Analyses | 18 septembre 2019

Immigration : Un débat nécessaire

De Emmanuel Razavi
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Emmanuel Razavi, directeur de la rédaction de GlobalGeoNews revient sur les récentes déclarations d'Emmanuel Macron en matière d'immigration.

Emmanuel Macron a fait le choix courageux d’ouvrir le débat sur l’immigration, sujet sensible qui divise jusque dans son camp. Bien sûr, l’immigration est nécessaire à notre pays. Elle représente une richesse intellectuelle, politique et économique dont il ne doit ni ne peut se passer. Elle doit toutefois être davantage contrôlée.

Selon l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) le nombre de demandeurs d’asile en France est en hausse d’environ 22,5 % par rapport à l'année passée. Alors que les flux d’entrées de migrants diminuent en Europe, ils augmentent parallèlement chez nous, avec 255 956 premiers titres de séjours délivrés en 2018. Parmi les demandeurs : des Afghans, des Géorgiens, des Syriens.

Si l’on doit s’enorgueillir que la France reste une terre d’accueil, précisons qu’il est impossible d’émigrer dans la plupart des grandes démocraties - comme les Etats-Unis ou le Canada -, sans répondre à des critères bien précis. Ces pays, que l’on ne peut en aucun cas accuser de racisme, ont un principe limpide, pourtant considéré en France comme une obscénité : ‘’l’immigration choisie’’. Ils ont en effet compris depuis longtemps qu’il leur était impossible d’accepter tout le monde, n’importe comment et n’importe où sur leur territoire.

Oui, osons le réaffirmer, l’immigration est une chance pour la France ! Mais celle-ci doit toutefois répondre à des critères.

Le premier d’entre eux doit être que les prétendants à l’immigration adhèrent à notre système de valeurs, à notre projet de société, à notre culture et notre langue. Qu’ils apportent à notre pays une compétence professionnelle - qu’elle soit manuelle ou intellectuelle -, et une compétence économique.

L’immigration doit aussi être synonyme d’intégration et d’acceptation de ce que sont les principes d’égalité entre les citoyens - quelles que soient leurs origines et leur sexe -, et de patriotisme. Car on ne peut prétendre devenir un citoyen de France si l’on ne partage pas ses idéaux.

Soyons clair : ceux qui, venant d’un pays étranger, prétendent vouloir nous imposer leurs us et coutumes, leurs lois et leur échelle de valeurs, ne peuvent avoir droit de cité dans notre démocratie.

Sinon, c’est la voie ouverte à une société communautarisée, fracturée.

Depuis 40 ans, personne n’ose regarder en face cette question de façon apaisée et pragmatique. En cause, une bien-pensance imposée par certaines associations antiracistes et une partie des élites de gauche, devenues les disciples de l’inversion des valeurs et de la déconstruction républicaine.

« Regarder les choses en face »

Le président de la République Emmanuel Macron l’a dit avec lucidité devant une assemblée de parlementaires : « Nous n’avons pas le droit de ne pas regarder ce sujet en face (…). En prétendant être humaniste, on est parfois trop laxiste ».

Laxistes, nous ne devons plus l’être. Nous n’en avons plus les moyens. Car nous le constatons chaque jour, la société française ne cesse d’être fracturée culturellement par des groupes indigénistes et communautaristes qui prétendent la refaçonner à leur goût.

Face à eux, l’extrême droite identitaire se positionne, et attend son heure. « Les classes populaires ont migré vers l’extrême droite », a dit le chef de l’Etat. « On est comme les trois petits singes : on ne veut pas regarder ». Tout le prouve, à commencer par les réactions de certains députés de son propre camp - visiblement déconnectés des réalités -, qui lui demandent de ne pas ‘’hystériser’’ le débat.

Alors oui, Vive l’immigration ! Celle des étudiants qui viennent apprendre chez nous. Celle des chercheurs qui nous apportent leur savoir. Celle des entrepreneurs, des ouvriers ou des artisans qui participent à la construction de notre avenir, comme celle des réfugiés politiques avérés que nous avons le devoir de protéger. Mais non, tout simplement non à ceux qui choisissent la France sans adhérer résolument à tout ce qui contribue à l’âme de la nation. Le dire est faire preuve de bon sens. Ne pas l’accepter consiste à demeurer figé dans le déni.

Quelques soient ses calculs politiques, l’on doit donc se féliciter qu’un président de la République ait enfin le courage d’ouvrir le débat (pourvu qu’il permette d’aborder les nombreux thèmes liés au développement des pays d’origine, dont un certain nombre sont en proie au pillage industriel ou à la guerre civile).

 

19/09/2019 - Toute reproduction interdite


Le président français Emmanuel Macron s'entretient avec Ahmed Adam (G) du Soudan lors de sa visite dans un centre pour migrants à Croisilles, dans le nord de la France, le 16 janvier 2018.
Michel Spingler/Pool/Reuters
De Emmanuel Razavi

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