Analyses | 18 juin 2020

Jacqueline Eustache Brinio : Où va la France ?

De GlobalGeoNews GGN
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Jacqueline Eustache Brinio est Sénatrice du Val d'Oise. Suite aux affrontements communautaristes à Dijon et aux mouvements en faveur d'Adama Traoré, elle rappelle la nécessité de rassembler la France autour des valeurs fondamentales de la République.

                                                                                                     Tribune.

Les semaines qui viennent de s’écouler ont vu la France subir une vague de violences surréalistes, conséquence de manifestations organisées par des mouvements indigénistes et racialistes visant à réduire nos concitoyens à leur origine ethnique. Enfermer les individus dans une définition raciale, en niant leur liberté de conscience et de choix, est le propre de tous les racismes ; la mobilisation violemment revendicative à laquelle nous assistons aujourd’hui n’en est qu’une illustration supplémentaire. Elle remet gravement en cause notre pacte républicain.

Par ailleurs, le mouvement qui s’est levé en faveur d’Adama Traoré, comme les affrontements entre communautés qui ont eu lieu à Dijon, témoigne de l’échec cuisant des politiques d’intégration et de « vivre ensemble » menées au cours des quarante dernières années. Des minorités hostiles à la France n’hésitent plus à mettre en péril la cohésion nationale et posent la question de la « libanisation » de notre société, dont les conséquences seraient dramatiques pour l’unité de notre pays. Il nous appartient de refuser que des communautés vivent séparées les unes des autres, face à face, en imposant leurs règles et leurs lois. La France est une et indivisible et nous devons réaffirmer au quotidien les valeurs universalistes qu’elle porte et qui s’imposent à tous. Il est évident que ces groupuscules ont été formés par une élite, dont la parole influence dangereusement une partie des générations d’aujourd’hui. À défaut d’une réaction rapide et d’une prise de conscience collective, les fractures seront irréversibles pour la France d’aujourd’hui, mais surtout pour celle de demain, pour celle de nos enfants.

En effet, il nous appartient de ne jamais renoncer, afin de faire respecter la loi et la République partout et pour tous. Depuis trop longtemps, l’État a cédé un peu plus de terrain chaque jour, en renonçant à des pans entiers de l’autorité nécessaire à toute collectivité humaine.

Nous devons aussi nous poser la question de la réponse pénale. Comment admettre que des individus qui commettent des délits les uns après les autres n’aient plus peur des peines qu’ils risquent et que toute sanction n’ait plus valeur d’exemple et de dissuasion dans leur comportement ?

Force est de constater que la parole présidentielle du « en même temps » depuis trois ans a précipité notre pays dans les difficultés que nous avons à gérer aujourd’hui. Une nation ne peut, en effet, se rassembler qu’autour d’une vision claire et d’une ligne intangible. Le compromis permanent, qui s’apparente de plus en plus souvent à la compromission, ne peut conduire qu’à la dissolution du pacte républicain, de la Nation et à la remise en cause de la loi.

Il est grand temps que l’État cesse de reculer. Ni la religion, ni les origines ethniques ne doivent s’imposer à la loi de la République, inflexible et identique pour tous. Il appartient à chacun d’entre nous de refuser le rejet de notre histoire face aux discours victimaires et de permettre à tous les jeunes qui vivent sur notre territoire de se l’approprier, en pleine conscience de ses forces, comme de ses faiblesses. Refusons d’être constamment dans la repentance : on ne refait pas l’Histoire, on se l’approprie, et les historiens sont là pour rappeler les faits. Refusons les anachronismes et transmettons l’amour de la France. Alexis de Tocqueville nous rappelle que « le passé n’éclairant plus l’avenir, l’esprit marche dans les ténèbres ». Veillons ensemble à ce que le pays des Lumières puisse toujours puiser la force de repousser l’obscurantisme dans toutes ses formes dans la mémoire de ceux qui l’ont bâti au fil des siècles.

19/06/2020 - Toute reproduction interdite.


Les initiales de la République Française au Palais de l'Elysée à Paris
Philippe Wojazer/Reuters
De GlobalGeoNews GGN

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