Analyses | 16 mai 2020

Loi Avia : Le Haineusement correct

De GlobalGeoNews GGN
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La loi Avia traduit la réaction apeurée d’une classe dirigeante ayant importé de manière incomplète et irréfléchie une mode intellectuelle d’Outre-Atlantique qui a transformé la toile en poudrière communautaire. « On n’a jamais empêché des idées de se répandre en cherchant à les interdire ».

 

                                                                                           L’édito de Guillaume Bigot

Laetitia Avia a gagné : la loi visant à limiter l’expression de la haine en ligne a été enfin adoptée.

À en croire ses collaborateurs et en consultant son compte Twitter, on constate que la député LREM maîtrisait plutôt bien son sujet.

Au-delà des attaques ad hominem essuyées par cette parlementaire, la loi éponyme qui vient d’être votée vise à limiter l’expression de la haine sur Internet et répondait à une préoccupation sérieuse.

Certes, nul ne devrait pouvoir s’abriter derrière l’anonymat d’un écran pour insulter, diffamer et encore moins pousser au suicide son prochain. Il n’en reste pas moins que l’objet même de cette loi, autant que ses mobiles, soulèvent nombre de questions. Tâchons d’en examiner quelques-unes.

La loi Avia n’a de loi que le nom, c’est un machin moralo-administratif

La loi Avia peut être apparentée à une famille de textes législatifs qui, de la loi Pleven en passant par la loi Gayssot, s’efforce de lutter préventivement contre la haine.

La loi Pleven du 1er juillet 1972 institue un délit « de provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence raciale ». On réinscrit dans l’arsenal législatif un terme, la haine, qui renvoie à un état subjectif. Rappelons qu’une règle de droit se doit d’être objective, claire, nette et précise. On retrouvait déjà l’emploi du mot « haine » sous la Seconde République dans un texte visant à interdire la diffusion de la presse métropolitaine dans les colonies. La loi du 7 août 1850 interdisait « la provocation directe ou indirecte du rétablissement de l’esclavage ; l’excitation au mépris et à la haine entre les anciennes classes de la population coloniale. » Ces dispositions comportaient un élément « objectivable » justifiant la limitation de la liberté d’expression par la volonté de prévenir des troubles. Ainsi, la seule qualité législative de la loi de 1850 ou de celle de 1972 est qu’elles cherchent, en filigrane, à protéger l’ordre public. C’est une visée moins nette dans la loi Avia laquelle interdit l’expression en ligne de certaines opinions au motif qu’elles pourraient heurter ou choquer et plus seulement qu’elles seraient de nature à créer un trouble.

La loi Gayssot en date du 13 juillet 1990 cherchait, elle aussi, à manifester une solidarité à l’endroit de certaines victimes plutôt qu’à les protéger. Elle entendait en effet réprimer tout acte raciste, antisémite ou xénophobe. Politiquement, c’est bel et bon mais quelle est la valeur ajoutée de ce texte sur un plan juridique ? La plupart des actes visés étaient déjà délictueux (diffamer, briser une vitre, dégrader des biens privés ou publics par des graffiti, etc.).

Ces lois ne proclament pas de nouveaux droits ou de nouvelles valeurs. Il est, par exemple, impossible de souscrire à la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen, tout en étant raciste ou antisémite.

Avec la loi Gayssot, on inaugurait une série de lois que nous pourrions appeler des lois anachroniques destinées à lutter a posteriori contre l’occupant nazi ou à fustiger, à plus d’un siècle de distance, la colonisation ou l’esclavage.

Ces lois visent à conjurer des périls passés en espérant, éventuellement, prévenir leur retour. Ce sont des lois dite mémorielles.

C’est très clair pour la loi du 29 janvier 2001 qui reconnaît l'existence du génocide arménien de 1915. C’est également le cas pour celle du 21 mai 2001 (dite « loi Taubira ») qui qualifie, dans son article 1, « la traite et l'esclavage » de « crimes contre l'humanité ».

