Depuis plusieurs jours, l’heure est à la recherche des disparus en Allemagne et en Belgique suite à des intempéries inédites par leur ampleur. Au moins 196 personnes ont perdu la vie selon un bilan provisoire et les dégâts se chiffrent en millions, si ce n’est en milliards d’euros. Avant de quitter la chancellerie en septembre prochain, Angela Merkel doit affronter l’une des pires catastrophes naturelles de l’histoire récente du pays.

Par Alixan Lavorel. 

L’émotion est encore palpable en Allemagne. Des pluies diluviennes se sont déversées entre le 14 et le 15 juillet dernier sur l’Ouest du pays et un bilan tragique a été dressé par les autorités. 196 personnes sont décédées – entre l’Allemagne et la Belgique - dans les intempéries, selon un décompte encore provisoire et qui risque de s’alourdir. Rien qu’outre-Rhin, au moins 165 allemands qui ont perdu la vie (et 31 en Belgique), principalement en Rhénanie-Palatinat et en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, les deux Länder les plus touchés. Les images d’inondations spectaculaires, de coulées de boue gigantesques ou de villages littéralement effondrés sur eux-mêmes comme à Erftstadt près de Cologne, ont fait le tour de l’Europe. À l’heure actuelle, plusieurs centaines de personnes sont toujours portées disparues après des événements « dignes de la guerre », selon le témoignage de certains habitants des villages sinistrés.

Le dimanche 18 juillet, la chancelière Merkel s’est déplacée en Rhénanie-Palatinat pour constater les dégâts et échanger avec les victimes de cette dévastation « surréaliste », notamment subie par les habitants du village de Schuld, non loin de Bonn, où 112 personnes ont perdu la vie. Des victimes dont « le destin nous déchire le cœur », selon les mots de président de la République Frank-Walter Steinmeier. Chaussures de randonnée aux pieds, Angela Merkel a annoncé sur place que « le gouvernement fédéral et les régions agiront ensemble pour remettre progressivement de l’ordre ». Selon le ministre des Finances Olaf Schol, une aide d’urgence d’au moins 300 millions d’euros a été débloquée, avant la présentation d’un plan investissements massifs de plusieurs milliards d’euros, permettant de reconstruire les zones détruites. Car la tâche est titanesque selon les élus et les médias locaux. Boue à retirer, eau à pomper hors de tous les bâtiments dont certains devront être détruits à cause des infiltrations. L’eau, le gaz, l’électricité, internet, le réseau mobile devront aussi être rétablis. Les crues seraient en partie expliquées par le dérèglement climatique selon la chancelière : « Nous devons nous dépêcher, nous devons être plus rapides dans la lutte contre le changement climatique ».

Le rire du (potentiel) futur chancelier qui ne passe pas

Une « catastrophe d’ampleur historique ». Ce sont les mots de Armin Laschet. Son nom s’est retrouvé sur les lèvres de beaucoup d’Allemands depuis cinq jours. Le nouveau chef de file des chrétiens-démocrates (CDU), pressenti pour prendre la relève d’Angela Merkel lors des prochaines élections législatives de septembre 2021 a été à l’origine d’une polémique. Alors qu’il est le président de l’une des deux régions les plus touchées - la Rhénanie du Nord-Westphalie - il est apparu hilare près de 30 secondes, à l’occasion d’un discours d’hommage prononcé par Franck-Walter Steinmeier. Une situation qui a eu le don d’agacer outre-Rhin et qui a poussé le candidat à la chancellerie à s’excuser : « Je regrette l’impression qu’a donnée une conversation. C’était inapproprié et j’en suis désolé », a-t-il déclaré sur Twitter.

Après avoir mené la Bundesrepublik pendant près de 16 ans et à tout juste deux mois de la fin de son dernier mandat, Angela Merkel doit affronter sa dernière bataille. Ses ultimes actions en tant que chancelière seront celles d’une dirigeante tentant d’engager la transition politique avec son successeur sans trop de casse, sur le terrain encore boueux des conséquences du changement climatique.

19/07/2021 - Toute reproduction interdite


Un camion de pompiers est bloqué dans une rue inondée suite à de fortes pluies à Erftstadt, en Allemagne, le 16 juillet 2021.
© Thilo Schmuelgen/Reuters
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