Passage à tabac, viol, lynchage, coups de marteau, de couteaux ou de sabre… Chaque semaine, une litanie de faits divers, tous plus sordides les uns que les autres, transforme le pays de notre enfance en terra incognita glaçante.

La chronique de Guillaume Bigot.

On assiste à un triple déchainement de violence systémique. Le premier vise les forces de l’ordre. Le deuxième cible les juifs et les chrétiens. Le troisième attaque les indigènes français.

Si l’on met l’ensemble de ces actes bout à bout, ils paraissent moins relever d’une loi des séries que d’un effet de système. Il ne s’agit moins de faits divers que de faits sociaux et politiques.

Or, ces actes et leur caractère répétitif ne sont pas seulement tus ou étouffés.

Ils sont recouverts par un discours orwellien consistant à soutenir que « la guerre, c’est la paix, la liberté c'est l'esclavage, l'ignorance c'est la force etc. »

Cette propagande vise à faire croire qu’il se passe rigoureusement le contraire de ce que tout le monde peut observer.

Dans un pays où les policiers et les gendarmes sont insultés, menacés, frappés et parfois assassinés par des individus qui clament haut et fort qu’ils veulent « fumer du flic », le président de la République défend l’existence d’une violence policière systémique.

Dans un pays où les étrangers sont sur-représentés parmi les auteurs de crimes et de délits[1], les gens comme il faut dénoncent le racisme systémique. Ce racisme est évidemment censé concerner les seuls « racisés » et les blancs en sont réputés les auteurs exclusifs. A cet égard, la vidéo qui a circulé sur Internet, et qui montre un jeune se prétendant algérien hurlant son mépris des noirs a fait l’effet d’une erreur système pour le logiciel de la classe dirigeante.

Dans un pays où les synagogues et les églises doivent être gardées, les gouvernants sont mobilisés par l’islamophobie. Au moindre tag sur une mosquée, le ministre de l’Intérieur se déplace sur place. Les actes islamophobes représentent pourtant moins d’un dixième des actes antichrétiens.

Le discours de la classe dirigeante a certes évolué. Celle-ci reconnaît désormais, du bout des lèvres, la montée de la violence. Gérald Darmanin parle de soldat mort à la guerre. Marlène Schiappa avoue que la maltraitance des femmes et le manque de respect à leur égard est un phénomène géographiquement ciblé, à travers son initiative des « quartiers sans relou. » Emmanuel Macron lui-même établit le lien, jadis tabou, entre immigration et terrorisme.

Mais la classe dirigeante se croit obligée d’équilibrer ces aveux par le matraquage de ses dogmes.

Le besoin de continuer à propager la bonne parole libérale-libertaire et le catéchisme insane du wokisme fait penser au port du masque à l’extérieur.

Nos autorités savent parfaitement cette obligation inutile.

Ceux qui nous dirigent savent aussi pertinemment que les incantations ne serviront à rien pour enrayer le processus d’ensauvagement.

Mais cette couche de verbiage est destinée à préserver l’idéologie dominante d’un contact prolongé avec le réel, contact qui aboutirait à sa complète évaporation.

Cette attitude de déni vise également à éviter à la classe dirigeante d’être confrontée aux effets des choix et des décisions imposées à la population depuis quarante ans sans la consulter.

Encore 5 minutes monsieur le bourreau…

[1] Les statistiques du ministère de la Justice révèlent que 20% des personnes incarcérées en France sont de nationalité étrangère alors que les étrangers représentent 7% de la population.

02/06/2021 - Toute reproduction interdite


Jean Castex, décerne la Légion d'honneur à titre posthume à Stéphanie Monferme, à Rambouillet le 30 avril 2021.
© Ludovic Marin/Pool via Reuters
De Guillaume Bigot