Qu’il s’agisse de la traite, de l’extermination des Arméniens ou des Juifs, ces tragédies doivent être évidemment sacralisées dans les consciences individuelles et collectives, mais la loi ne semble pas du tout le bon véhicule pour y parvenir.

Monstruosité morale et ineptie scientifique, la contestation de la shoah, par exemple, ne devrait pas être prohibée. Interdire la diffusion d’une opinion, même infâme, revient à rétablir un délit d’opinion. C’est aussi un mélange des ordres aurait dit Pascal. La vérité historique doit être laissée aux historiens. Par la politique scolaire, par la tenue de cérémonies et le respect des symboles, une mémoire officielle peut et doit être instituée mais criminaliser sa contestation, c’est une preuve de faiblesse et non de force.

Pourquoi pas une loi contre le cancer ?

La haine est un sentiment trop humain qui n’est jamais glorieux. Nous devrions tous tomber d’accord sur ce point avec ce rabbin de Nazareth qui prêchait : « rien ne souille l’homme que la haine qui sort de son cœur. » Mais c’est à la morale, à la religion et à l’éducation de réfréner cette vile tentation.

Réprimer l’expression de la haine, c’est aussi courir le risque d’aggraver le mal que l’on espère juguler. Espérer lutter contre la haine par le droit est franchement naïf. Et pourquoi pas légiférer contre le cancer ou le mauvais temps ?

Dans une société où la colère, le ressentiment, les préjugés les plus stupides ne pourront plus s’exprimer et les Réseaux sociaux, faisant souvent office de « gueuloir » ou de défouloir, seront muselés, il est fort à craindre que les tensions sociales finissent plutôt par croître que par diminuer.

Chez les sapiens sapiens, comme chez les autres mammifères, cris et gesticulations ne sont pas toujours suivis de violences. Au contraire, ces postures agressives permettent parfois à la frustration de s’exprimer et évitent les coups. Chez les humains qui possèdent le langage articulé, la polémique (étymologiquement la guerre avec les mots) virulente peut empêcher d’en venir aux mains.

Clausewitz disait de la guerre qu’elle était la poursuite de la politique par d’autres moyens. La politique est aussi une sublimation, un évitement de la guerre. La violence verbale sert alors d’exutoire. C’est sans doute pourquoi, de tous les régimes politiques, le démocratique est celui où l’on observe en général le niveau de violence politique le plus bas voire le niveau de violence sociale le plus bas.

Certains discours peuvent, il est vrai, préparer le crime et armer les bourreaux. On songe à la propagande des deux grands totalitarisme du XXe déshumanisant le Juif ou le koulak. Au Rwanda, les extrémistes Hutus préparèrent le génocide des Tutsis en diffusant des messages de haine sur radio Mille collines, les qualifiant de cafards des mois durant. Il suffit d’écouter les islamistes, même ceux qui prêchent sournoisement la non-violence, parler des « koufars » pour comprendre le triste sort qu’ils leur réservent. Néanmoins, la République française n’avait nul besoin de Madame Avia pour prohiber ce type de discours.

Qu’il vise un individu ou un groupe, l’appel au meurtre est puni de prison. Sur cet aspect répressif, la loi de notre mordante marcheuse n’ajoute rien. Sa loi d’ailleurs exprime ce que mon ami Philippe Murray appelait le désir de pénal sans oser le satisfaire car les auteurs ne seront pas sanctionnés. La loi va uniquement enjoindre aux plateformes de retirer sous 24 heures tout contenu comportant une incitation à la haine ou à la violence. Ce texte ne vise pas donc principalement à prohiber le passage à l’acte ou même la diffamation (qui sont des menaces à l’ordre public ou qui porte préjudice à des individus et l’un comme l’autre peuvent être démontrés). Dire « je hais les Chinois » et dire « il faut les tuer », ce n’est pas du tout la même chose.

La loi Avia vise à neutraliser l’expression d’une opinion susceptible de froisser telle ou telle susceptibilité. L’adoption de ce texte va permettre de censurer l’expression de sentiment violemment négatifs contre certaines catégories. Alors d’où vient tant de haine de la haine, d’une haine bête, d’une haine forcément méchante mais pas nécessairement criminelle ou criminogène ? D’où vient ce que certains philosophes ont baptisé le bonisme, cette moralisation mièvre de tous les rapports sociaux ?

