Société | 24 mai 2019

Liberté des Femmes, liberté d’expression : baromètres de la démocratie

De Emmanuel Razavi
2 min

Quand les libertés des femmes reculent, et que celle de la presse devient un souvenir, ce sont là deux baromètres de la démocratie que l’on casse. Par Emmanuel Razavi

Chacun l’aura compris. Notre média est particulièrement attaché à deux combats : celui de la liberté des femmes, et celui de la liberté d’expression. Ces deux indicateurs sont pour nous essentiels à ce qui fonde l’esprit citoyen, l’esprit républicain. Or, nous en avons parlé à plusieurs reprises : un puritanisme importé par les islamistes, auquel font écho les ligues de vertu à l’anglo-saxonne, envahit l’espace républicain. Il est devenu ainsi presque anecdotique de voir des femmes revendiquer de porter le voile ou le burkini, quand elles revendiquaient - avec raison - de faire les seins nus en toute liberté il y a trente ans sur la plage. A Grenoble il y a quelques jours, des femmes ont ainsi ouvertement bafoué la loi, se baignant en burkini à la piscine municipale, cela afin de faire pression sur les pouvoirs publics. Chacun jugera : Mais à l’heure ou des femmes sont emprisonnées - souvent battues et violées - au Moyen-Orient parce qu’elles refusent de se voiler, comment imaginer un instant que se draper d’un burkini, en France, soit un signe de liberté ? Disons-le franchement : ces adeptes du burkini sont des islamistes communautaristes qui testent l’étanchéité de notre démocratie.

Liberté d’expression

Il devient banal, dans le même temps, de voir les journalistes enquêtant sur des sujets sensibles, convoqués par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) afin qu’ils révèlent leurs sources, alors que la loi les protège justement de toute atteinte au secret des sources ! Oui ! La France vend des armes à l’Arabie saoudite, et les armes, dans toutes les guerres, ça tue des civils ! Devrait-on blâmer des journalistes de le faire savoir ? Devrait-on les embastiller parce qu’ils ont dévoilé avec bon sens et courage les dessous complices du drame terrible qui se joue au Yémen ?

Bien sûr que non. Forçons le trait et Imaginons la situation inverse : Imaginons, oui, que ce soit les membres de ce « commando » en burkini qui soient convoqué par la police pour ne pas avoir respecté la loi ? Imaginons que l’on laisse les journalistes faire leur boulot en toute liberté, les pouvoirs publics se disant qu’après tout, ces individus si « dérangeants » sont les garants de la liberté d’expression, de la liberté tout court ... Franchement, ne serait-ce pas plutôt là que devrait se trouver le bon sens ?

Encore une fois, chacun jugera. Mais ces deux exemples montrent à quel point la société française est en train de renier ses fondements citoyens et d’inverser ses valeurs. Alors rappelons-le : Il faut être du côté des femmes qui revendiquent leur droit à l’égalité et refusent la soumission.

Il faut être du côté de ceux qui défendent la liberté d’expression.

Car ils sont là ceux qui défendent avec raison et nécessité les notions d’égalité et de liberté, essentielles à notre démocratie.

25/05/2019 - Toute reproduction interdite



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