Il ne se passe plus un jour sans un nouveau et grave fait divers qui émaille l’actualité. Marseille, Colombes, Montrouge… La plupart du temps, il s’agit de multirécidivistes en liberté ou de personnes en situation irrégulière sur le territoire. Combien de temps les Français vont-ils encore accepter ce laxisme révoltant ?

La chronique politique de Roland Lombardi

Le 22 octobre dernier, à Colombes, un homme armé de couteaux et criant « Allahou akbar » a menacé des policiers, qui l'ont abattu. L’assaillant de 31 ans n’était pas identifié comme radicalisé mais était connu de la police pour des infractions routières, douanières et de stupéfiants.

Deux jours avant, le mercredi 20 octobre, une course-poursuite s’est engagée dans le 15e arrondissement de Marseille et s'est soldée par des coups de feu. La voiture du fuyard a été accidentée et le chauffeur du véhicule ainsi que sept policiers ont été blessés.

Le coupable avait été déjà interpellé la semaine précédente pour des faits similaires et il avait été remis en liberté !

Ce même 20 octobre, un homme s’est rendu à l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII). Détenteur d’une attestation de demande d’asile, sa requête a été refusée. Il est donc revenu armé de deux couteaux devant les locaux de l’OFII, avant de menacer un agent de sécurité. Les policiers arrivés sur place l’ont neutralisé avec leurs Taser car l’individu refusait d’obtempérer.

Ce Bangladais interpellé a été jugé en comparution immédiate deux jours plus tard pour « menaces de mort avec arme, sur personne dépositaire de l’autorité publique » et « port d’arme prohibé ». Il a été relaxé pour les faits de menaces de mort, mais il a été en revanche reconnu coupable d’usage illicite de stupéfiants et de port d'armes prohibé de catégorie D. Le tribunal de Nanterre l’a finalement condamné à une peine de 3 mois de prison… avec sursis !

Nul besoin de revenir sur les rodéos urbains qui se multiplient en toute impunité puisque la police a l’ordre formel de ne pas intervenir afin d’éviter un éventuel « accident collatéral » qui pourrait provoquer des émeutes !

Bruno Lethuillier, le maire du Faulq, vient d’en subir les frais : il a été violemment frappé d'un coup de matraque par un délinquant alors que l’édile voulait faire cesser un de ces rodéos urbains dans sa localité…

Ce lundi, c’est à Lyon que trois policiers de la BAC en opération de surveillance ont été pris pour cibles par des tirs sur un point de deal, ce qui nous rappelle amèrement le drame d’Éric Masson.

Que fait le gouvernement ?

Nous avions déjà maintes fois évoqué dans ces colonnes la déliquescence de l’État et de la Justice.

Pour l’heure, devant cette violence et cette délinquance en pleine explosion, la stratégie gouvernementale semble n’avoir pas bougé d’un iota : conférence de presse, coups de com’ et d'éclats stériles du ministre Darmanin avec toujours le sempiternel « pas de vague ».

Il faut tenir sans incident majeur et surtout sans émeutes généralisées comme en 2005, jusqu’à l’élection présidentielle de 2022. De manière machiavélique et cynique, en jouant avec la sécurité des policiers et des Français, cette situation fait monter les « extrêmes », totalisant près de 35% des intentions de vote dans les derniers sondages. Toutefois, une possible victoire au second tour en avril prochain de l’actuel locataire de l’Élysée n’est pas à exclure.

Or, les Français en ont ras le bol. Ils ne sont plus dupes comme les 24% d’électeurs qui s’apprêtent à choisir une nouvelle fois Macron malgré son bilan sur la sécurité – comme ailleurs – déplorable.

Les délinquants ne craignent plus rien ni personne. D’autant que ce sont toujours les seuls honnêtes gens et non les criminels qui subissent la sévérité gouvernementale, avec notamment la prolongation d’un ubuesque pass sanitaire, voté - il faut le noter- par une Assemblée nationale à moitié vide !

Pas étonnant que la colère n’en finisse pas de monter et que le rejet des politiciens professionnels continue de s’amplifier…

Le thème de la sécurité est la deuxième préoccupation des Français, et il comptera dans leur vote pour 2022. Certes, une Marine Le Pen isolée au second tour est toujours la garantie d’une réélection d’Emmanuel Macron. Mais six mois, c’est long ; et il peut se passer beaucoup de chose jusque-là. Surtout que la stratégie macronienne, bien huilée jusqu’ici, n’avait pas prévu le « phénomène Zemmour » qui bouleverse tous les codes et les lignes. Au train où vont les choses, avec une situation sécuritaire se dégradant à vue d’œil et surtout une hypothétique candidature du polémiste - qui sera juste un feu de paille ou au contraire une lame de fond -, des rebondissements dans l’opinion et des surprises sont à prévoir…

Roland Lombardi est historien, consultant en géopolitique et spécialiste du Moyen-Orient. Il est analyste et éditorialiste pour Fild. Il est l'auteur de plusieurs articles spécialisés. Ses derniers ouvrages sont Les trente honteuses, ou la fin de l'influence française dans le monde arabe et musulman (VA Editions, 2019) et Poutine d'Arabie, comment la Russie est devenue incontournable en Méditerranée et au Moyen-Orient (VA Editions, 2020).

@rlombardi2014

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26/10/2021 - Toute reproduction interdite


Emmanuel Macron, Gérald Darmanin et Eric Dupond-Moretti rencontrent des policiers lors d'une visite d'un commissariat à Marseille, en France, le 1er septembre 2021.
© Ludovic Marin/Pool via Reuters
De Roland Lombardi