection de maillots de bains »), alors qu'il s'agit aussi d'une question de santé publique. Car l'obésité multiplie par deux le risque de cancer. Le surpoids est également la cause d'une grande part des maladies cardio-vasculaires, de l'infertilité, de l'hypertension, du diabète... « Il y a au total dix-huit comorbidités liées au surpoids et à l'obésité », précise le Dr. Suva Loap, spécialiste de l'anti-vieillissement, qui a inventé la méthode d'amincissement par cryothérapie Cryolean. L'obésité tue, notamment les patients exposés aux maladies virales respiratoires (dont le Sars-CoV-2). Elle est d'ailleurs elle-même considérée comme une « maladie chronique » par l'OMS depuis le début des années 2000, et même comme « une pandémie à transmission sociale » qui frappe une grande partie de la planète, depuis la Chine jusqu'aux États-Unis, en passant par l'Europe, 50 % des Français sont ainsi en surpoids ou obèses.
Pourquoi les pays occidentaux ne parviennent-ils pas à maîtriser cette « pandémie à bas bruit » ? La première raison est évidemment d'ordre économique et social, dans des sociétés de consommation où la qualité alimentaire n'est pas toujours disponible ou accessible, malgré l'abondance. C'est en d'autres termes le problème de la « malbouffe ».
L'autre versant concerne les réponses thérapeutiques, que ce soit pour des raisons d'esthétique ou de santé. Pour supprimer l'excès de tissus adipeux (toutefois nécessaires pour stocker des calories), la médecine nutritionnelle et la médecine du sport restent limitées. Ce qui justifie en partie le recours à la chirurgie pour supprimer la graisse superflue. Des interventions chirurgicales qui ne sont pas non plus totalement satisfaisantes : « Le problème, c'est que cela implique un changement comportemental radical, des déficiences vitaminiques, et un excès de peau résiduel nécessitant de multiples opérations après la perte de poids », explique le Dr Suva Loap. Et ce genre de solution n'offre pas de garantie à long terme.

Des cellules de graisses qui stimulent... la perte de poids


C'est une innovation technique qui vient aujourd'hui révolutionner ce champ médical. Grâce au scanners PET/CT, permettant de différencier les cellules graisseuses, les chercheurs ont ainsi détecté des cellules dites de « graisse brune » qui n'avaient été jusqu'ici observées que chez le nourrisson, particulièrement autour des artères, où elles font office de « bois de chauffage » pour maintenir le corps à température. « Jamais ces cellules n'avaient en effet été détectées chez l'adulte », confirme le Dr. Suva Loap. Et pour cause : après la petite enfance, ces cellules restent dans le corps, mais uniquement pour stocker l'énergie, comme l'ensemble des cellules graisseuses. Ce n'est que lorsqu'elles sont soumises à de basses températures qu'elles changent de fonction pour brûler les calories stockées, et contribuent ainsi à faire ainsi fondre les graisses. « La grande découverte, c'est ce changement de fonction des cellules », résume Suva Loap : « C'est un peu comme si, en période de crise, les banquiers se transformaient en chauffagistes ! » Dans sa clinique de cryogénie parisienne, le médecin a mis à profit cette découverte pour affiner les appareils qui ciblent ces cellules brunes - résultats confirmés par absorptiométrie biphotonique* - et les stimulent par le froid pour en faire ces « chauffagistes » : « On peut se concentrer sur des zones précises comme la « culotte de cheval » ou la « poignée d'amour » pour activer ces cellules, sans les détruire évidemment, afin d'augmenter ainsi les dépenses énergétiques de façon très homogène, pour un résultat qui soit parfaitement esthétique ». Le Dr. Suva Loap assure que cette méthode permet de perdre des dizaines de kilos de masse graisseuse en quelques semaines. Et sans douleur : « Ce qui est également très intéressant, c'est que, lorsque ces cellules graisseuses changent de fonction, elles continuent d'agir dans ce sens pendant des mois. Lorsque la surcharge de graisse toxique est éliminée, elles fonctionnent ensuite comme une réserve de biocarburant pour les activités simples quotidiennes, ce qui garantit le succès de la perte de poids sur le long terme ».
Le Dr Suva Loap a aujourd'hui pour ambition de développer cette technique brevetée auprès de centres partenaires, et d'en faire une solution à grande échelle pour lutter contre le surpoids et l'obésité. Au-delà de l'été.

*L’absorptiométrie biphotonique à rayons X (Dual x-ray absorptiometry, DEXA) est une méthode de référence pour l’étude de la composition corporelle (masse grasse, masse maigre et contenu minéral osseux) à partir d'un faisceau de rayons X à deux niveaux d’énergie.

16/06/2021 - Toute reproduction interdite


Suivi de la répartition de la masse grasse et de la masse maigre dans le corps
© clinic cryoesthetic/DR
De Francis Mateo