La loi Avia, expression de l’impérialisme américain

Ce mélange baroque entre une intention dictée par les Bisounours et des méthodes inspirées par la Stasi provient de l’imitation irréfléchie et incomplète de modes intellectuelles venues d’Outre-Atlantique. En réalité, la loi Avia vise à protéger les vaches sacrées du politiquement-correct nord- américain : soit tout à raison de la prétendue race, de la religion, de la nationalité, du sexe, de l'orientation sexuelle, de l'identité de genre ou du handicap.

Depuis sa fondation, l’Amérique subit le poids d’une pudibonderie étouffante, tout en cultivant une version jusqu’au-boutiste de la liberté d’expression.

Ce paradoxe reflète l’histoire d’une nation fondée par des extrémistes religieux qui revendiquèrent d’abord la liberté comme celle d’exprimer leur intolérance.

Façonné grâce à l’importation des philosophes français de la déconstruction des années 60 et 70 dans les universités de la côte Est, le « politiquement correct » a remplacé la morale traditionnelle WASP. Il exerce un empire aussi contraignant sur la société américaine que le culte de la sobriété pendant la prohibition.

Une puissante injonction contradictoire continue de tirailler les mœurs outre-Atlantique : on a le droit de tout dire, mais le devoir de ne rien dire.

Aux États-Unis, les communautés, notamment religieuses, raciales et immigrées et depuis peu, sexuelles, sont reconnues et valorisée et servent à amortir la pression concurrentielle qui est exacerbée entre les individus.

A l’origine, les EUA sont une étroite bande de territoires côtiers peuplés de quelques communautés protestantes anglophones qui seront rejointes par des colons du monde entier. Le peuplement du pays résulte de vagues immigrations successives, principalement volontaire (les immigrants) et partiellement forcées (les esclaves) qui ont fini par supplanter des indigènes (les nations indiennes exterminées ou clochardisées). L’appartenance à une minorité, surtout vaincue (indienne) ou soumise (afro-américaine, descendante d’esclaves) est encouragée comme lot de consolation.

La profonde américanisation des classes dirigeantes européennes les ont convaincues qu’en exaltant le marché et en faisant l’apologie constante des minorités (réputées victimes par essence) et du politiquement correct, nous allions rendre nos sociétés plus justes et plus « efficientes » pour emprunter l’un des barbarismes préférés des ‘’américanouillards’’.

Outre la bêtise inhérente à toute tentative d’imitation inconsciente (donc non raisonnée et indiscriminée), cette importation a été incomplète. Elle a négligé le patriotisme très puissant qui tient ensemble la nation étatsunienne.

Si les Américains peuvent se payer le luxe d’exciter les différences, c’est à la fois car ces différences font sens au regard de leur histoire mais aussi parce que celles-ci ne s’opposent pas à l’identité commune.

La culture politique aux États-Unis ne fait pas que cultiver les particularismes, elle célèbre le commun à travers un patriotisme fort.

En singeant l’Amérique et sa « political correctness », nos « élites » ont oublié de prendre modèle sur le civisme affectif d’une nation qui force ses enfants chaque matin à prêter allégeance[1] à la bannière étoilée.

En voulant récréer le kaléidoscope multiculturel du nouveau monde, tout en dénigrant le patriotisme, nos « élites » ont engendré une société de tensions intercommunautaires explosives.

Une atmosphère irrespirable ou la violence peut sourdre, non pour exprimer une frustration individuelle comme dans les tueries de masse aux États-Unis mais collective, comme lors des attentats du Bataclan. Circonstances aggravantes, les États-Unis ne doivent pas composer avec un passé colonial mal interprété et mal digéré. Leurs immigrés prient la vierge de Guadalupe et non Allah.

Une loi de pompier pyromane

Le bonisme qui inspire la loi anti-haine sur Internet ne peut se comprendre que dans le contexte de tensions entre communautés ethniques et religieuses sur le vieux continent. La loi Avia est d’ailleurs la quasi transposition d’une loi allemande. Ces tensions possèdent différentes traductions politiques dont la plus inquiétante est la propagation de l’islamisme.

