Analyses | 20 avril 2021

Le fast-food politique selon Macron

De Emmanuel Razavi
2 min

L’édito d’Emmanuel Razavi.

Le Macronisme tient à la fois du fast-food et du restaurant gastronomique, en ce sens qu’on y trouve le pire comme le meilleur.

Ainsi, le président de la République Emmanuel Macron a affirmé sur la chaine américaine CBS qu'il fallait « déconstruire notre propre histoire », afin de « construire notre unité en étant plus efficace contre les inégalités ».

Le problème est qu’il est incohérent d’invoquer la mémoire du général de Gaulle comme il l’a fait dans un passé récent - car lui assumait l’histoire de France dans ce qu’elle a de plus brillant comme de plus obscur - tout en voulant donner des gages à ceux qui la déconstruisent, à l’instar des mouvements communautaristes et racialistes.

En tenant ces propos, Macron fait du sous Big Brother. Il se positionne comme le président qui veut revisiter notre passé pour changer l’avenir, sans se rendre compte qu’il pousse, dans le présent, le peuple français à la cassure en voulant occulter sa mémoire.

Emmanuel Macron, aussi brillant soit-il, donne le sentiment de naviguer à vue en fonction de ses interlocuteurs et de ce qu’il croit être l’air du temps. Car il laisse penser que l’histoire n’a pas plus d’importance à ses yeux qu’un roman national qu’il foule du pied.

Son truc, ce sont les incantations des faux prophètes de la tech, les projections informatiques de ceux qui veulent nous confiner et qui spéculent sur l’effondrement des nations au profit de la mondialisation. Cela ne l’empêche pas de parler « en même temps » de sécurité et de justice, et de chasser sur les terres de la droite attachée à ses traditions, opposée à ceux qui veulent justement déconstruire notre mémoire.

Chez Macron, tout est bon…

Seul hic. En 4 ans, Emmanuel Macron a mis les Gilets jaunes dans la rue, exacerbé le communautarisme et la repentance, divisé les Français. Il n’est bien sûr aucunement comptable des quarante années passées qui nous ont conduit à une société en perte de repères. Il est toutefois responsable de ne pas avoir su donner un cap précis au pays.

Déjà en campagne pour 2022, il gagnera peut-être l’élection présidentielle.

Cependant, s’il continue à slalomer ainsi entre des idéologies incompatibles, la France, qui n’est pas un fast-food, y laissera son âme.

20/04/2021 - Toute reproduction interdite


Le président français Emmanuel Macron prononce un discours pour présenter sa stratégie de lutte contre le séparatisme, aux Mureaux, le 2 octobre 2020.
© Ludovic Marin/Pool via Reuters
De Emmanuel Razavi

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