Etonnante marche contre l'islamophobie à Paris. Une procession identitaire qui veut inscrire une partie de la communauté musulmane de France dans un sectarisme et un communautarisme qui menace la cohésion sociale. Analyse de Maya Khadra

On les a vus dans les rues de Paris et sur les chaines infos. Une foule bigarrée rassemblant une partie de la mosaïque musulmane en France, composée du CCIF et de certains élus qui, soucieux des urnes, bradent les valeurs de la république pour s'ériger en thuriféraires du discours victimaire que les islamistes veulent répandre en France. Des femmes voilées brandissaient leurs cartes d'identité, des jeunes filles portaient des brassards avec l'étoile juive et le croissant musulman pour faire passer un message aux contours surréels et indécents : « Les musulmans d'aujourd'hui sont les juifs d'hier ».

Les gourous de cette mobilisation, qui a rassemblé 13 000 personnes, étaient la sénatrice Esther Benbassa, l'humoriste très polémique Yassin Belattar, Jean-Luc Mélenchon accompagnés d'autres serfs de la cause communautariste musulmane qui ont troqué « Je suis Charlie » contre la défense aveugle du voile de la discorde. Quelque pacifique que ce cortège se déclarât, il a créé un malaise dans la société française, des effusions de débats télévisés, de tweets, des remous et des couteaux remués dans une plaie française qui ne cesse de saigner.

Le directeur du CCIF dans un appel à contrer « l'image négative que donneraient les médias de l'appel Allah Akbar », a scandé ce cri, qui se voulait celui du ralliement.

Or, est-il si naïf pour ignorer qu'un musulman entonne Allah Akbar uniquement lors de l'appel à la prière, ou pour célébrer une victoire ? Que c'est ce que font, aussi, les islamistes après un acte terroriste ? Les instigateurs de cette mobilisation antirépublicaine - qui ignorent que la loi protège tous les Français sans distinction - ont-ils atteint un tel degré de crédulité pour être dans un déni aussi tenace ? Il serait tout aussi dangereux et irresponsable d'admettre que ce dont on a témoigné dans cette marche part d'une bonne intention. L'éloge du vivre-ensemble n'est qu'un miroir aux alouettes, sournois et hypocrite, dont on se sert pour mieux diviser. Les islamistes maîtrisent l'art de la communication, que ça soit les terroristes de l'EI à coups de salves de vidéos et de messages sur les réseaux sociaux, ou les crypto-terroristes qui optent pour une forme d'expression « pacifique ». Cependant, l'envers de la toile est vermoulu et suscite toutes les appréhensions. Les démagogues du discours victimaire auront peaufiné toutes les étapes de leur stratégie insidieuse. Ne pouvant plus jouer la carte du « pas d'amalgame », les propagandistes de l'islam sectaire enclenchent une nouvelle stratégie : celle de la Soft Power.

Soft Power : le hardcore de la stratégie des Frères musulmans

Le concept du Soft Power a été créé par Joseph Nye, professeur américain en Relations Internationales, en 1990. Il repose essentiellement sur le pouvoir de persuasion qui ramènerait les autres à penser de la même façon ou à changer de comportement, de manière tacite et en douceur. Cette stratégie aux traits lisses et spécieux est fourbe. Ses piliers sont l'inversion du sens, la profanation des symboles et la divulgation d'une image faussement positive qui a tout d'un chant des sirènes, plutôt que d'une alerte contre un danger rampant. Le recours à l'étoile juive est un message subliminal qui suggèrerait que la France se nazifie. Les « Allah Akbar » scandés sont une banalisation de ce cri dont les échos résonnent toujours avec effroi dans le cœur des Français et chez les familles sinistrées par le terrorisme.

La Marseillaise chantée en chœur à la fin de la marche est un leurre qui tenterait de faire passer les ségrégationnistes modernes pour des citoyens inoffensifs. Cette stratégie du soft power est étroitement inspirée par le modus agendi des Frères Musulmans. Ces derniers plaident pour une lutte non violente pour mieux conquérir. Yassin Belattar est le chef d'orchestre de cette cacophonie assourdissante. En affirmant que les musulmans de France aiment plus la France que la France ne les aime, il verse dans la falsification du réel. Plus de 300 victimes du terrorisme islamiste, dont des musulmans, sont tombés en France. 300 victimes tuées par l'islamisme intégriste qui rejette l'idée même de la France. Rien n'était fortuit dans cette marche jusqu'au moindre détail.

Les drapeaux palestiniens avaient d'ailleurs une connotation revendicatrice. C'est la cause et la revanche qui cristallisent les aspirations des islamistes. C'est l'étendard qui résume l'antisémitisme des Frères Musulmans, très liés dans les années 30 au parti nazi. Toute idéologie islamiste inspirée par le projet de Hassan el Banna se cramponne à la Palestine : le tonneau des danaïdes des revendications islamistes intarissables. Des Mollahs d'Iran, aux factions fréristes partout dans le monde : la Palestine est la feuille de vigne qui cache subrepticement l'hostilité contre l'occident et ses valeurs par le biais de la défense du peuple palestinien.

Provocation, victimisation et médiatisation sont les mamelles qui nourrissent cette stratégie. Le bourreau se lave les mains de ses crimes et passe pour un bouc-émissaire inoffensif et opprimé, dans une farce trompeuse pour élargir son cercle d'influence. L'antidote à cette stratégie se trouve dans les lois républicaines, dans l'enracinement, dans les valeurs françaises universelles qui font fi des discours secondaires qui s'évertuent à être légion. Face au « Allah Akbar » détourné de son sens et scandé à mauvais escient en dehors des lieux de culte, l'intemporel appel : 'No Pasaràn !'

11/11/2019 - Toute reproduction interdite


Une manifestante tient une banderole de lors d'une manifestation à Paris ( Photo d'archives )
Philippe Wojazer / Reuters
De Maya Khadra