International | 27 avril 2021

L’Iran à la commission de la condition des femmes : Une insulte à toutes les femmes du monde !

De Francis Mateo
3 min

L'élection de l'Iran à la commission de la condition des femmes aux Nations-Unies soulève un vent d'indignation. Car la République Islamique d'Iran a encore moins de considération pour les femmes que De Gaulle n'en avait pour l'ONU, ce « machin ».

Par Francis Mateo.

« Choisir la République Islamique d'Iran pour protéger les droits des femmes, c'est comme donner à un pyromane la fonction de chef des pompiers », ironise Hillel Neuer, directeur d’UN Watch, organisation non gouvernementale des droits de l'Homme basée à Genève. Une ironie d'autant plus amère que cette ONG est placée sous l'égide de l'ONU, qui vient justement d'élire l'Iran à la présidence de la « Commission de la condition de la femme des Nations Unies », ayant pour mission « la promotion de l'égalité des sexes et de l'autonomisation des femmes ». La journaliste et militante iranienne Masih Alinejad a eu beaucoup plus de mal à commenter cette élection avec humour : « Un régime qui traite les femmes comme des citoyennes de deuxième classe, les emprisonne pour ne pas porter le hijab obligatoire, leur interdit de chanter, les exclut des stades et ne les laisse pas voyager à l'étranger sans la permission de leurs maris, est élu pour se charger des droits des femmes ! » Masih Alinejad a qualifié cette décision de « surréaliste ». Pour mémoire, l'Iran a été choisi à ce poste le 20 avril dernier, pour un mandat de quatre ans, lors d'un vote secret des 45 membres du Conseil Economique et Social des Nations Unies. La délégation iranienne siègera avec les onze autres nouveaux membres élus à cette occasion (dont la Chine et le Pakistan).

« Persécution des femmes flagrante et systématique »

L'indignation provoquée par cette nomination de l'Iran a traversé les frontières, et de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer un pays où « la persécution des femmes est flagrante et systématique », comme le rappelle Hillel Neuer : « Le secrétaire général de l'ONU a lui-même signalé la discrimination persistante contre les femmes et les filles en Iran ». Un pays où plus de 230.000 filles de moins de quinze ans sont mariées de force chaque année par leur père, et où le parlement a encore refusé l'an dernier de repousser l'âge légal du mariage (fixé à 10 ans).

Le pays a pourtant obtenu les 43 votes nécessaires pour représenter ces filles et femmes dans le monde. Australie, France, Allemagne, États-Unis, Suisse, Finlande et Grande-Bretagne font notamment partie du « groupe occidental » qui a été déterminant dans cette élection en offrant quatre voix à l'Iran. Reste à savoir lesquels de ces pays occidentaux ont voté pour inviter le diable à table. Car c'est ainsi que Hillel Neuer entrevoit cette compromission lorsqu'il envisage un « pacte faustien » visant à donner des gages à l'Iran pour l'inciter à renoncer à sa politique d'enrichissement d'uranium, d'ailleurs toujours en discussion à Vienne. La communauté internationale offrirait en somme une respectabilité à travers cette commission onusienne en échange d'un abandon de son programme nucléaire. Quitte à ce que les Nations-Unies y perdent leur propre respectabilité. Voire leur âme.

27/04/2021 - Toute reproduction interdite


L'ayatollah Ali Khamenei, s'exprime pendant la prière du vendredi à Téhéran, le 14 septembre 2007.
© Morteza Nikoubazl/Reuters
De Francis Mateo

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