Analyses | 3 janvier 2021

L'autorité de l'État pour les nuls...

De Philippe David
2 min

Les années se suivent et se ressemblent, même si on espère que 2021 ne ressemblera pas trop à 2020. On peut dire qu'en termes de pantalonnades branquignolesques, l'année 2021 commence particulièrement bien un peu partout dans le pays pourtant sous couvre-feu le 31 décembre et le 1er janvier.

                       La chronique de Philippe David.

Commençons par la Bretagne et l'incroyable « rave party » de Lieuron qui, à défaut d'avoir été arrêtée rapidement, a permis à Gérald Darmanin de tweeter jusqu'à plus soif. Résumons les choses rapidement : des « teufeurs » organisent en toute impunité une rave party réunissant plus de 2500 personnes. Les gendarmes interviennent mais, en sous-nombre, se font bruler un de leurs véhicules. Que croyez-vous qu'il arrivât ? Qu'on envoyât des renforts ? Qu'on coupât le courant pour que la fête s'arrête ? Que nenni. On laissa la fête durer jusqu'au samedi matin.

Comme on n'allait pas encore assez loin dans le ridicule, le Préfet d'Ile et Vilaine, Emmanuel Berthier, dans une conférence de presse télévisée, a affirmé face caméra : « nous avons fourni du gel et des masques et avons proposé des tests antigéniques ». En voyant les teufeurs danser sans masque les uns à côté des autres pendant des heures, on se dit que les masques et le gel doivent, outre leur absence de qualité prophylactique a posteriori, être le dernier des soucis des ravers...

Petite anecdote cocasse qui prête à rire (jaune), le même Préfet d'Ille et Vilaine avait interdit la semaine dernière la vente d'alcool à emporter du 31 décembre à 16 heures au 1er janvier à 14 heures. Quand on connaît les produits utilisés  dans les rave parties, on repense inéluctablement au sketch de Bourvil : « l'alcool, non. Mais l'eau ferrugineuse, oui », qui sera remis au goût du jour par « la bière et le vin, non. Mais les amphétamines et l'ecstasy, oui ».

Après la rave party bretonne, passons à une autre tradition née à l'autre bout de la France, l'Alsace, il y a quelques années : les incendies de voiture pour fêter la Saint Sylvestre. On pouvait imaginer que cette année, avec le couvre-feu (ce n'est pas un jeu de mots), il n'y aurait pas d'incendies de voitures.

Patatras, il y a eu cette année 861 voitures brulées. C'est certes beaucoup moins que l'an dernier où 1457 véhicules étaient partis en fumée, mais comment expliquer, alors que des millions de Français se sont contentés d'un réveillon en tête à tête, sans famille et sans amis, que des voyous aient pu incendier 861 véhicules en toute impunité ? Les incendiaires avaient-ils rempli leur attestation pour justifier leur sortie sous « couvre-feu » (les guillemets s'imposent) ?

Pendant ce temps, des personnes revenant d'obsèques ou malades Alzheimer ont été verbalisées pour défaut d'attestation ces derniers mois sans que l'État fasse preuve d'une quelconque mansuétude à leur égard...

Le syndrome de la France des quarante dernières années qui atteint son paroxysme aujourd'hui : un État implacable avec les faibles mais d'une lâcheté sans nom avec les « forts ».

Un livre pourrait cartonner dans les librairies en 2021 : « l'autorité de l'État pour les nuls » ...

02/01/2021 - Toute reproduction interdite. 

 



Free-photos/Pixabay
De Philippe David

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