Dans un essai stimulant, "Populophobie : Pourquoi il faut remplacer la classe dirigeante française " (Plon 2020), Guillaume Bigot explique, à travers une analyse historique, économique, sociale et politique, pourquoi la France doit se débarrasser de ses élites au profit de nouvelles, pour pouvoir renouer avec la prospérité et la grandeur.

                                                                           Par Emmanuel de Gestas

En 1994, le sociologue américain Christopher Lasch publiait un essai au titre évocateur qui allait faire grand bruit : La révolte des élites ou la trahison de la démocratie.

Vingt-six ans plus tard, notre chroniqueur Guillaume Bigot s’essaye au même exercice, avec non moins de verve et de talent.

Dans un parallèle intéressant, l’ancien conseiller de Charles Pasqua et Jean-Pierre Chevènement compare la France de 2020 avec celle de 1788, pointant du doigt le retour déguisé à une société d’ordres que la Révolution française était censée avoir à jamais abolie. Mettant en exergue l’entre soi d’élites désormais globalisées, Guillaume Bigot analyse avec finesse les mécanismes quasi communautaires qui permettent à ces élites, qu’il prend le temps de définir avec précision, de faire sécession d’avec le peuple et la Nation.

Mais l’auteur ne s’en tient pas là. Après avoir expliqué les causes économiques, sociales, sociologiques et surtout idéologiques qui fondent ce bloc élitaire, selon l’expression du philosophe Jean-Claude Michéa, Guillaume Bigot s’attache à définir le peuple français. A cet égard, le patriotisme populaire qui fut celui des Gilets Jaunes des ronds-points que met en avant l’auteur pourrait être résumé dans le mot fameux de Charles Péguy : « Les patries sont toujours défendues par les gueux et livrées par les riches ».

Par conséquent, Guillaume Bigot propose de remplacer ces élites. Pour lui, il ne fait aucun doute que la classe dirigeante actuelle est en train de précipiter la France vers l’abime.

Pour parer à cela, la nouvelle méritocratie qu’il appelle de ses vœux devra avoir un sens absolu du service du bien commun et de l’État, un patriotisme viscéralement ancré, un dévouement total à la France et aux Français.

C’est à ce prix que la France se redressera et qu’elle continuera

28/10/2020 - Toute reproduction interdite.


Guillaume Bigot
DR
De Emmanuel de Gestas