Une défaite au tennis peut s'expliquer par la supériorité de l'adversaire, ou par les fautes que commet le joueur vaincu. Une défaite aux élections présidentielles aussi.

La chronique de Philippe David

Vendredi 31 décembre 2021, à 20 heures, les Français ont eu droit à une double ration de vœux. Les vœux du Président de la République et les vœux du candidat Emmanuel Macron, tant l’auto-satisfecit du premier pour le second a été patent. Une double ration de vœux assortie de ce que les joueurs de tennis détestent faire : des doubles fautes. En deux jours, le dernier de 2021 et le premier de 2022, Emmanuel Macron a même commis deux fautes qui pourraient lui coûter cher au printemps prochain.

La première a eu lieu le 31 décembre, avec la présence sous l’Arc de Triomphe et sur la Tombe du Soldat Inconnu du seul drapeau européen. Un Soldat Inconnu tombé pour la France, qui repose en ce lieu sacré depuis bientôt 101 ans, et pour qui le drapeau européen ne représente absolument rien. Lors de la commémoration du centenaire de la bataille de Verdun, on avait envoyé de jeunes Français et Allemands, vêtus de couleurs bariolées, sprinter joyeusement au milieu des tombes. Cinq ans plus tard, toujours dans un cimetière, on aura substitué le drapeau pour lequel près de 1,4 million de jeunes Français sont morts par un drapeau qui n’avait rien à y faire. On n’aura décidément rien épargné à nos Poilus depuis 1914…

Enfin, ce drapeau exposé et visible depuis la plus belle avenue du monde avait deux mérites pour le chef de l’exécutif : tout d’abord passer un message subliminal, celui que la formule de François Mitterrand « la France est notre Patrie, l’Europe est notre avenir » était désormais remplacée par « L’Europe est notre Patrie et la France c’est fini » » ; ensuite, passer le message au monde entier que, à partir de demain, Macronum Imperator Europa Est… (Macron est l’Empereur de l’Europe).

Le Chef de l’État est totalement déconnecté du pays

La seconde faute présidentielle a été commise le 1er janvier, quand les Français ont vu dans la promotion de la Légion d'honneur le nom d’Agnès Buzyn. Agnès Buzyn : la Ministre de la Santé qui nous annonçait il y a moins de deux ans, le 24 janvier 2021, que « les risques de cas secondaires autour d'un cas importé et les risques de propagation du coronavirus (étaient) très faibles ». Près de deux ans plus tard - et après trois confinements et nombre de mesures toutes plus liberticides les unes que les autres - les Français ont pu juger les talents de prospectiviste de l’ancienne ministre et nouvelle récipiendaire de la Légion d’Honneur, on serait tenté d’écrire de la breloque rouge.

La même Agnès Buzyn qui a abandonné son ministère en pleine tempête pour aller mener campagne à Paris avec le succès que l’on sait. La même Agnès Buzyn, mise en examen pour « mise en danger de la vie d’autrui » en septembre dernier... Une telle nomination est une véritable provocation qui montre que le Chef de l’État est totalement déconnecté du pays, et fait ce qu’il veut, comme il veut, quand il veut. Au printemps prochain, l'arbitrage du peuple français pourrait bien lui en faire payer le prix fort.

Macron : double faute, changement de côté, balles neuves !

03/01/2022 - Toute reproduction interdite

De Philippe David