Analyses | 22 septembre 2020

Maires écolos: quelle image donnent-ils de la France?

De Roland Lombardi
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Au-delà des déclarations et surtout d’actes politiques délirants et quotidiens des nouveaux élus municipaux EELV, et ce, au mépris du bon sens et des traditions populaires, il est important d’analyser l’image qu’ils donnent de la France à l’étranger...

                                                                                                  Par Roland Lombardi

 

On l’oublie souvent, mais l’actualité nationale et la politique intérieure de la France sont l’objet de toutes les attentions à l’étranger, chez nos alliés, nos partenaires et bien évidemment chez nos ennemis. Plus que jamais, à l’ère numérique et des médias sociaux, la moindre déclaration politique, chaque image voire certains faits divers et même certains détails de notre actualité locale et qui pourraient nous paraître anodins pour nous, Français, sont littéralement scrutés à la loupe.

Nous ne mesurons pas assez à sa juste valeur l’importance et l’impact que peuvent avoir nos affaires domestiques dans la perception que se font les étrangers de notre pays et de nos dirigeants.

Je  n’oublierai jamais la remarque fort intéressante que me fit un jeune étudiant turc lors d’un de mes cours de géopolitique du Moyen-Orient l’année dernière. Elève brillant faisant ses études en France et issu d’une famille de diplomates, il ne cachait pas son nationalisme - sans pour autant être un supporter fanatique d’Erdogan - et m’expliqua alors que le président turc n’avait aucun respect pour Emmanuel Macron. Devant mon demi-étonnement, il précisa que le leader turc avait vu, comme le monde entier, une série de photos du président français qui avaient inondé les réseaux sociaux. De quelles photos s’agissait-il ? La première fut prise en juin 2018 lors de la fête de la musique, où l’on voit le couple Macron, à l’Élysée, entouré d’un groupe de « danseurs » et de « musiciens » se réclamant de la communauté noire LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) et dont le chanteur portait volontairement un T-shirt provocateur « Fils d’immigré, noir et pédé ». La seconde date, elle, d’octobre 2018, est un cliché du président d’une pause dégradante avec des prisonniers aux Antilles qu’il enlace et dont l’un d’entre eux fait un doigt d’honneur à l’objectif !

Certes, ce témoignage isolé vaut ce qu’il vaut. Et même s’il est loin d’expliquer à lui seul les tensions actuelles en Méditerranée orientale entre la Turquie et la France, il peut, en partie mais sûrement, justifier toute l’arrogance et surtout le mépris des déclarations d’Erdogan envers la France et surtout son Président...

De même, nous pouvons aisément imaginer l’effet qu’auront eu ses images chez des hommes d’Etat comme Trump ou Poutine. N’évoquons même pas les chefs d’al-Qaïda ou de Daesh !

Comme je l’ai maintes fois évoqué dans mes écrits et mes conférences, dans les relations internationales tout n’est pas qu’une question de leçons de morale ou de calculs commerciaux à courte vue. C’est souvent et surtout une affaire de psychologie, de message et d’image ! Et, ne l’oublions jamais, l’image d’un pays est avant tout incarnée par celle de ses chefs !

Les Verts... « de drôles de chefs » !

J’ai également expliqué, à plusieurs reprises, que les demi-mesures gouvernementales concernant le terrorisme islamiste, notamment avec l’affaire des rapatriements des jihadistes français, l’angélisme et l’inconscience de nos responsables face à la crise migratoire, leur aveuglement devant les manœuvres des Frères musulmans sur notre territoire ou encore, le laxisme judiciaire et politique à propos de l’explosion de la violence en France... étaient très mal perçus par les populations comme par les dirigeants du Sud de la Méditerranée. Comme pour nos ennemis, ce ne sont que des signes de faiblesse.

