Isla délice, Carrefour halal, Arabi, Al jayid, reghalal, Essafa, etc. Les rayons des supermarchés et boucheries de quartier mettent de plus en plus en avant des marques certifiées halal. Les débouchés pour les filières de l’agroalimentaire sont énormes et leur expansion se confirme d’année en année. D’après le média spécialisé dans l’économie de la distribution, LSA, le chiffre d’affaires du halal dans les grandes et moyennes surfaces avoisine « 329,3 millions d'euros en cumul annuel mobile au 26 janvier 2020 en croissance de 5,6 % contre 6 % l'année d'avant. » D’après cette étude, la marque Isla délice dévore près de la moitié des parts de marché (42,5 %), suivie par Fleury Michon (16,6 %). Des performances qui aiguisent les appétits et provoquent une alliance étonnante entre l’économie de marché néolibérale et des fondamentalistes religieux. Les premiers espèrent une croissance à deux chiffres, quand les seconds rêvent d’asseoir leur vision d’un islam toujours plus rigoriste. Concurrence, désinformation, fabrication de traditions sont au cœur de cette lutte d’influences mêlant à la fois géopolitique, économie et religion. Au milieu : les consommateurs musulmans, victimes inconscientes de ces enjeux dépassant les seuls intérêts théologiques.

Et aussi étonnant que cela puisse paraître, il n’existe presque aucune norme administrative autour du halal. En France, la DGCCRF (ancienne répression des fraudes) ne peut que contrôler l’absence de viandes porcines. Les contrôles administratifs sont obligés de s’arrêter à ce seul critère. Pourquoi ? Car tout le reste touche au domaine religieux. La loi de 1905 interdit à l’État d’entrer dans l’organisation d’un culte, et inversement. Le halal restant avant tout une norme religieuse.

Comme certains de ses prédécesseurs, Emmanuel Macron cherche aujourd'hui à réguler ce marché, pour en faire un moyen de financer et structurer l'islam de France. Et les islamistes en profitent pour marquer leurs positions : derrière le très lisse Hakim El Karoui (le « Mr. Halal » du président de la République), les Frères musulmans sont particulièrement actifs. Qui sont les acteurs de cette bataille larvée ? Quels sont les enjeux économiques et politiques ? Quels sont les risques pour la laïcité ? Quelles sont les conséquences de la stratégie d'entrisme des Frères musulmans ? Comment ce marché peut-il nourrir l'islamisme radical ?

Ce sont toutes ces questions auxquelles répond l'enquête de FILD, à retrouver ici.

 

11/05/2021 - Toute reproduction interdite

 

 

 

 

Alixan Lavorel/Fild
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