Pour Bertrand Soubelet, général de la Gendarmerie Nationale (2S) et vice-président du parti Objectif France, la question des migrants mineurs doit être traitée sans tabou. Un certain nombre d’entre eux utilisent  en effet les failles de la loi, ne cherchant pas à partager la communauté de destins de notre nation. Si la France doit demeurer une terre d’accueil, elle ne doit donc plus l’être à n’importe quel prix.

                                                                                                 Tribune.

L’actualité devrait donner à réfléchir à ceux qui conduisent les affaires de la France.

Il est étonnant de constater que seule la majorité des Français tire des conclusions de bon sens à l’issue des évènements qui frappent notre pays.

Mais qui prendrait le risque d'exprimer à haute voix ces conclusions ?

A peu près personne, de peur d’être traité de populiste ou même de « facho » dans un pays où la pseudo-élite préfère la bien-pensance au bon sens et au bien commun.

Les deux derniers assassinats à Conflans-Sainte-Honorine et Nice qui ont révolté les Français et soulèvent encore à juste titre des réactions vives et la tentative d’assassinat sur les journalistes par ce jeune Pakistanais, soi-disant « mineur » - mais âgé de 25 ans - devant les anciens locaux de Charlie Hebdo doivent provoquer sans tarder la modification substantielle de la législation applicable aux migrants et tout particulièrement pour les mineurs non accompagnés.

La réalité est que le nombre de ces mineurs isolés a été multiplié par 10 en six ans pour atteindre en 2020 près de 50 000 personnes.

La part des mineurs étrangers augmente de manière exponentielle dans les départements et plus des trois quarts d’entre eux ne sont en réalité pas mineurs.

Pourquoi se déclarent ils mineurs ?

Parce qu’ils connaissent les failles de la loi et les pratiques de notre pays. En effet, les mineurs étrangers sont traités à l'identique des mineurs français et bénéficient des dispositions de la protection de l’enfance.

C'est une aubaine inespérée pour ces étrangers.

L’examen médical qui doit établir la minorité n'est pas toujours pratiqué car il peut être refusé par le "mineur" qui bénéficie d’une allocation financière journalière puis d’un placement par les services départementaux.

Pour lutter contre cette fraude et une exploitation des règles en vigueur, un fichier biométrique a été mis en place malgré la mobilisation de 19 associations devant le Conseil d'État. En juin 2019 il a été déclaré conforme par le Conseil Constitutionnel.

Mais, en plus de Paris, quinze départements refusent d'y recourir dont la Gironde, le Tarn, les Alpes-de-Haute-Provence et la Seine-Saint-Denis.

Ces départements préfèrent fermer les yeux sur des dérives avérées, laisser de jeunes délinquants profiter du système. Je dis "délinquants" pour une seule raison : lorsque le premier acte que l'on pose dans un pays d'accueil est une entrée illégale suivie d'une usurpation sur l'âge généralement accompagnée d'une fausse identité, il s'agit d'infractions à la loi.

Cette faiblesse, cette négligence, cette irresponsabilité de certains élus départementaux au nom de principes humanistes dévoyés sont inadmissibles car elles aggravent le sentiment d'impunité et scandalisent la majorité des Français. En outre elles pèsent lourdement sur les impôts payés par les contribuables.

Une "armée" potentielle pour la cause islamiste

Le coût de ce laxisme est d’abord financier puisqu'il avoisinera, État et départements confondus pour 2020, près de 3 milliards d'euros. Mais il est aussi social dans le sens où il fait douter, à juste titre, les Français de notre modèle et de la pertinence du sens de l’accueil.

Accueillir des étrangers, mineurs ou pas, qui souhaitent partager notre destin avec l’envie sincère de contribuer à notre société et de partager nos valeurs ne pose aucun problème de fond.

Tolérer sur notre territoire des étrangers dont le premier acte est d’enfreindre nos lois et de tricher pour profiter de notre modèle de solidarité est inacceptable. Ils ne méritent pas de partager notre destin tant il y a de jeunes étrangers qui par leur énergie et leur désir d'être Français montrent la voie.

L'accueil des migrants, mineurs ou pas n'est pas une question de couleur de peau ou de pays d'origine, c'est d'abord une envie sincère de devenir Français, de respecter les lois de notre pays et de contribuer loyalement au destin collectif par la voie de l'assimilation.

Dire cela est un devoir, pas une honte.

Enfin le coût potentiel le plus important est celui de la sécurité car des jeunes entre 17 et 25 ans potentiellement influencés par des théories islamistes qui n'ont rien à perdre et qui veulent donner un sens à leur vie sont capables de tout. Nous ne pouvons pas accepter d'avoir sur notre territoire plusieurs dizaines de milliers de jeunes totalement libres de leurs mouvements, dont on ne sait quasiment rien.

Ils sont une ressource considérable d'actions terroristes sur tout le territoire.

C'est une "armée" potentielle pour la cause islamiste qui sait galvaniser les jeunes désœuvrés en recherche d'absolu ou d'héroïsme suicidaire.

Nous ne pouvons pas prendre le risque de laisser prospérer cette situation et la question ne relève pas de l'aide sociale à l'enfance mais de la sécurité intérieure.

Notre naïveté est surprenante car le rôle de l'État est avant tout d'analyser, d'anticiper et d'agir.

Or l'État s'est défaussé sur les départements pour traiter cette question qui relève du régalien. Cette situation est inacceptable et des mesures de contrôle rigoureuses des mineurs non accompagnés avec des structures d'accueil dédiées doivent être mises en place sans tarder par le Gouvernement.

La situation générale est en réalité depuis trop longtemps hors de contrôle et sans la maîtrise de nos frontières, la simplification de nos procédures de reconduite hors du territoire et la pression diplomatique sur les pays d'origine, nous ne pourrons pas régler la question migratoire dont celle des mineurs.

Le laxisme des responsables politiques sur cette question est historique, mais la situation de notre pays est critique et nécessite à la fois méthode et détermination.

Elle requiert également des qualités de chefs qui inspirent la confiance. C'est le drame de la France depuis la fin des années 60 qui n'en a plus connus. Or aujourd'hui comme hier, il s'agit de la protection des Français et de notre avenir.

Une vraie politique courageuse et efficace n'arrivera que par la voix des urnes.

Car nous le voyons bien, l'abstention favorise le laxisme et la médiocrité.

30/10/2020 - Toute reproduction interdite.


Des mineurs migrants font la queue pour prendre un bus avant leur transfert par les autorités françaises vers les centres d'accueil à travers le pays le 2 novembre 2016
Pascal Rossignol/Reuters
De GlobalGeoNews GGN