Spécialiste de la géopolitique du Moyen-Orient, Emmanuel Razavi a réalisé depuis 20 ans de nombreux reportages sur l'organisation islamiste des Frères Musulmans (pour Arte, Figaro Magazine, GlobalGeoNews), et sur les djihadistes de plusieurs mouvances (pour Paris Match, Valeurs Actuelles et M6).  Il est aussi coauteur, avec Alexandre del Valle, du livre enquête  « Le projet, stratégie de conquête et d'infiltration des Frères Musulmans en France et dans le monde » (l'Artilleur, 2019).

Face à l'islamisme, il prévient : il faut une réponse très forte de l'État. Sinon, ce sera la guerre civile.

                                                                                         Edito.

L'organisation islamiste des Frères Musulmans, soutenue par la Turquie et le Qatar, veut faire vaciller la République française. Leur objectif, clairement écrit dans leur charte fondatrice : instaurer un califat partout où se trouve un musulman.

Plusieurs de leurs cadres, que j'ai rencontrés et interviewés à maintes reprises, le disent : c'est depuis la France qu'ils islamiseront l'Europe.

Il y a assurément bien peu de chances qu'ils y parviennent.

Cependant, à coups d'attentats, de victimisation et d'anathèmes, ils risquent de plonger la France dans la guerre civile. Cela est d'autant plus probable qu'ils ne sont pas dans une stratégie du séparatisme, mais bien dans celle de la conquête.

Le plus dangereux, c'est l'absence de réponse de l'État.

S'il veut vraiment mettre un terme au terrorisme islamiste, le ministre de l'Intérieur français Gérald Darmanin doit d'abord démanteler toutes les organisations liées philosophiquement à cette confrérie islamiste qui a inspiré al Qaïda, et dont les théoriciens sont ouvertement antisémites et pronazis. Elles sont des centaines sur le territoire français, qui se cachent derrière le statut de la loi 1901, qu'elles contournent. Elles sont pour la plupart issues de l'ex-Union des Organisations Islamiques de France - inscrite sur la liste des organisations terroristes des émirats Arabes Unis - rebaptisée opportunément association des « Musulmans de France ».

Darmanin doit ensuite expulser tous les activistes islamistes qui ne sont pas français. Enfin, faire interpeller leurs chefs, tous connus des services de renseignement, car ils ont un discours et des actes ouvertement anti-français, antirépublicains, anti-laïcs, anti-démocratiques.

Il faut le répéter : si l'on veut protéger nos concitoyens - parmi lesquels une majorité de Français de confession musulmane ne veulent pas entendre parler d'islamisme - alors il faut frapper fort contre l'extrémisme.

Quitte à rompre nos relations diplomatiques avec la Turquie et le Qatar, qui conseillent et financent ces organisations, il faut entrer dans un schéma de riposte concret face à la guerre idéologique et terroriste qu'ils nous ont déclarée.

Pour l'heure, on en est loin.

Le problème est que le Président de la République semble ne pas avoir pris la mesure de la menace. Se laissant influencer par des représentants de la communauté musulmane dont certains ont un discours ambigu, à l'instar du président du conseil du culte musulman Mohamed Moussaoui qui a récemment expliqué à la télévision que "pour préserver l'ordre public, il faut parfois renoncer à certains droits", il en perd de vue que nos concitoyens de confession musulmane, qui vomissent l'islamisme, n'ont rien à voir avec ces gens-là et ne veulent pas entendre parler d'eux.

Agir pour préserver la paix

Depuis plus de 15 ans, des journalistes, des chercheurs et des agents du renseignement ont annoncé ce qui allait se passer. Ils ont expliqué que la stratégie de victimisation des islamistes dit modérés et le terrorisme, faisaient partie d'un même tout.

Ils n'ont pas été écoutés. Pire : ils ont été traités d'islamophobes ou de fascistes alors même que figuraient parmi eux des musulmans.

Parce que nos gouvernants n'ont pas écouté, parce qu'ils n'ont pas eu le courage d'agir, le sang coule chaque jour davantage sur la France. Il faut en finir avec cette lâcheté politique et avoir enfin le courage de la riposte républicaine.

Pour préserver la paix civile et la démocratie.

29/10/2020 - Toute reproduction interdite.


Des gens se rassemblent devant le collège du Bois d'Aulne après l'attentat de Conflans St Honorine, en banlieue parisienne, le 17 octobre 2020.
Charles Platiau/Reuters
De Emmanuel Razavi

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