A mesure que nous importons le multiculturalisme et le politiquement-correct (qui correspond à son mode d’emploi juridique et social), les tensions s’avivent.

Les raisons qui flattent le politiquement-correct flétrissent le patriotisme à la mode européenne. Le patriotisme dérive du préfixe « pater », c’est l’attachement à la terre des pères. Aux États-Unis, les pères, réels ou symboliques, sont venus de l’extérieur remplir un continent faiblement peuplé de tribus préhistoriques. En France, le pays a été fondé par des Sioux et des Apaches qui demeurent et qui resteront (n’en déplaise au fantasme apeuré d’un Renaud Camus) majoritaires.

Les pères symboliques des Français sont tous des mâles blancs hétérosexuels. Le politiquement correct bât forcément en brèche le patriotisme français.

La manière dont la France conçoit l’attachement à son pays et à son drapeau passe par l’exaltation d’une prétention à l’universalité justement ciblée par le multiculturalisme.

Souvenons-nous du discours de la victoire prononcé par Clémenceau, à la tribune du Palais Bourbon, le 11 novembre 1918, en hommage aux morts de la guerre du droit : « Grâce à eux, la France, hier soldat de Dieu, aujourd'hui soldat de l'humanité, sera toujours le soldat de l'idéal. »

Le multiculturalisme poignarde la fierté identitaire française en son cœur. Les États-Unis ne sont jamais décrit comme la patrie de John Steinbeck alors que l’on parle de la France comme de celle de Voltaire. La culture à visée universelle forme le point le plus vital de notre identité nationale.

Le multiculturalisme dynamite donc la paix civile.

Assurer sa promotion comme le fait Sciences-Po par exemple, comme le font les autorités au plus haut sommet de l’État depuis plus d’une dizaine d’années, c’est saper consciencieusement le plancher de l’ordre public, en affaiblissant l’idée (plus ou moins fantasmatique d’ailleurs) d’une culture commune qui devrait offrir une source commune d’identité, de fierté et donc d’unité à tous les Français quelles que soient leurs origines. Emmanuel Macron[2] ne nous a pas pris en traître : « il n’y a pas une culture française. »

Plus le multiculturalisme se répand et plus les tensions intercommunautaires s’avivent. La loi Avia est une loi qui entend éteindre un incendie qu’elle contribue à propager.

C’est une législation de pyromanes.

Ces tensions deviennent préoccupantes car plus le modèle multiculturel progresse et plus le sentiment commun d’appartenance à un peuple héritier d’une culture exceptionnelle recule.

Aux EU, le multiculturalisme non seulement n’est pas incompatible avec le patriotisme mais en est même l’un de ses ferments. La fierté d’être américain reflète celle d’être uni en dépit des différences. E plurius unum proclame la devise des États-Unis, mais ce sentiment d’unité n’empêche pas la conscience d’une inégalité voire d’une différence d’essence entre un Américain blanc de la classe moyenne et son voisin noir ou latino, et surtout à l’égard des pauvres et des indiens. Le culte du winner reflète le culte de la prédestination qui engendre aussi des loosers.

Dans la patrie de Washington, le sentiment d’inégalité est globalement compatible avec l’extrême tolérance et avec la liberté, notamment, d’opinion.

Le modèle hexagonal de société se situe à l’exact opposé : non seulement, il est très intolérant à l’égard de la différence, mais il est très égalitaire.

Comme disait le général de Gaulle[1] : « C'est très bien qu'il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu'elle a une vocation universelle.» Le fondateur de la V e République poursuivait : « Mais à condition qu'ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. »

La France peut être pluriraciale mais à la condition expresse de demeurer une société uni-culturelle.

Un article récent du Washington Post se moquait de ce que les Français autorisent le masque pour se protéger du Covid et prohibent la Burka. Le sous-entendu était que seul leur racisme expliquait une telle inconséquence.

