Interviews | 6 juin 2020
2020-6-6

Ivan Rioufol : « L’antiracisme est une imposture »

De Emmanuel de Gestas
4 min

La crise identitaire traversée par la France prend une tournure inquiétante avec l’irruption, sous couvert d’antiracisme, de thèses racialistes et d’actions violentes venues d’outre-Atlantique. Comment en sommes-nous arrivés là ? Comment renouer avec notre roman national ?  Ivan Rioufol, journaliste au Figaro et auteur du livre « Les traitres - ils ont abandonné la France », qui alerte depuis des années contre la dérive communautariste, nous livre quelques clés essentielles pour résister à la déconstruction de notre histoire et de la société.

                                                                  Entretien conduit par Emmanuel de Gestas

GGN : Des militants d’extrême-gauche et décoloniaux s’en prennent aux statues de nos grands personnages historiques comme Colbert, De Gaulle, ou Napoléon ; quels sont les objectifs de de ces nouveaux iconoclastes ?

Ivan Rioufol : Nous assistons à une opération suicidaire de subversion du monde occidental, par le biais de l’idéologie « antiraciste » mise au service des minorités ethniques et religieuses. Ce mouvement de fond, planétaire, s’accompagne d’une culpabilisation du monde libre, qui est prêt désormais à reconnaître unilatéralement « ses fautes » concernant la colonisation ou l’esclavage. En France, l’ancien premier ministre Jean-Marc Ayrault, appuie les revendications des activistes qui réclament la tête de Colbert, réduit à la rédaction du Code noir. Au cœur de la République, ces traîtres sont légion, tant le politiquement correct a tout envahi. Vous ne verrez jamais une autorité musulmane s’excuser pour la colonisation durant huit siècles de la péninsule ibérique ou pour des pratiques esclavagistes qui perdurent ici et là dans des pays islamiques.

GGN : Dans l’Histoire, la destruction du passé fut souvent le prélude à la barbarie et au totalitarisme. Comment affirmer notre roman national et notre civilisation face à ces « nouveaux barbares » ?

Ivan Rioufol : Le préalable est de lutter contre ce poison idéologique qu’est « l’antiracisme », qui a désarmé le monde occidental. Il faut dénoncer l’imposture de ce faux humanisme qui introduit du racialisme dans les rapports humains. Le New York Times a décidé d’écrire Black avec un b majuscule, mais white avec un petit w ! Au nom de l’antiracisme, ce journal réintroduit une hiérarchie entre les races ! Il faut aussi dénoncer tous les nouveaux « collabos » qui sont prêts à rendre les armes devant des minorités agressives et violentes qui se comportent comme des occupants et des colonisateurs.

GGN : Plus profondément, le mal de notre époque n’est-il pas le nominalisme ; ce que l’on nomme existe, ce que l’on tait disparait instantanément ? Comment lutter contre cette défaite de la pensée ?

Ivan Rioufol : Nommer les choses est essentiel. C’est pourquoi, en tant que journaliste, je m’applique à décrire les désastres causés par les idéologues de la diversité et du « vivre ensemble », qui ont ouvert la France à la libanisation et à l’islamisation de certains quartiers. Il faut arracher le masque de ces faux humanistes, faux donneurs de leçons, qui sont aveuglés par la haine de l’Occident et de l’homme blanc judéo-chrétien, c’est-à-dire par la haine d’eux-mêmes.

GGN : Notre pays se fracture, s’archipelise, entre les banlieues et les grandes villes qui risque de faire peu à peu sécession d’avec le reste du pays réel. Comment donc recréer une unité nationale ?

Ivan Rioufol : Il faut sortir le pays de son somnambulisme, créé par les vapeurs éthérées du conformisme intellectuel. Pour cela une résistance populaire doit s’organiser. Celle-ci ne doit pas craindre de désigner l’ennemi. L’ennemi n’est pas tant le barbare qui tente de s’installer dans un vide, que tous ceux qui ont créé ce vide en vidant la nation de sa substance, de son âme. Derrière les Verts, c’est l’extrême gauche mondialiste et pro-islamiste qui se profile. Une guerre de reconquête est à mener. Les armes doivent être la libre parole, la vérité. Les faits sont les meilleurs alliés.

GGN : « La France ne peut être la France sans la grandeur » disait le Général De Gaulle, comment renouer avec celle-ci, comment renouer avec notre destin national ?

Ivan Rioufol : En faisant preuve de courage, pour affronter ceux qui rêvent d’une France dissoute dans la « société ouverte », c’est-à-dire dans un universalisme instrumentalisé au profit d’une immigration de remplacement.

GGN : Charles De Gaulle disait aussi que les grands hommes le sont pour l’avoir voulu. Qui, en France, pourrait vouloir réellement mettre ses pas dans ceux de ces grands hommes qui ont fait la grandeur de notre pays ?

Ivan Rioufol : Notre société émolliente et pacifiste ne produit plus de grands hommes. En tout cas, je n’en vois pas dans un proche horizon. En revanche, je vois une société civile indignée par son abandon, indignée par la lâcheté des dirigeants, indignée par les injustices qui frappent aujourd’hui les « Blancs », accusés d’être des « privilégiés » par ceux qui les ont rejoints et qui se réclament de la couleur de leur peau ! Cette France furieuse est en elle-même une force de résistance : c’est elle le grand homme. Il reste à canaliser son expression, à travers un mouvement unitaire rassemblant tous ceux qui ne veulent pas voir mourir la France millénaire. Cela fait du monde !

06/07/2020 - Toute reproduction interdite


Une statue de Voltaire, écrivain et philosophe français des Lumières, est vue couverte de peinture rouge à Paris, le 22 juin 2020.
Gonzalo Fuentes/Reuters
De Emmanuel de Gestas