Analyses | 24 septembre 2020

Jacqueline Eustache-Brinio, la vigie de la République

De Emmanuel de Gestas
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Sénatrice du Val d’Oise (LR), Jacqueline Eustache-Brinio a été la rapporteuse de la commission d’enquête sur la radicalisation islamiste qui a rendu un rapport alarmant en juillet dernier. Il faut saluer l’immense courage de cette sénatrice qui a la lucidité de s’opposer à l’islam radical et prône un retour nécessaire aux fondements de la République.

                                                                          Par Emmanuel de Gestas

Dès le début de l’entretien, au palais du Luxembourg, Jacqueline Eustache-Brinio prévient : « J’aime les choses claires ! ».

Pour la sénatrice Les Républicains du Val d’Oise, tout l’a toujours été. À commencer par son parcours politique. Née en 1956 dans une famille « peu politisée », elle se forge des convictions de droite dès le lycée. Quand tous ses camarades sont communistes, trotskystes, anarchistes ou maoïstes, elle choisit presque instinctivement de militer à droite. Nous sommes en 1974 et Valéry Giscard d’Estaing, jeune candidat pour l’époque (il n’a que quarante-huit ans), la fascine : « J’étais très enthousiaste ! J’avais beau être encore mineure et ne pas pouvoir voter, j’ai fait toute sa campagne, tracté, collé des affiches. Je suis allée aux meetings, et à sa remontée des Champs Élysées - une première pour un Président nouvellement élu - entraînant ma famille derrière moi » se souvient-elle un brin nostalgique. Dans la foulée, elle adhère au mouvement des jeunes giscardiens.

En 1983, repérée par le maire de sa commune du Val d’Oise, Saint Gratien, elle s’engage plus activement encore en étant élue adjointe au maire sous l’étiquette UDF.

Elle restera au service de sa commune jusqu’à en devenir maire.

En 2017, elle est élue sénatrice Les Républicains.

Depuis longtemps, elle observe avec inquiétude l’islamisation de pans entiers du territoire national où les lois de la République cèdent progressivement le pas à celles des caïds et de la Charia. « On peut remonter à l’affaire du voile de Creil en 1989, mais pour moi, le déclic s’est fait après les attentats du 11 septembre » se souvient-elle.

Elle décide d’agir.

Sous l’impulsion du sénateur de Vendée Bruno Retailleau, elle est nommée rapporteur d’une commission d’enquête parlementaire sur l’islamisme en novembre 2019.

Ce qu’elle y découvre lors des différentes auditions, et ce qu’elle révèle, fait froid dans le dos : l’entrisme des divers mouvements islamistes - salafistes, Frères Musulmans - au sein de la société française, est en progression constante.

« Il faut marquer un coup d’arrêt ! Il faut réaffirmer notre culture, nos lois et nos mœurs face à ces gens dangereux » argumente-t-elle.

La sénatrice ne craint nullement les menaces. Elle s’amuse même de la lâcheté du Collectif Contre l’Islamophobie en France (CCIF), officine liée aux Frères Musulmans qui refuse de se rendre à la convocation devant la commission d’enquête, pourtant obligatoire. « Ils ont eu peur de la confrontation idéologique, ils savaient parfaitement que nous dévoilerions alors leur vrai visage » raille-t-elle.

Inconséquence ou faiblesse d'Emmanuel Macron ?

Jacqueline Eustache-Brinio sait que ses travaux sur ce sujet ultra-sensible sont suivis au plus haut niveau de l’Etat : « La première fois que le Président de la République a pris la parole au sujet de l’islamisme, c’était quelques jours après l’installation de notre commission » se souvient-elle.

Mais elle se fait d’autant plus sévère : Emmanuel Macron n’a, selon elle, absolument pas pris la mesure du problème. Par inconséquence, faiblesse ou peur ? « Par son entourage ! » Tranche Jacqueline Eustache-Brinio, pointant du doigt ses collaborateurs à l’Elysée, « issus de l’école américaine, fascinés par le multiculturalisme ».

Car au fond, le nœud du problème se situe là : pour elle, la France n’est absolument pas un pays multiculturel et n’a nullement vocation à le devenir. « Qu’on arrête de nous parler de séparatismes au pluriel ! Le problème actuel, ce ne sont pas les Corses ou les Bretons, ce sont les islamistes ! » tonne-t-elle.

Qu’on se le dise : Jacqueline Eustache-Brinio, bien décidée à lutter pied-à-pied contre l’islamisation de la France, est devenue la vigie de la République. Quoi qu’il lui en coûte.

25/09/2020 - Toute reproduction interdite.


Vue générale de l'hémicycle lors d'une session au Sénat à Paris le 7 avril 2015
Charles Platiau/Reuters
De Emmanuel de Gestas

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