L’organe de presse des élites de la côte Est ne comprend pas que la France puisse interdire la burqa par volonté antidiscriminatoire. Au nom de la fraternité, nous ne pouvons supporter que nos sœurs soient voilées. Pour un WASP de Washington, la citoyenne américaine d’origine yéménite qui porte le hidjab ne sera jamais sa sœur, il n’en fera jamais sa compagne. Il est raciste et tolérant. Tolérant car raciste. Les Français sont intolérants car antiracistes.

Idem en matière de religion. Relisons la proclamation du conventionnel Clermont Tonnerre [2] qui émancipe les juifs et les transforme en citoyen à part entière :« Il faut tout refuser aux Juifs comme nation et accorder tout aux Juifs comme individus ; il faut qu’ils ne fassent dans l’État ni un corps politique ni un ordre ; il faut qu’ils soient individuellement citoyens. (…) Il répugne qu’il y ait dans l’État une société de non-citoyens et une nation dans la nation. »

Il en va de même de la tolérance de la patrie de Choderlos de Laclos en matière de mœurs.

La France est à la fois un pays à la morale bourgeoise et une nation libertine. Ceci en raison de la vergogne : i.e., le fait que l’on tolère presque tout mais dans le secret des alcôves et pas sur la place publique. En France, revendiquer publiquement son orientation sexuelle devrait être considéré comme une faute de goût ou comme une grossière tentative de lobbying. Le sexe n’est pas jugé, mais il doit relever de la sphère privé.

Laetitia Avia appartient à cette pseudo élite compradores de Sciences-Po où elle enseigne, aliénée par l’impérialisme du soft Power de l’oncle Sam. Colonisée mentale de l’Amérique, elle ne réalise pas le rôle d’agent d’influence d’un département d’état qui reste majoritairement blanc et inconsciemment raciste qu’elle joue.

La loi Avia ne sera pas sans effet sur l’ordre public qu’elle va globalement contribuer à fragiliser. Car sous prétexte de lutter contre la montée de la haine, elle va faire monter d’un cran la pression dans la cocotte minute qu’est la société multiculturelle post-moderne française.

Une société qui dans sa folie prétend défendre « en même temps » les LGBT et les Frères musulmans contre l’intolérance. Faire le pari d’une société queer, végane et taliban’s friendly est un pari hasardeux.

A s’affranchir du principe de non contradiction, à faire table rase du passé et de la culture, on ouvre les portes de l’enfer et de la guerre de tous contre tous.

Dans un pays où des députés votent, sans le savoir, des lois inspirées par la mauvaise vulgarisation de concepts philosophiques bancals des années 70, on peut sans difficulté imaginer que les jeunes générations sont frappées de plein fouet par la prolifération d’une identité bricolée et haineuse.

Madame Avia et ses collègues sont de semi-ilotes qui n’ont pas totalement profité d’un enseignement supérieur mal assimilé, mais les jeunes de France périphérique et des cités qui se regardent en chien de faïence, qui se fabriquent un bric à brac idéologique grâce à Tarik Ramadan ou à Alain Soral, ne peuvent qu’être livrés pieds et poings liés aux fauteurs de haine.

On n’a jamais empêché des idées de se répandre en cherchant à les interdire. Plus on cherchera à museler cette contre-culture violente et plus elle va se répandre. La censurer, c’est la conforter.

On a la fâcheuse impression que les rédacteurs de la loi ont voulu extirper la méchanceté du cœur humain. On serait tenté d’ailleurs de les renvoyer à la lecture de Pascal : « qui fait l’ange fait la bête ».


[1] Chaque matin, de l’école primaire au lycée, un jeune américain mais aussi un jeune immigrant doit répéter la formule : « Je prête allégeance au drapeau des États-Unis et à la République qu’il représente. Une nation sous l’autorité de Dieu, avec la justice et la liberté pour tous. »

[2] Cf. son discours prononcé par à Londres, le mardi 21 février 2017.

17/05/2020 - Toute reproduction interdite


Vue d'ensemble de l'hémicycle à l'Assemblée nationale à Paris, le 12 mai 2020.
Gonzalo Fuentes/Pool/Reuters
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