Théo, le jeune vendeur assassiné dans une boutique Bouygues Telecom à Claye-Souilly (Seine et Marne), « venait de décrocher son baccalauréat", a expliqué la procureure de Meaux, Laureline Peyrefitte, samedi. Son agresseur, d’origine sénégalaise, était défavorablement connu des services de police. Une autre jeune de 20 ans, en contrat d’alternance, a été grièvement blessé. Au-delà du fait divers, ce meurtre pose une nouvelle fois la question : comment un étranger déjà fiché pour faits de violence, peut-il demeurer en situation régulière en France ?

La chronique de Philippe David.

Théo venait d’avoir 18 ans, il était beau comme un enfant, fort comme un homme. Il venait d’obtenir son baccalauréat, travaillait pour se faire un peu d’argent avec lequel il pourrait s’offrir quelques vacances. Il avait toute une vie devant lui mais il est mort samedi après-midi, poignardé en plein cœur pour un différent de tarification sur un appel vers le Sénégal entre son employeur, Bouygues Telecom, et son assassin.

Car Théo a été assassiné. Ce n’est pas un meurtre, ce ne sont pas des coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner mais un assassinat. Prémédité puisque Ousmane D, l’assassin présumé est venu deux fois sur les lieux du crime, le 6 juillet, il y est resté 10 minutes, puis le 9 juillet où il y est resté 30 minutes. Avant de commettre l’irréparable le 10 et d’assassiner Théo d’un coup de couteau dans le cœur et en plantant un autre coup de couteau dans la poitrine de son collègue âgé de 20 ans dont le pronostic vital n’est a priori plus engagé. Et quand on plante un coup de couteau dans le cœur c’est pour tuer, n’en déplaise aux jurés des assises de l’Isère qui ont requalifié de « meurtre » en «coups mortels et violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner avec arme » le coup de couteau dans le cœur asséné à Adrien Perez, 26 ans, par deux voyous de la pire espèce qui n’ont en conséquence pris que 15 ans de réclusion pour avoir brisé une vie et une famille.

L’assassin présumé de Théo, Ousmane D, est de nationalité sénégalaise et est notamment inscrit au traitement des antécédents judiciaires (TAJ, fichier de police judiciaire alimenté par la police et la gendarmerie) pour plusieurs affaires de violences et de vols commis entre 1993 et 2006. Bien qu’il soit fiché et malgré sa dangerosité, il était toujours en situation régulière en France, son titre de séjour expirant le 20 juillet prochain.

Et dès lors des questions maintes fois posées se reposent inéluctablement…

Comment un étranger connu pour de multiples faits de violence peut-il encore être présent sur le territoire national ? Pourquoi n’a-t-il pas été expulsé ? Avec quel argent vivait-il ? Bref des questions de bon sens que nous ne devrions jamais avoir à nous poser si l’État avait encore un semblant d’organisation et d’autorité. Et une fois les réponses obtenues se poser la question de savoir qui sont les responsables et les coupables.

Car si pour les « black lives matter » les vies noires comptent, les vies françaises comptent aussi…

11/07/2021 - Toute reproduction interdite


Théo âgé de 18 ans a été assassiné et un collègue a été poignardé dans une boutique de téléphonie à Claye-Souilly le 11 juillet 2021. (Illustration)
©Eric Gaillard/Reuters
De Philippe David