Analyses | 18 octobre 2020

La nouvelle folie néo-féministe

De Emmanuel de Gestas
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Depuis quelques années, la pensée néo-féministe se radicalise à grande vitesse. Misandrie, haine de l'altérité sexuelle, rejet du couple hétérosexuel ; le projet des militantes anti-hommes se dévoile ainsi comme étant de plus en plus violent. Pour autant, les appels croissants à se débarrasser du sexe fort sont-ils sanctionnés ?

                                                                          L'analyse d' Emmanuel de Gestas

 

Le sectarisme a désormais un visage : celui d'Alice Coffin, militante LGBT extrémiste. Cette ancienne journaliste, élue EELV à la mairie de Paris, s'est faite remarquer récemment par ses propos et un essai d'une violente misandrie, Le génie lesbien (Grasset, 2020). Expliquant qu'elle refusait désormais de « lire des livres, ou écouter de la musique, écrite ou composée par des hommes », Alice Coffin a déclenché un tollé jusque dans les rangs de la gauche culturelle.

Remerciée suite à cela par la Catho de Paris ou elle enseignait, Alice Coffin n'a rien trouvé de mieux pour alourdir son dossier que de justifier la censure dont a fait l'objet de la part de l'université Bordeaux-Montaigne la philosophe Sylviane Agacinski, celle-ci ayant le malheur d'être opposée à l'ouverture de la Procréation Médicalement Assistée aux couples de femmes. Ce qui a donné lieu à un échange surréaliste entre madame Coffin et la journaliste Sonia Mabrouk sur Europe 1.

Même si le ridicule s'est chargé de renvoyer Alice Coffin à sa vraie place, une question demeure :

Comment se fait-il que de telles assertions ne tombent pas sous le coup de la loi ?

Entendons-nous bien : on ne lutte pas contre la bêtise - et les propos de madame Coffin sont d'une bêtise et d'une haine abyssale - par la judiciarisation de la pensée. Car à ce compte-là, la XVIIe chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Paris devrait ouvrir des succursales dans toute la France.

Néanmoins, comment expliquer le deux poids-deux mesures qui fait qu'un polémiste comme Éric Zemmour puisse être condamné à une amende pour « incitation à la haine », et Alice Coffin, dont les propos haineux et violemment misandres sont totalement assumés, à.… rien ?

Le ministère public silencieux face à ces propos haineux

Dans une tribune publiée sur Atlantico, l'avocate Julia Courvoisier relève pourtant que certains propos d'Alice Coffin appelant à « se débarrasser des pères » (sic) sont pénalement répréhensibles au titre de la loi de 1881, article 24, sur les appels à la haine « en raison de l'origine, de la religion, du sexe, ou de l'orientation sexuelle ».

Alors, comment se fait-il qu'à notre connaissance, ni le ministère public (par exemple par l'entremise du ministre en charge de l'égalité hommes-femmes Elisabeth Moreno), ni aucune association familiale, ne se décide à la trainer en justice ?

Dans une remarquable chronique , notre consœur du Figaro Madeleine Métayer descend, gentiment mais fermement, un autre pamphlet misandre (et le mot est assumé par l'auteur), celui de la militante féministe radicale Pauline Harmange, au titre violemment explicite, Moi, les hommes, je les déteste (Seuil, 2020).

Comment se fait-il que cette militante féministe, dont Libération fit à cette occasion le portrait dithyrambique, puisse proférer en toute liberté des horreurs comme « la misandrie est une fête », que l'ensemble du sexe masculin est « violent », « médiocre », « arrogant », et que les femmes gagneraient à pratiquer un apartheid sexué à l'égard de la gente masculine ?

Peut-on, de la même manière, tolérer que des collectifs féministes, comme par exemple La meute de chiennes (sic), organisent des évènements « en non-mixité choisie, interdits aux mecs cis-genre hétérosexuels » (re-sic) ?

Il faut défaire cette idéologie par la dérision

Au fond, n'est-ce pas la meilleure chose à faire : laisser braire ces fous (ou ces folles) qui ne rêvent que de guerre des sexes, guerre dont personne, à tout le moins, ne sortirait vainqueur ?

Combattrons-nous plus efficacement la postmodernité devenue dingue avec des prétoires, ou avec la raison ?

Ni l'un ni l'autre.

Le postmoderne, dont madame Coffin est l'un des archétypes, ne rêve que d'une chose : que ces délires monstrueux et ridicules soient pris au sérieux.

Ne leur faisons pas ce cadeau. Puisqu'ils détestent la dérision et la moquerie, usons-en jusqu'à plus soif.

C'est là la meilleure arme pour défendre une société qui aspire, et doit continuer d'aspirer à avoir des principes, des maitres, et osons-le, une transcendance.

Loin, bien loin, des folies démiurgiques d'Alice Coffin et consort.

 

19/10/2020 - Toute reproduction interdite


Alice Coffin - Le génie lesbien
Editions Grasset
De Emmanuel de Gestas

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