Le 12 juin, des associations, des syndicats, des partis et des médias ont manifesté contre « les idées et les violences d’extrême droite ».   Quel était le but de cette marche des libertés ?

La chronique de Guillaume Bigot.

En France, la violence d’extrême-droite n’est pas inexistante : Clément Méric est mort dans une bagarre, un retraité a blessé 2 personnes en tirant contre une mosquée et un attentat islamophobe a été déjoué. Mais cette violence est sans commune mesure avec celle de l’islamisme qui a tué 300 personnes.

Les idées d’extrême-droite sont-elles à l’origine de cette violence résiduelle ?

Si s’inquiéter de la multiplication des émeutes ou des agressions gratuites, comme le fait chaque jour la presse régionale, revient à diffuser des idées d’extrême-droite, alors cette presse est-elle d’extrême-droite sans le savoir ? À moins que la réalité soit elle-même devenue d’extrême droite.

Quant au RN et ses millions d’électeurs, peut-on, raisonnablement, les considérer comme d’extrême droite ?

Marine Le Pen a expulsé son père et a rompu avec l’héritage du Front national. Elle éjecte systématiquement de son parti les brebis galeuses violentes, racistes, antisémites et anti-républicaines.

Et comme cette marche des libertés visait principalement le Rassemblement National, nous sommes donc confrontés à plusieurs paradoxes.

Premier paradoxe : plus le populisme de droite s’éloigne de l’extrême-droite en devenant anti-raciste, philosémite et gaulliste, et plus il est diabolisé comme étant d’extrême-droite. Ensuite, cette marche protestait contre la diffusion de certaines idées… Au nom des libertés. Or, si les idées du RN sont contestables, appeler à les censurer au nom de la défense des libertés constitue un deuxième paradoxe. Troisième paradoxe, plus la République est agressée par les Blacks blocs, les antifas et les islamistes et plus cette gauche se mobilise pour la défendre…contre l’extrême-droite !

Mais alors quel était le but cette marche des libertés ?

Cette mobilisation anachronique a servi deux objectifs. Le premier : recoller les morceaux d’une gauche éclatée façon puzzle. D’ailleurs, le patron des communistes a préféré marcher de son côté à Lille, tandis que Yannick Jadot était à Berlin. Plus rien ne rassemble cette gauche, pas même cet antifascisme de kermesse qui lui sert de cache misère programmatique. Avec moins de 10 000 participants à Paris, cette gauche est garantie 100% sans un peuple de gauche qui n’est manifestement plus envie d’être roulé dans la farine.

Le deuxième objectif est de coller les paupières d’une certaine gauche qui verse dans l’islamo-vichysme. La soumission des femmes, la haine des juifs, des chrétiens, des homosexuels, la défense de l’esclavage et l’écrasement de l’esprit critique sont communes au fascisme et à l’islamisme.

D’ailleurs, en se mobilisant pour défendre les libertés, on aurait pu croire que cette gauche avait enfin compris que l’extrême droite avait un nouveau visage.

Malheureusement, les manifestants n’ont fait que répondre à un mot d’ordre anachronique : le no pasaran des Républicains espagnols, mobilisés contre le fascisme dans les années 30.

Les manifestants se sont prêtés à une sorte de reconstitution historique comme au Puy du Fou, avec des bobos jouant aux Brigades internationales. Marx nous avait prévenu : L’histoire se répète toujours deux fois. La première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce. Nous y sommes.

15/06/2021 - Toute reproduction interdite




Un membre de la gauche politique lève le poing en tenant une banderole en hommage à Clément Méric à la fontaine Saint-Michel à Paris
©Charles Platiau/Reuters
De Guillaume Bigot