La crise en Ukraine semble éclipser les autres foyers de tensions dans le monde, et notamment au Moyen Orient, où les crispations restent vives. Mais contrairement à de nombreuses idées reçues, le conflit israelo-palestinien n'est plus le problème numéro un dans cette région du monde en perpétuelle reconstitution géopolitique. Les oppositions les plus conflictuelles concernent désormais les clivages Arabes / Perses, Chiites / Sunnites, ou encore régimes nationalistes contre régimes islamistes. Avec toujours, en toile de fond, le risque d'une résurgence des « printemps arabes », précise le géopolitologue Alexandre Del Valle, co-auteur - avec Jacques Soppelsa - de l'essai « La mondialisation dangereuse : vers le déclassement de l'Occident, » ( éd. L'Artilleur, 2021).

Dans ce contexte, l'Iran apparaît toujours comme une menace pour la paix à cause de son pouvoir de nuisance pour tenter de faire lever les sanctions qui pèsent encore contre le régime, 43 ans après l'avènement de la révolution islamique. Mais face à la coalition entre Israël et huit pays arabes (autrefois ennemis de l'État hébreu), les marges de manœuvre de l'Iran restent limitées, et la politique du pire est peu probable.

La situation est beaucoup plus incertaine au Yémen, qui s'enfonce dans le chaos chaque jour davantage, et en Syrie, où la loi César imposée par les États-Unis (qui interdisent tout échange économique avec le gouvernement de de Bachar Al-Assad) empêche la reconstruction du pays... et menace de raviver la flamme islamiste. Si l'on ajoute la crise économique au Liban, la fragilité démographique en Jordanie, et le rôle ambigu de la Turquie vis-à-vis de ses voisins, le danger de déstabilisation de la zone apparaît préoccupant.

D'où la nécessité d'un décryptage des relations diplomatiques pour bien comprendre les enjeux et les risques sur la carte toujours sensible du Moyen-Orient.

 

Francis Mateo/Alixan Lavorel/Fild
De Alixan Lavorel