Economie | 4 juillet 2019

La Havane en format grand luxe

De Francis Mateo
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La capitale cubaine s'enrichit d'une hôtellerie de très haut de gamme pour une clientèle people et à fort pouvoir d'achat, essentiellement en provenance des États-Unis.  Par Francis Mateo 

 

Malgré les récentes mesures de rétorsions contre Cuba activées par Donald Trump (en application de l'article 3 de la loi Helms-Burton menaçant de représailles les sociétés étrangères présentes sur l'île), son prédécesseur à la Maison Blanche a créé un « appel d'air » qui n'est pas près de s'arrêter. L’ouverture initiée par Barak Obama a en effet suscité l'arrivée d'une nouvelle vague de stars dont le concert des Rolling Stones à La Havane en 2016 marque en quelque sorte le point de départ. D'un coup, la capitale de Cuba est devenue « trendy » pour les grandes stars du cinéma, la chanson et la mode. Mick Jagger a précédé Beyoncé sur le Malecon (boulevard du bord de mer), avant le rappeur Jay Z et Rihanna, au moment où Karl Lagerfeld faisait un dernier tour de piste en compagnie de son modèle « Chanel » Giselle Bündchen sur le Prado, fameuse promenade de la la Vieille Havane. Des têtes d'affiches qui ont inspiré toute une clientèle touristique de luxe -principalement nord-américaine- pas toujours aussi connue, mais non moins fortunée. Et c'est pour les accueillir qu'ont été créés les premiers hôtels « cinq étoiles grand luxe » de La Havane : le Gran Hotel Manzana Kempinski, l'Iberostar Parque central et le Grand Packard. Ce dernier renoue directement avec le passé fastueux de la ville, puisqu'il a été construit sur les ruines d’un ancien palace mythique : l’Hôtel Biscuit, qui accueillait entre autres célébrités le poète chilien Pablo Neruda et l'acteur Marlon Brando. Avec ses 321 luxueuses chambres et suites au-dessus du Prado, le Grand Packard offre depuis sa terrasse une très belle vue panoramique sur le Malecon et la forteresse du Morro, mais aussi sur le futur « So by Sofitel », qui enrichira l’offre de l'hôtellerie haut-de-gamme à partir de cet automne.

Plus de 1.000 € la nuit

La piscine panoramique à débordement est également l'un des joyaux du Gran Hotel Manzana Kempinski, juste au-dessus du célèbre bar Floridita où Ernest Hemingway dégustait ses fameux daïquiris. Depuis le hall jusqu'à la sublime terrasse, tout n'est que luxe et volupté dans cet hôtel de 246 chambres (disposant chacune au minimum de 40 m²) commercialisées entre 470 et 1.385 dollars la nuit (pour mémoire, le salaire mensuel est de 30 dollars par mois à Cuba), et une « brigade » de 400 personnes aux petits soins d'une clientèle très sélective.  « J'étais le premier à me demander comment le Kempinski fonctionnerai avec de tels tarifs lorsqu’il a ouvert en 2017, mais il faut bien reconnaître aujourd'hui que cet hôtel attire une nouvelle clientèle d’individuels haut de gamme qui n'admettent pas de faute dans le service et les prestations, et qui est prête à y mettre le prix », constate José Dosresis, patron de l'agence réceptive Cubacolor. De fait, d’autres projets se préparent : l’ancien cinéma Payret, dont le bâtiment est en cours de rénovation face au Capitole, accueillera ainsi en 2020 un nouvel hôtel de luxe... tout en conservant sa légendaire salle de projection : « ce sera un hôtel avec cinéma », confirme l'historien de la ville Eusebio Leal. Le groupe Barrière convoite d’ailleurs l'emplacement pour y aménager son premier palace des Caraïbes ! 

 

02/07/2019 - Toute reproduction interdite


: Les hôtels de luxe (comme ici le Kempinski) attirent une nouvelle clientèle à Cuba
DR
De Francis Mateo

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