L’élection en juin dernier de maires écolos à Bordeaux, Lyon, Grenoble, Strasbourg, Marseille... ne fut qu’un signal négatif et supplémentaire envers ceux qui pensent que notre déclin est inéluctable. Alors que la France est frappée par plusieurs crises : sanitaire, socio-économique et surtout sécuritaire, la priorité de ces nouveaux édiles, hors-sol et dogmatiques, fut ailleurs. Au mépris du bon sens et des traditions populaires, ils se sont attaqués à la police française comparée à celle qui a opéré la rafle du Vel d’Hiv., au Tour de France, « manifestation machiste et polluante », regardée par « des chômeurs affalés sur leurs canapés et où n’y participent que des coureurs dopés », à la statue équestre de Napoléon à Rouen qui devrait être remplacée par une figure féminine et enfin, à la Patrouille de France dont le survol fut interdit à Lyon...

Nous le voyons, nous atteignons ici vraiment les profondeurs du délire idéologique...

Leurs mesures d’urgence, qui ont la prétention absurde de « sauver la planète », furent également l’installation de panneaux de signalisation en écriture inclusive, la suppression des arbres de Noël et l’instauration de cours d’écoles et toilettes "dégenrés" !

A Marseille, alors que la ville s’apprête à connaître un nouveau reconfinement imposé par Paris, la maire écolo voulait transformer la cité phocéenne en port d’accueil des migrants !

A Lyon, le maire EELV refusa, au nom des principes de la laïcité, d’assister à la cérémonie multi-séculaire du Vœu des échevins dans la basilique de Fourvière mais s’empressa, le lendemain, de poser solennellement la première pierre de la nouvelle mosquée de Gerland !

C’est d’ailleurs ce dernier évènement qui me valut la remarque ironique et narquoise d’un ami diplomate d’un pays arabe : « Eh bien, ce sont de drôles de chefs que vous vous êtes choisis là ! ».

Peu au fait des subtilités de notre démocratie et de l’imperfection de notre système électoral, je lui expliquai alors que la victoire électorale de ces Verts n’était qu’un malentendu. En effet, les bobo-écolos ne sont qu’une minorité et ils ne représentent, dans le corps électoral réel, et dans le meilleur des cas, que 10 à 15 % maximum des inscrits. La crise sanitaire aidant, les électeurs de droite majoritaires, divisés et désabusés, ne se mobilisent plus. Les candidats verts-rouges, souvent illuminés, totalement déconnectés des réalités et coupés socialement de la majorité de leurs concitoyens, ont, principalement dans les grands centres urbains, profité d’une abstention record (frôlant les 70 % dans certaines villes !)  lors des dernières Municipales.

Quoi qu’il en soit le mal est fait. En attendant, il y a aujourd’hui une convergence de luttes flagrante entre islamistes, indigénistes, communautaristes et leurs « idiots utiles » que sont les gauchistes et les Verts. Ensemble, ils veulent rééduquer tout un peuple et surtout, œuvrent de concert pour saper tous les fondements et toutes les valeurs qui font la cohésion et la survie même d’une nation.

N’oublions jamais que nos ennemis, intérieurs comme extérieurs, méprisent plus que tout ceux qui se renient, s’auto-flagellent et qui ne respectent même plus leurs propres valeurs.

Ne perdons pas de vue également que l’image que nous projetons est essentielle. Si c’est une image de faiblesse, nous récolterons alors toujours plus de violence.

Or, en définitive, avec de tels responsables politiques, nous n’avons même plus besoin d’ennemis.

 

Roland Lombardi est historien, consultant en géopolitique et spécialiste du Moyen-Orient. Il est analyste et éditorialiste pour GlobalGeoNews. Il est l'auteur de plusieurs articles spécialisés. Ses derniers ouvrages sont Les trente honteuses, ou la fin de l'influence française dans le monde arabe et musulman (VA Editions, 2019) et Poutine d'Arabie, comment la Russie est devenue incontournable en Méditerranée et au Moyen-Orient (VA Editions, 2020).

@rlombardi2014

23/09/2020 - Toute reproduction interdite


A city view shows the French flag above the skyline of the French capital as the Eiffel Tower and roof tops are seen in Paris, France, March 30, 2016.
Benoit Tessier/Reuters
De Roland Lombardi

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