Le 14 juin 2018, l'Assemblée Nationale a adopté le projet de réforme de la SNCF après des mois de contestation de la part des syndicats. Le mouvement de grève perlée des cheminots, débuté en avril a pris fin le 28 juin. Mais la CGT-Cheminots a prévenu que la mobilisation continuerait cet été. Le trafic aérien est lui aussi perturbé depuis février 2018 par les grèves du personnel d'Air France et des contrôleurs aériens. Ces mobilisations ont des conséquences sur les activités des entreprises. Certaines ont fait le constat d'une perte d'activité. Par Elisa Rullaud 

L'INSEE, dans sa note de conjoncture d'avril 2018, relativise l'impact des mouvements de grève en terme de croissance. Selon l'Institut statistique, les grèves dans les transports devraient faire perdre 0,1 point de PIB à la France au second trimestre. Un retour à la normale au trimestre suivant devrait entrainer un contrecoup positif. Mais cet impact, bien que limité, est difficile à évaluer étant donné le caractère inédit dit « en pointillé » (de deux jours sur cinq) des grèves de la SNCF.

Les répercussions sur les entreprises dépendent aussi en grande partie du secteur d'activité. Les entreprises les plus impactées sont la SNCF et Air France. Elles estiment une perte de 20 millions d'euros par jour, et jusqu'à 25 millions d'euros pour Air France.

Ces grèves freinent la mobilité et entrainent une perte d'efficacité voire de productivité pour les entreprises, mais plutôt faible en raison des caractéristiques de la grève de la SCNF.

La Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) avait tiré « le signal d'alarme » dès avril, mettant en garde contre le fait que l'ensemble de l'économie française risquait « d'être rapidement impacté » sans donner de chiffre précis. Les secteurs qui se disent particulièrement touchés sont ceux de l'hébergement, de la restauration (moins 10% de fréquentation) et du tourisme. La fréquentation des hôtels en avril 2018 était 2,4% plus faible que l'an dernier à la même période. L'Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie (Umih) annonce aussi une perte d'environ 150 millions euros.

Les entreprises de voyage seraient également affectées. Selon le syndicat des professionnels du voyage, « la baisse des réservations de vacances (prises de commandes) pendant les périodes de grève est de l'ordre de 20% par rapport à la même période de 2017. ». Les coûts de réorganisation des voyages de leurs clients sont estimés à 500 000 € par jour de grève et ces mouvements nuiraient à l'attractivité touristique et économique de la France.

Les grèves occasionnent aussi une augmentation du trafic routier et parfois un engorgement du réseau. Une perte de temps qui retarde le transport de matériaux et l'approvisionnement en matières premières pour les chantiers de construction d'après les entreprises de BTP. En revanche, par effet de substitution, les sites d'autopartage ou de covoiturage tirent des bénéfices de ces perturbations ferroviaires et aériennes.

07/08/2018 - Toute reproduction interdite


Des employés d'Air France manifestent devant l'aéroport Charles-de-Gaulle près du siège de la compagnie aérienne française à Roissy-en-France, au nord de Paris, le 22 février 2018.
De Elisa Rullaud