Leslie Shaw est le président du Forum on Islamic Radicalism and Management (FIRM). Spécialiste des questions islamistes, il co-signe avec le géopolitologue Alexandre del Valle   « L'islamisme à la conquête des entreprises » (éd. VALENSIN, 2021) et alerte sur les dangers de l’islamisation au sein des entreprises occidentales.

Entretien conduit par Alixan Lavorel.

Fild : Pourquoi les entreprises sont-elles des cibles de choix pour les islamistes aujourd’hui ?

Leslie Shaw : Dans le cadre de leur agenda pour islamiser le monde occidental, voire le monde tout court, ils ont plusieurs cibles. Les écoles et les universités, les associations, les clubs de sport, les partis politiques et bien sûr, les entreprises. Ces dernières font partie intégrante de la vie du monde occidental. L’un des objectifs des islamistes est de détruire l’économie occidentale. Avec les attentats de 2015 en France, il y avait une volonté de nuire à l’économie de l’Hexagone, notamment le secteur du tourisme. Le second objectif est d’imposer petit à petit, les mœurs musulmanes au sein de l’entreprise pour accoutumer les employés et démontrer que le mode de vie musulman fait partie de la vie en Occident. C’est une forme d’« islamisation douce », à opposer à une autre forme plus violente d’intimidation, via des attaques physiques contre les intérêts occidentaux.

Fild : On a assisté aux boycotts de certaines marques françaises ces derniers mois. Est-ce que ces opérations sont liées à l’infiltration islamiste au sein même des entreprises ?

Leslie Shaw : Tout à fait, mais ils n’ont même pas besoin de ces infiltrés pour boycotter les entreprises. Dans les années 1990 aux États-Unis, Nike avait sorti une chaussure avec un graphique qui - tout à fait par hasard - ressemblait en arabe au mot Allah. Les associations islamistes se sont saisies de ce fait pour appeler à un boycott de la marque. Ils ont au final négocié avec Nike. Ils ont obligé la marque à retirer les chaussures du marché – plusieurs centaines de milliers de paires – et à leur verser des dommages et intérêts. Cet argent aurait ensuite été utilisé pour financer des écoles coraniques aux États-Unis. Les grandes entreprises se plient aux demandes des islamistes parce qu’ils ont peur de la mauvaise publicité, des accusations de discriminations, etc. Les boycotts de marques françaises font partie de cette stratégie. L’objectif est de faire diminuer l’influence de la culture occidentale et de promouvoir la culture islamique en suscitant chez les occidentaux en général un sentiment de culpabilité.

Fild : Quelles sont les entreprises françaises les plus touchées par l’islamisme ?

Leslie Shaw : Dans les années 1970 et début 1980, les entreprises dans l’industrie ont fait venir une main-d’œuvre - souvent des ouvriers musulmans - en France. Notamment dans les scieries, le BTP ou l’industrie automobile. Aujourd’hui, tous les secteurs sont touchés. J’ai échangé avec des cadres supérieurs dans plusieurs entreprises comme Amazon ou DHL qui m’ont décrit l’impact de cette islamisation dans la vie quotidienne. J’ai discuté avec un vice-président de l’entreprise DHL. Il a relaté que l’un des employés de la compagnie a remis un tract pour convertir un client à l’islam pendant la livraison de son colis. Il s’est avéré que cet employé est ensuite parti faire le jihad en Syrie ! C’est un cas extrême mais il existe.

Fild : L’islamisation des entreprises touche-t-elle également les services publics en France ?

Leslie Shaw : Absolument, il y a beaucoup d’exemples depuis plusieurs années. Le cas le plus connu est celui de la RATP. L’un des djihadistes des attentats de 2015 à Paris était un ancien machiniste de cette entreprise. Certains services de la Ville de Paris, comme à la voirie, l’entretien des jardins ou au nettoyage, comptent beaucoup d’employés africains ou maghrébins, et certains sont des islamistes.

Fild : Quel danger représente « cette conquête » des entreprises ?

Leslie Shaw : Le véritable danger est la conquête du monde occidental par l’islam. S’ils réussissent à imposer les mœurs islamistes dans les entreprises, c’est un grand pas en avant pour atteindre cet objectif. Car tout est planifié. En revanche, à partir d’un sondage que j’ai réalisé en 2017, je peux dire qu’il y a une prise de conscience au sein des entreprises, mais uniquement dans les fonctions liées à la sécurité de ces-dernières. Ce n’est pas étonnant car les directeurs de la sécurité sont pratiquement tous des anciens de la police ou d’anciens militaires. Ils ont donc forcément une autre vision qu’aux ressources humaines. Le problème principal des entreprises vient en réalité des DRH qui sont complètement « tétanisés » par le phénomène d’islamisation des entreprises. Le mot est très fort, mais je considère qu’ils sont presque des collaborateurs ou des alliés des islamistes. À travers les chartes de valeurs, les guides de conduite, les accommodements pour les salles de prières, les menus spéciaux des cantines, les congés pour faire le ramadan … Tout cela participe à la promotion de l’agenda des islamistes.

Fild : Quels sont les profils des « infiltrés » dans les entreprises françaises ?

Leslie Shaw : Ce sont évidemment des personnes de confession musulmane mais il n’y a pas de « profil type ». Ça peut être quelqu’un qui a fait un BTS, un diplômé universitaire, un bac +5 … J’ai aussi échangé avec le directeur de la sécurité de la Banque de France qui me disait qu’au sein de l’institution, il y avait des islamistes ! Il observait certaines personnes installées aux plus hauts niveaux qui refusaient de serrer la main ou de collaborer avec leurs collègues femmes. On n’a pas affaire au cliché du jeune venant de banlieue, ce sont des gens qui ont un certain niveau d’éducation. Tous n’ont qu’un point commun : appartenir à des mouvances islamistes, soit activement, soit par loyauté.

Fild : Y a-t-il une particularité française dans ce problème ?

Leslie Shaw : Le problème est le même dans tous les pays occidentaux. Ce jeu d’influence se fait de façon homogène mais le pays le plus impacté est bien la France. Compte tenu de la forte proportion de la population musulmane, le phénomène est mathématiquement plus important qu’en Italie ou dans l’Est de l’Europe. D’ailleurs, la première procédure engagée contre une entreprise par un employé musulman était en France en 1976. Ces méthodes deviennent de plus en plus fréquentes aujourd’hui, notamment aux États-Unis où les lobbys sont particulièrement puissants. En France, récemment, Danone avait incité sur son compte Twitter les gens à boire de l’eau, et il s’est avéré que cette campagne de communication a eu lieu pendant le ramadan. Ils ont été obligés de s’excuser sous la pression, alors qu’il s’agissait évidemment d’une opération commerciale innocente d’une entreprise … qui vend de l’eau ! C’est un vrai problème, car plus les entreprises cèdent et plus les islamistes avancent.


" L'islamisme à la conquête des entreprises " par Leslie Shaw et Alexandre del Valle
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De Fild Fildmedia