Analyses | 17 octobre 2020

Islamisme : Martyrs et collabos

De Francis Mateo
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« Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde ». La célèbre phrase d'Albert Camus oblige à identifier l'islamisme comme ce qu'il est : un projet politique à visée totalitaire. C'est même sans doute le seul fascisme à l’œuvre actuellement en Europe.

                                                                          La chronique de Francis Mateo 

L'islamisme, ce fascisme contemporain, a encore tué en France. La dernière victime en date s'appelle Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie. Il a été décapité pour avoir enseigné à ses élèves de quatrième les valeurs de la liberté d'expression, dans un cours illustré par des caricatures de Mahomet. « Ils ne passeront pas ! », a réagi le président Emmanuel Macron. Une réaction qui fait écho au « ¡No pasarán! » des Républicains espagnols face à la montée du franquisme en 1936. Le cri d'alerte annonçait à l'époque une guerre civile sanglante dont l'Espagne ne sortira véritablement que quarante ans plus tard. Certes, l’histoire ne se répète jamais de la même manière, mais quel que soit son visage, le fascisme prospère sur des critères invariables : détestation de la liberté d’expression, soumission de la femme, délation et violences physiques, jusqu'à la glorification de la mort. « Viva la muerte » (vive la mort !), criait José Millán-Astray en son temps pour galvaniser les troupes fascistes. Les prédicateurs islamistes - comme Abdelhakim Sefrioui aujourd'hui en France - reprennent ce mot d'ordre au nom d'un autre dieu, mais avec la même ferveur mortifère. À l'instar du national-socialisme des années 30 en Allemagne, les islamistes ont aussi leurs partis, dont le mouvement des Frères musulmans et le salafisme. Et ils ont aussi évidemment leur programme (1), qui annonce et encourage les massacres perpétrés en France ou ailleurs.

« Ils ne passeront pas »

La décapitation de Samuel Paty s’inscrit donc dans ce projet fasciste. Et ce n'est pas « un palier » supplémentaire, mais une bataille de plus. Sinon comment qualifier l'assassinat par un islamiste de trois enfants et d'un enseignant dans une école juive à Toulouse en 2012 ? Et les 260 meurtres perpétrés dans l’Hexagone au nom d'Allah ces cinq dernières années ? Toutes ces victimes sont les martyrs d'une lutte politique à visée totalitaire. Une lutte qui trouve malheureusement aussi ses « collabos », jusque dans certains grands médias. On les reconnaît facilement à travers la formule « oui mais », cherchant à nuancer les crimes avec les arguments des bourreaux sous prétexte d'objectivité (« Cinq minutes pour Hitler, cinq minutes pour les Juifs », comme dirait Jean-Luc Godard). Ce sont ceux-là qui n'ont pas voulu, par exemple, soutenir la parution des caricatures de Mahomet publiées par Charlie Hebdo. Ce sont également ceux qui soutiennent, comme Abdallah Zekri (2), qu'une jeune fille, Mila, a « bien cherché » des menaces de mort pour avoir tenu des propos « blasphématoires » sur les réseaux sociaux.

Face aux agressions islamistes, d'autres s'habillent en « munichois » : en Espagne, le gouvernement régional catalan vient d'autoriser l'enseignement de l'islam à l'école. Et les professeurs de religion seront ici sélectionnés par le Conseil Islamique de Catalogne, une structure qui dépend de la Commission Islamique d'Espagne... contrôlée par les Frères musulmans ! Une autre version du pacte de Faust.

Reste enfin la catégorie des résistants, qui s'opposent à la montée de ce fascisme islamiste sans distinction de genre, de philosophie ni de religion, les défenseurs de la laïcité, de la liberté d’expression, unis dans une même clameur : « ¡No pasarán! »

(1) lire « Le Projet » (sur la stratégie de conquête et d'infiltration des frères musulmans en France et dans le monde), d'Emmanuel Razavi et Alexandre Del Valle (Éditions L'Artilleur)

(2) Abdallah Zekri est président de l'Observatoire de lutte contre l'islamophobie

18/10/2020 - Toute reproduction interdite


Un homme lis un numéro de l'hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo , dans un café de Nice, le 14 janvier 2015.
Eric Gaillard/Reuters
De Francis Mateo

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