Les petits commerces sont fortement impactés par la crise sanitaire. Pour le député du Vaucluse Julien Aubert (LR), cette situation est intolérable. Il a donc initié une pétition pour demander au gouvernement de soutenir les commerçants.

                                                                       Entretien conduit par Emmanuel de Gestas

GGN : Pourquoi avoir lancé cette pétition ?

Julien Aubert : Pour que les gens concernés par les mesures gouvernementales puissent s'exprimer. Il me parait légitime que le gouvernement soit interpellé sur ce sujet. En effet, le distanciel règle des fermetures sur une notion d'essentiel et de non essentiel, qui échappe à toute logique sanitaire.

GGN : Que préconisez-vous pour sauver les petits commerces de la crise sanitaire ?

Julien Aubert : Il faudrait d'abord regarder ce qui se fait à l'étranger pour s'inspirer des bonnes pratiques. Il n'y a pas qu'un seul confinement, il y en a plusieurs. Par exemple en Espagne, il y a une règle de limitation de la taille des commerces. On protège les petits commerces comme à Séville, ou ceux dits « non essentiels » restent ouverts jusqu'à 18 heures. Le deuxième conseil serait de de substituer à cette règle « essentiel/non-essentiel » très subjective, une règle plus objective pensée sur la capacité de mettre en œuvre des protocoles sanitaires issus d'études fiables. Je recommande enfin d'avoir une approche commune par commune, département par département, en permettant des dérogations motivées sur le bon sens.

GGN : Vous plaidez pour une distinction entre les zones peu touchées par le virus qui pourraient garder une activité économique et des zones « rouges », qui devraient rester à l'arrêt. Comment expliquez-vous que le gouvernement refuse ce discernement ?

Julien Aubert : Je crois qu'aujourd'hui le virus touche toutes les régions. Le gouvernement a donc tendance à considérer que tout le monde doit être traité à la même enseigne. Maintenant, nous verrons si les règles évoluent au niveau communal ou préfectoral. Le bon sens l'exige. Il y a aussi des règles stupides. Au-delà des commerces, le maintien de la règle des 1km de déplacements dans les campagnes est absurde !

GGN : Plus globalement, comment jugez-vous la gestion de la crise de la crise sanitaire par le gouvernement ?

Julien Aubert : Il n'y a pas de gestion de la crise sanitaire. Déclarer un confinement, ce n'est pas gérer la situation. Tirer les conséquences d'une crise sanitaire en essayant d'éviter le pire, ce n'est pas de la gestion.

GGN : Combien de signatures a recueilli votre pétition ?

Julien Aubert : J'ai choisi d'envoyer le courrier au Premier ministre au bout d'une semaine. Il y avait alors près de trois mille cinq cents signatures. Il y en a maintenant entre quatre et cinq mille.

17/11/2020 - Toute reproduction interdite


Julien Aubert
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De Emmanuel de Gestas