La Nouvelle est une marque de lingerie créée en 2014 à Marseille par la styliste Alix de Moussac et la consultante mode Aurélie Grandemange.  Leurs pièces colorées innovent par leur côté rétro et se muent en véritables accessoires de mode, élégants et raffinés.

                              Entretien conduit par Marie Corcelle.       

Fild : Vous êtes deux femmes à avoir créé La Nouvelle. Quel sont vos parcours ?
Alix de Moussac : J’ai fait mes études une école de stylisme et de mode à Paris, l’atelier Chardon Savard, pendant quatre ans. Aurélie Grandemange, en charge de la partie commerciale et développement, a étudié dans une école de commerce, et elle a été consultante pour de grands groupes de mode.

Fild : Comment est née La Nouvelle ?

Alix de Moussac : Je possédais déjà une marque auparavant, Alix de Moussac, que j’avais créée en 2006. Je proposais de la lingerie qui correspondait à mes attentes, avec un côté sans armatures et confortable. A l’époque, il y avait peu de choix en la matière. C’était soit Petit Bateau, ou Aubade, très sexy mais sans cette liberté du corps.
Alors j’ai commencé à faire des premiers modèles que j’ai vendu à des amies, au fur et à mesure j’en ai vendu plus, et j’en ai distribué dans des boutiques. Je faisais ça toute seule,et je travaillais en freelance à côté pour d’autres marques. Mais cela commençait à devenir compliqué à gérer. Avec Aurélie qui souhaitait s’installer à Marseille, nous sommes parties en vacances. Je lui ai demandé si elle souhaitait qu’on travaille ensemble, car j’avais besoin d’aide pour le développement, et nous avons créé La Nouvelle en partant sur de nouvelles bases. Nous avons fait une étude de marché, choisi le nom ensemble, et puis nous nous sommes lancées dans l’aventure à deux.

Fild: La philosophie de votre marque, est pour vous "des dessous qui prennent le dessus". Quel est le concept ?

Alix de Moussac : Je souhaitais une alternative aux bretelles et aux armatures. Je trouvais assez disgracieux les régleurs, les agrafes, et de les apercevoir sous un débardeur. Dans le vestiaire actuel, nous avons a les bretelles qui sortent plus qu’avant. Toutes nos grands-mères nous disaient ‘’ah non, ce n’est pas joli ‘’. Alors je me suis dit que ça pouvait l’être si l’on faisait une jolie bretelle.
Certains de nos vêtements peuvent se porter sans haut par-dessus, comme des bodys manche longues. D’autres en matière opaque peuvent se porter comme un justeaucorps. On peut mettre une chemise un peu déboutonnée dessus, un gros pull avec les bretelles qui dépassent… Il y a pas mal de manières de jouer avec et de faire de la lingerie un accessoire de mode. Ce que j’adore c’est les couleurs, et trouver des coloris ou des imprimés qui ne sont pas connotés lingerie. La lingerie reste souvent dans le rouge, écru, noir…on a besoin de gaieté !

Fild : Quelle est votre image de la femme à travers votre gamme de vêtements ?

Alix de Moussac : Je ne cherche pas à donner d’image en particulier de la femme. Chacune doit avoir la sienne. Le body positif est partout, qu’on soit mince ou qu’on ait des rondeurs. Je crois qu’il faut s’accepter telle que l’on est.


Fild : En quoi vos modèles peuvent-ils correspondre à toutes les morphologies et mettre en valeur le corps des femmes ?

Alix de Moussac : Nos modèles sont conçus pour être les plus confortables et les plus féminins possibles dans le sens où chaque femme se sent libre dans son corps en les portant. Nous montons dans nos tailles de confection, et s’il y a des clientes qui sont un peu réticentes au début, elles finissent par trouver du confort et du bien-être dans nos produits.


Fild: Pourquoi avoir choisi un univers teinté des années 70 et des références comme Mariane Faithfull ou Jane Birkin ? Que représentent ces femmes iconiques pour vous ?

Alix de Moussac : J’adore les années 60/70, les films de la Nouvelle Vague, la musique… C’est une époque où il y a une libération de l’image de la femme qui est sortie de son carcan, qui a brûlé ses soutien-gorge. Ces femmes incarnent la liberté, l’audace et l’élégance ! Jane Birkin porte des débardeurs sans rien en dessous. Les égéries de cette époque ont vraiment révolutionné la mode et l’image de la femme. Elles ont pris le pouvoir je trouve. C‘est quelque chose qui m‘a vraiment marqué, et tout cela m’inspire.

Fild : Comment se déroule la production ?

Alix de Moussac : Nous faisons tout en interne. Nous choisissons les tissus, dessinons les modèles, puis la fabrication se fait en Tunisie ou au Maroc. Nous ne le faisons pas en France, car ce sont des métiers, des façonniers qu’il y a peu ici. Et dans le domaine de la lingerie il faut un outillage particulier. En revanche, je ne prends que des tissus européens ou français. Cette année, 30% de la collection est réalisée dans des matières recyclées.


Fild : Comment se porte la Nouvelle en 2020 ?

Alix de Moussac : Nous avons commencé il y a six ans, à deux, et maintenant nous sommes une équipe de dix femmes. Nous avons une évolution très chouette, et nous essayons de tenir le cap. Nos métiers ont évolué : de créatrice et consultante, nous sommes devenues gérantes de sociétés, managers… Ça a vraiment pris de l’ampleur. Nous exportons dans quelques pays, en Allemagne, à Singapour, au Danemark, à Dubaï… Mais nos démarches sont un petit peu en stand-by en ce moment à cause de la Covid, comme les défilés et évènements. Tout ce qui était en projet a été mis sur pause.
Nous mettons de plus en plus en place des collaborations avec d’autres marques, ce qui nous permet de sortir de notre calendrier traditionnel, et de ponctuer les collections différemment.
Nous aurons par exemple une collaboration avec Monoprix, qui met en avant trois marques dans des pôles dédiés aux créateurs de lingerie. Ce sera un portant éphémère, où nos produits seront mis en valeur et vendus au prix de La Nouvelle.


09/11/2020 - Toute reproduction interdite.


Moonchild - Collection Automne-Hiver 2021
La Nouvelle
De Fild Fildmedia