Avec l’annonce du gouvernement de recourir à une dose de rappel du vaccin contre la Covid-19, il est difficile d’obtenir un rendez-vous rapidement en centre de vaccination. Mais il existe des alternatives, comme celle de se faire vacciner chez soi ou au sein de son entreprise. Avec en prime la possibilité de choisir son vaccin ! Interview de Nicolas Baudelot, cofondateur de la plateforme de coordination de soins Medicalib.

Entretien conduit par Marie Corcelle

Fild : Pourquoi y-a-t-il une pénurie de doses ? Et quels sont les vaccins concernés ?

Nicolas Beaudelot :
Nous avons manqué d’anticipation dans une crise que nous ne connaissons pas très bien, et nous n'imaginons pas une cinquième vague. L’hiver a été propice au développement de cette dernière dans la plupart des pays occidentaux. La vaccination a commencé au même moment à peu près partout en Occident, la deuxième dose de la même façon, mais pas la dose de rappel. Elle n’a pas réellement été anticipée par les fabricants, ce qui a posé un problème, puisque tous ont décidé au même moment de la mettre en place. C’est donc pour cette raison qu’il y a une tension à l’heure actuelle. Le vaccin Pfizer est celui qui manque le plus, car c'est le plus utilisé et qu'il n’y a pas de contre-indications. Contrairement au Moderna, recommandé pour les individus âgés de plus de 30 ans. Mais tout le monde se précipite sur Pfizer, alors que toutes les personnes ne sont pas forcément éligibles à ce vaccin-là. Il y a également une tension globale pour les vaccins à ARN Messager, car on considère dorénavant qu’ils sont les plus efficaces contre la covid et ses variants.


Fild : Y-a-t-il d’autres raisons qui rendent difficile la prise rapide d’un rendez-vous ?

Nicolas Beaudelot :
Le gouvernement a fixé la date limite du 15 janvier pour le rappel de vaccin . Et si vous ne l’obtenez pas, votre pass sanitaire ne fonctionnera plus. Il y a près de 48 millions de Français vaccinés, et on leur demande de faire une dose de rappel entre le 1er décembre et le 15 janvier : tout le monde se rue donc sur les places disponibles en centre de vaccination ! Au 1er décembre, on était à 77% de personnes à avoir eu une première dose, et 70% avec une vaccination complète. Il faut donc vacciner presque 6000 personnes par semaine d’ici le 15 janvier. Il y a alors un encombrement naturel. Car même s’il y a 1200 vaccinodromes, les places sont limitées.

Gain de temps

Fild : Quelles alternatives existe-t-il pour obtenir un vaccin ?


Nicolas Beaudelot : Il y a d’abord la vaccination à domicile. Vous vous rendez sur medicalifb.fr, vous indiquez le vaccin reçu et souhaité, puis vous faites une demande. Nous nous chargeons ensuite de trouver le professionnel de santé le plus proche de chez vous et disponible pour procéder à la vaccination. L’infirmier, avec les doses dont il dispose, va alors vacciner à domicile les personnes les plus fragiles ou qui ne sont pas en mesure de se déplacer. La vaccination en entreprise est également possible. C’est un choix de certaines entreprises pour simplifier la vie de leurs salariés, puisqu’il est difficile de trouver un rendez-vous rapidement.
Les entreprises nous sollicitent, nous leur envoyons un lien qui va être transmis à l’ensemble des collaborateurs, qui se désigneront s’ils veulent être vaccinés. Nous envoyons ensuite un calendrier où chaque salarié peut réserver son créneau pour être vacciné, et nous nous occupons de toute la logistique derrière : trouver le professionnel de santé qui va se déplacer, commander les vaccins auprès de la pharmacie partenaire, et coordonner les interventions lors du jour choisi, avec toutes les fiches et le parcours nécessaire à une bonne prise en charge. Il y a un entretien de pré-vaccination, avec une remise des documents d’attestation de consentement à la vaccination et d’un questionnaire médical. Puis vient la vaccination suivie d’une surveillance de quinze minutes. L’avantage est non-négligeable pour les entreprises : cela leur permet d’épargner un certain stress à leurs salariés mais aussi de faire perdre du temps à ces derniers. Quand la vaccination peut représenter plusieurs heures d’absence pour un employé, si elle est faite en entreprise, cela ne prend que vingt minutes ! Même si cette organisation de tout cela représente un certain coût, l’entreprise y gagne finalement en gain de temps.


Fild : N’y a-t-il pas davantage de risques à se faire vacciner chez soi ou au sein de son entreprise ?

Nicolas Beaudelot : Non. C’est plus sécurisant en un sens à domicile, puisque vous avez un professionnel de santé qui n’est là que pour vous. Et en entreprise, vous êtes en nombre réduit, contrairement à un vaccinodrome. Dans les deux cas, le professionnel de santé vous consacre plus de temps, puisque les centres de vaccination se doivent d’être effectifs et voient un plus grand nombre de personnes.

15/12/2021 - Toutes reproduction interdite


Un agent de santé prépare une dose du vaccin "Comirnaty" Pfizer BioNTech COVID-19 au Parc des Expositions d'Angers le 13 avril 2021.
© Stephane Mahe/Reuters
De Fild Fildmedia