Quelques années auparavant, cela aurait eu l’air totalement absurde. On a commencé, il n’y a pas si longtemps, à envisager que ce serait possible, mais on n’y prêtait pas tant d’attention... Puis on a constaté que cela devenait fréquent. Nous savons aujourd’hui pertinemment, si on ose au moins le reconnaître, qu’une infâme dictature de la pensée - pourtant invraisemblable - veut nous pénétrer. Si ce n’est pas déjà fait.

La chronique de « Mila en liberté »

Avec un art incroyable de transformer ce qui est improbable en mode, la culture « woke » a réussi à créer un réel tabou - très « tendance » - sur le genre, jusqu’en inventer des dizaines de versions et dérivés. Ces petits soldats d'un nouveau « camp du bien » sont persuadés qu’il n’y a pas de problème plus grave en France que de défendre « toutes les minorités ». Ils sont de toutes les « bonnes causes », refusant d’admettre qu’ils se trompent sans cesse de combat.

Ce sont ceux-là mêmes qui osent faussement s’auto-diagnostiquer autistes, asperger, dépressifs, TDI ou anorexiques, uniquement pour attirer la pitié sur les réseaux sociaux et s'auto-proclamer « militants », sans le moindre respect ni considération pour tous ceux qui luttent réellement contre ces handicaps et maladies, et qui voudraient vraiment se faire entendre.

Ces « wokes » qui haïssent presque par principe les forces de l’ordre en nous sortant comme « argument » la carte du « système », sans trop savoir ce que c’est. Qui souhaitent nous empêcher de citer les origines de la majorité de nos agresseurs pervertis dans la rue.

Ce sont ceux qui comparent l’histoire d’Adama Traoré et de Georges Floyd sans connaître les détails du dossier. Les mêmes qui essaient de faire des vannes en veillant toujours à n’offenser personne et ne font rire qu’eux-mêmes.

Ils émettent des jugements moraux sur des gens morts il y a des centaines d’années avec leurs standards du premier janvier dernier.

Ils dénoncent le viol, mais souvent uniquement lorsque le violeur n’est pas « racisé », selon leur propre mot. Ce sont d'ailleurs, à mon avis, les premiers racistes en employant le terme « racisé », et qui ne reconnaissant que le racisme qui les arrange.

Ils se rêvent en grands penseurs politiques mais n’ont de « compétences » que sur les questions de genre.

Ils prônent la convergence des luttes et l'union sacrée avec des « minorités » qui les détestent, et militent pour « l’abolition des genres » comme si cela pouvait nous sauver de toute la misère du monde.

Ces mêmes individus qui passent leurs journées sur Twitter à se victimiser ou bien offrir un statut de victime à des personnes qui n’ont rien demandé, qui ont réussi à attiser les foudres haineuses sur les « hommes blancs cisgenres hétérosexuels ».

Ces gens qui veulent imposer l’écriture inclusive et inventent régulièrement de nouveaux mots « neutres » ou pronoms comme « iel, xe, fae, ael... », qu'ils modifient chaque semaine au gré de leur mal-être.

Ce sont ceux qui définissent souvent la valeur des autres par leurs signes astrologiques et se résument eux-mêmes à celui-ci.

Ils veulent interdire le débat sur les sujets qu’ils abordent à ceux qui ne sont « pas concernés », ou les accusent de tous les adjectifs imaginables sans oublier de mentionner le « phobe » qui va avec. Pour eux, en plus d’une affreuse islamophobe, je suis : une putophobe, transphobe, homophobe, enbyphobe, psychophobe, grossophobe... et la liste est encore très longue.

Si vous ne maîtrisez pas bien toutes ces polémiques, vous savez dorénavant que ces accusations dont n’importe qui peut être la cible sont toujours synonymes d’un cruel manque d’arguments ou d’un besoin de diffamer sans preuve, par pure haine et jalousie.

Ces adeptes de la "cancel culture" savent pertinemment, lorsqu’ils lèvent le nez de leurs smartphones, que les gens « dans la vraie vie » n’ont rien à faire de leurs délires malsains, obsessionnels et répétitifs sur ces pseudos « oppressions des minorités ».

C’est à la fois triste et effrayant de se dire que la plupart des «wokes » sont des adolescents, ou de jeunes adultes. Ils sont la génération active de demain, mais ne représentent en rien l’avenir. Et j'estime que c’est grave.

Si vous ne partagez pas leurs intérêts, vous comprendrez vite que face à vous, ces penseurs du « camp du bien » ne se rendent malades que de leur propre lâcheté, soumis à jouer aux aveugles lorsque tout leur prouve que la violence et l’oppression frappent majoritairement tout ce qu’ils méprisent.

Ils n’ont même pas honte de se revendiquer « féministes » alors qu’ils se rallient à des causes dangereuses pour les femmes.

Jamais je n’aurais imaginé qu’ils auraient pu réussir aujourd’hui à avoir tant de visibilité, sans pour autant être rassasiés de buzz et d’abus de conscience.

Bien que ce soit parfois irritant, je suis de ceux qui acceptent que divers courants de pensées et d'idées puissent s’opposer, voire se heurter.

Le débat peut faire mal, mais le débat est une richesse et contribue à notre construction personnelle. Votre avis sera toujours renforcé par la raison ou la bêtise de la partie adverse.

Je reste cependant sceptique sur ce sujet lorsque certaines pensées contraires aux miennes sont dangereuses. Et je me permets donc de m’exclamer - au risque de paraître trop excessive - que les personnes qui soutiennent l’islamisme et la violence des sourates de leur livre sacré envers les femmes, mécréants, homosexuels et juifs, ou bien le harcèlement « justifié » par exemple, ne peuvent qu’être dotées d’une profonde misère intellectuelle, ou d’une tare souvent due à l’endoctrinement qui feraient donc d’elles des personnes indirectement dangereuses.

Je peux très bien penser que des idées contraires aux miennes sont malfaisantes sans pour autant avoir des envies violentes, voire meurtrières.

Je n’attaque pas une idéologie tant qu’elle n’essaie pas de s’imposer.

Si des propos me paraissent condamnables, je veux la justice pour dénoncer la personne qui les profère, mais non pour inciter à son harcèlement, à sa censure et son lynchage public.

Ces « wokes » dont je vous ai parlé, et que je ne cesserai jamais de dénoncer, ne peuvent pas en dire autant.

Mila.

30/09/2021 - Toute reproduction interdite


Manifestation interdite en mémoire d'Adama Traoré ,que certains ont comparée à la mort de George Floyd aux États-Unis, devant le palais de justice de Paris, le 2 juin 2020.
Gonzalo Fuentes/Reuters
De Mila