Les nouveaux élus municipaux EELV ne reculent devant aucune extravagance pour imposer leurs croyances. À Bordeaux comme à Lyon, ils semblent vouloir « rééduquer » leurs concitoyens au mépris du bon sens et des traditions populaires, apparaissant de fait comme des fanatiques imbéciles.

                                                                                      La chronique de Guillaume Bigot

Le maire de Bordeaux, Pierre Hurmic, s’est opposé à la présence d’un sapin de Noël dans sa ville, car il s’agissait d’un arbre mort et que cela s’opposait à sa charte des droits de l’arbre.

On peut difficilement donner tort à Isabelle Saporta, elle-même écolo et compagne d’Éric Jadot qui a conseillé aux élus verts d’arrêter de débiter une connerie par jour.

Chaque année, les profs se délectent des perles qu’ils dénichent lors des épreuves du BAC. En mettant côte à côte les récentes perles des nouveaux édiles EELV, on peut faire un collier.

Le nouveau maire EELV de Lyon n’a pas ménagé sa peine pour intégrer ce bêtisier de la nouvelle classe verte.

Grégory Doucet a salué le passage du tour de France dans sa cité en déclarant : « Le tour n’est pas écoresponsable et continue à véhiculer une image machiste du sport. »

Pour lui, tant qu’il n’y aura pas de tour féminin et que l’on y distribuera des goodies, la grande boucle ne passera plus par Lyon.

Au début de l’été, il avait déjà interdit à la patrouille de France de survoler le ciel de sa ville pour protéger ses administrés du Covid.

S’affranchissant du principe de non contradiction, le même Doucet, au nom de la laïcité, a refusé de participer aux vœux des Échevins à la Basilique de Fourvière alors que la même semaine, il posait la première pierre de la mosquée de Gerland.

Brillant sujet que ce nouveau maire de Lyon. Mais la palme du fanatisme vert lui est disputée par Patrick Chaimovitch, maire EELV de Colombes qui a comparé « Les gendarmes français qui traquent les migrants » à ceux qui procédèrent à la rafle du Vel’ d’Hiv’.

Le plafond de verre de la bêtise verte a toutefois été brisé par Éric Piolle, maire EELV de Grenoble en disant : « La 5G, c’est pour regarder du porno sur votre téléphone, même quand vous êtes dans l’ascenseur. »

Dans ce concours Lépine du délire écolo, Alice Coffin, nouvelle conseillère municipale de Paris fait honneur aux dames : « Ne pas avoir de mari, a-t-elle dit, ça m’expose plutôt à ne pas être violée, ne pas être tuée, ne pas être tabassée

Depuis Audiard, on sait que « les cons ça ose tout ». L’histoire est pleine de fanatismes et de folies. Un tribunal de la sainte inquisition avait jugé un porc pour sorcellerie. Staline voulait ériger un mur pour arrêter les vents du pôle Nord. Néron avait marié sa femme à son cheval. Avec la chanson consacrée au roi Dagobert qui avait mis sa culotte à l’envers, la culture populaire garde une trace mnésique de la folie et de la stupidité qui s’emparent parfois des dirigeants. Rien de nouveau sous le soleil vert, donc.

Les élus municipaux EELV illustrent fort bien cette gorafisation du monde où les personnalités, de Trump à Doucet, s’ingénient à se montrer plus outrancières que leurs caricatures.

Cette radicalité loufoque peut choquer ou faire rire. Mais on doit en tirer une leçon. « Si vous ne vous intéressez pas à la politique, la politique s’intéressera à vous », disait Trotsky. C’est surtout vrai en démocratie. Ne pas aller voter, c’est risquer de faire élire des extrémistes par une minorité. En l’occurrence par 16 % des 42 % de participants au second tour des municipales.

Aussi délirant qu’il paraisse, ce bêtisier possède une forme de cohérence dans son délire. Ces déclarations toutes plus absurdes les unes que les autres suivent des lignes directrices et révèlent une même obsession.

Protéger la planète est une préoccupation légitime. Mais toute idée - même juste - poussée à l’extrême, devient absurde. L’idéologie rend bête et fou.

Au nom de l’urgence écologique, on veut tout effacer. On veut faire table rase de nos traditions, de nos pratiques les mieux ancrées. Plus de sapin, plus de tour de France, plus de fête nationale, plus de mariage, tout doit disparaître pour éviter la fin du monde.

Il y a une volonté de rééduquer le citoyens, de le couper de son passé. Il faut tout reprendre à zéro, même l’écriture qui doit devenir inclusive.

Ces khmers verts s’attaquent aussi à l’avenir, à l’idée de croissance ou de progrès technologique dont ils ont une vision apocalyptique.

Ces nouveaux maires élus par des Bac + 5 dans des métropoles bourgeoises et bien insérés dans la mondialisation cachent à peine leur mépris de classe.

Zemmour explique à la suite de Jean-Marie Le Pen que les écolos sont des pastèques : verts à l’extérieur et rouges à l’intérieur. Les déclarations des nouveaux élus EELV font plutôt des obsédés du réchauffement des melons d’eau : vert à l’extérieur et vert à l’intérieur.

Doucet, Piolle, Hurmic, Chaimovitz, Coffin sont probablement fiers de provoquer les réactions indignées de ceux qu’ils considèrent comme des ploucs, des beaufs, des ignares inconscients de l’urgence climatique.

Le chômage, le séparatisme, l’ensauvagement, la stagnation des salaires, la baisse du niveau de vie : tout cela ce sont des enjeux pour la France qui roule en diesel et fume des clopes.

Eux ne veulent pas défendre les emplois, mais les espèces.

Eux ne veulent pas enrayer le séparatisme, mais dégenrer les cours de récréation.

Eux ne veulent pas élever les salaires, mais réécrire les documents administratifs en écriture inclusive. Eux ne veulent pas défendre les droits des citoyens agressés mais ceux des arbres.

A la fin du XIXème siècle, l’art choquait le bourgeois. Au XXIème siècle, la politique doit ignorer le populo.

On connaissait le populisme, on découvre la populophobie de nos nouvelles classes dirigeantes.

Guillaume Bigot, essayiste, chroniqueur sur C-News dirige une grande école. Son prochain ouvrage sort en octobre, aux éditions Plon, La Populophobie, pourquoi il faut changer les classes dirigeantes françaises ?

15/09/2020 - Toute reproduction interdite


Le maire de Lyon Grégory Doucet assiste à la cérémonie de la quatorzième étape du Tour de France le 12 septembre 2020.
Christophe Ena / Pool via Reuters
De GlobalGeoNews GGN

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